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La rentrée littéraire

Parabole du failli, Lyonel Trouillot

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 28 Août 2013. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Parabole du failli, 21 août 2013, 189 pages, 20 € . Ecrivain(s): Lyonel Trouillot Edition: Actes Sud

 

Ecrire sur l’absent


Jacques Pedro Lavenanette vient de se jeter du douzième étage d’un immeuble parisien alors qu’il était en tournée dans la capitale française. Mort accidentelle ou suicide ?

A sa mort, ses amis découvrent des œuvres posthumes laissées par cet ami insaisissable. Des fragments de poésie et une œuvre inachevée au titre étrange Parabole du failli, avec une dédicace. A qui s’adresse cet écrit ? C’est alors une occasion pour ses amis de se pencher sur l’homme et de lui écrire une oraison funèbre endiablée, saccadée, segmentée, violente, discontinue comme un sanglot qui monte à la gorge coupant le souffle et la pensée. Le narrateur, un rédacteur de journal, se charge de la tâche. Il relate l’amitié qui le lie à Jacques et à un professeur de lycée surnommé l’Estropié.

La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jérusalmy

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 27 Août 2013. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

La confrérie des chasseurs de livres, 21 août 2013, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Raphaël Jérusalmy Edition: Actes Sud

 

Raphaël Jérusalmy, sur le site de son éditeur, livre au futur lecteur les clés de son ouvrage, ainsi :

« Je tombe sur ceci, à propos du poète François Villon, condamné à être pendu :

Le 5 janvier 1463, le Parlement casse le jugement et bannit Villon de Paris. Nul ne sait ce qu’il advint de lui par la suite.

Comment résister à une telle invite !

D’autant plus que Villon est le héros romanesque par excellence. Téméraire, attachant, tragique, rebelle. Mais aussi farceur, gredin, mystérieux. Parfait pour un récit d’aventures. Et puis Villon, c’est surtout un combat. Des comptes à régler avec le pouvoir, l’injustice, la souffrance humaine. Une épopée de l’esprit et de la lutte pour la liberté. Impossible de cantonner un tel personnage dans un seul lieu, un seul niveau de lecture, une seule intrigue. Enfin, il y a les livres. Autres héros de cette histoire. Et la poésie.

La voix impitoyable, Lilian Auzas

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 27 Août 2013. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Léo Scheer

La voix impitoyable, 28 août 2013, 129 pages, 17 € . Ecrivain(s): Lilian Auzas Edition: Léo Scheer

 

La voix impitoyable : impitoyable


La voix impitoyable, c’est celle de la propagande nazie. « Je me suis laissé séduire par cette voix (…) Je hurlais, je criais, je jubilais. J’étais atteinte de frénésie, j’étais grisée » confesse Hanja.

En 1979, Gautier, jeune photographe qui vit à Paris, a fait la connaissance de sa voisine Hanja Sauber, une dame âgée « femme à la fois douce aimable et ouverte d’esprit » qui a longtemps vécu à Berlin, ville à laquelle Gautier a consacré un album. Ils se lient. Gautier « avait aimé Hanja comme sa propre mère ».

Peu de temps après la mort de celle-ci, un quadragénaire un peu raide sonne chez Gautier : c’était le psychanalyste d’Hanja et il vient lui parler d’elle et lui remettre une cassette enregistrée lors de ses séances de psy, ainsi qu’une lettre qu’elle a laissée à l’intention du jeune homme.

Le quatrième mur, Sorj Chalandon

, le Samedi, 24 Août 2013. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Grasset

Le quatrième mur, 21 aout 2013, 336 p. 19 € . Ecrivain(s): Sorj Chalandon Edition: Grasset

Militant d’extrême-gauche toujours prêt à en découdre dans les couloirs de la faculté avec les « rats noirs » fascistes, Georges fait un jour la connaissance de Samuel Akounis, un résistant grec à la dictature des colonels. Il est très tôt fasciné par ce personnage avec lequel il partage une véritable passion pour le théâtre. Les origines juives de Sam ne sont pas étrangères à ce sentiment. Pour l’activiste pro-Palestinien, se lier d’amitié avec un juif, c’est déjà faire l’expérience de la complexité du monde. D’ailleurs, la sagesse de Sam vient s’opposer en permanence aux jugements à l’emporte-pièces du militant. A la violence des armes, celui-ci préfère la puissance du théâtre.

Quelques années plus tard, alors que leur amitié s’est consolidée, Sam fait part à Georges du projet fou qu’il a de monter L’Antigone d’Anouilh dans Beyrouth en guerre. Un projet qu’il sait aussi dérisoire que nécessaire et qui n’aura peut-être d’autre effet que de « voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs… ». Tandis que le projet est avancé, des contacts ayant été pris dans chaque camp, Samuel Akounis se voit empêché de le réaliser par un terrible cancer, séquelle de séances de tortures subies du temps des colonels. Il charge alors son ami Georges de mener à bien cette mission et lui fait promettre qu’il ira jusqu’au bout. Georges, laissant pour plusieurs mois son épouse, Aurore, et leur bébé, Louise, part au Liban.

Les évaporés, Thomas B. Reverdy

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 23 Août 2013. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman, Flammarion

Les évaporés, 21 août 2013, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Thomas B. Reverdy Edition: Flammarion

Les disparus


Les évaporés relate l’histoire d’un homme qui disparaît un beau jour, en pleine nuit, laissant sans nouvelles son épouse et sa fille. Il s’agit de Kazechiro. « Le Japon dort. Kazechiro va partir. Il changera de nom pour son diminutif, il s’appellera Kaze ». Cependant, sa fille Yukiko, qui s’est installée à San Francisco, décide de revenir au Japon accompagnée d’un détective privé et ex-fiancé, Richard, pour retrouver son père.

Dans ce roman, Thomas B. Reverdy restitue tantôt les pensées de Kaze sur les motifs de son départ, tantôt les impressions de Richard sur le Japon et ses difficultés à s’insérer dans la société nippone lorsqu’on est étranger et qu’on ne connaît pas la langue.

Au fil des pages, le récit permet aux lecteurs de saisir l’importance du statut des évaporés dans la société japonaise. Ils sont vus comme des parias car ils déshonorent les traditions familiales et perdent le respect des leurs. Le roman suit alors une filiation qui remonterait à une époque marquante de l’histoire du Japon :