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La rentrée littéraire

Gazoline Tango, Franck Balandier

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 25 Août 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Castor Astral

Gazoline Tango, août 2017, 288 pages, 19 € . Ecrivain(s): Franck Balandier Edition: Le Castor Astral

 

 

Cet extrait du nouveau roman de Franck Balandier, Gazoline tango : « …Comme pour Dieu, comme pour tout le monde ici, personne n’existait vraiment à la cité des peintres. Alors, on s’inventait sa vie. On la repeignait. En rose de préférence… Il n’y avait plus de place dans le coin pour la nostalgie, ni pour la poésie et la douceur qui allait avec » donne bien l’atmosphère du récit.

C’est la tâche du romancier d’inventer. Alors l’auteur va s’y atteler, en traquant la réalité de ce monde tout en brodant sans vergogne autour. Et surtout en la concentrant en un lieu d’une banlieue oubliée de tous, autour d’une galerie de personnages tous plus pittoresques et hors normes les uns que les autres. Le titre du roman est emprunté au nom de l’orchestre rock féminin dont fait partie la mère du héros de cette histoire de bruit et de fureur.

Le camp des autres, Thomas Vinau

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Alma Editeur

Le camp des autres, 24 aout 2017, 194 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Il semble que le thème de ce livre, la fuite hors du monde des hommes, le refuge au cœur de la forêt, la survie, intéresse beaucoup cette rentrée littéraire. La Cité des hommes et ses excès, ses injustices, ses violences, a toujours fait rêver certains d’un ailleurs, peut-être moins confortable, mais qui offrirait la liberté que les sociétés policées ne proposent pas.

C’est, dans la première moitié du livre, l’aventure presque solitaire du jeune Gaspard, parti de chez lui avec une jeunesse épouvantable achevée par un geste épouvantable.

Il s’enfonce dans la forêt, trimbalant un chien blessé, invalide et souffrant. Il va découvrir un monde secret, complexe, un univers à part, avec ses codes, ses lois, ses bruits, sa respiration. On ne s’impose pas à la forêt, Gaspard va vite apprendre qu’on se soumet à elle si l’on veut survivre.

La langue de Thomas Vinau, appuyée sur la poétique pure des mots de la flore, de la faune, fait merveille pour nous inonder de l'univers mystérieux et bruissant de la forêt, écrin dans lequel le lecteur se laisse glisser avec délice et une ombre sourde d'inquiétude.

Les hommes, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

Les hommes, août 2017, 371 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Joelle Losfeld

 

Montreuil, en Seine-Saint-Denis, année 1974.

Mietek Breslauer, vingt-cinq ans, est sorti de taule depuis vingt-sept mois et quelques semaines. En prison, chaque instant compte ; alors oui, on compte en mois, en semaines et en jours. Des jours qui n’en finissent pas… alors oui, faut faire attention, ne pas y retourner. Car, comme dirait Audiard, « les conneries, c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer ».

Son mentor, Robert-le-Mort, un pensionnaire du même établissement, qui, à défaut de pouvoir lui donner de mauvais exemples, s’essaie à lui glisser de « bons » conseils. « On s’était connus là-bas. Robert-le-Mort était sous les verrous depuis un bail. Et puis une ancienne affaire était revenue le chercher en taule, il s’était fait balancer. Il savait qu’il ne sortirait que les pieds devant. […]. Il voulait faire le bien, que j’aille donner son magot à celle qu’il avait aimée. Elle ne venait plus le voir, mais elle élevait leur gosse. Moi, j’allais sortir. Alors Robert m’avait donné l’adresse de sa planque […] Je prenais cinq plaques et je livrais le reste. […]. J’avais fait le boulot, […].

Dans l’épaisseur de la chair, Jean-Marie Blas de Roblès

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Mercredi, 23 Août 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Zulma

Dans l’épaisseur de la chair, août 2017, 384 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Blas de Roblès Edition: Zulma

 

Dans l’épaisseur de la chair est le magnifique hommage d’un fils à son père, un roman passionnant, brillant, parfois drôle, qui interroge l’Histoire autant que la fiction, dans un jeu de miroir et de mémoire.

C’est un texte qui fraye avec l’histoire familiale et l’Histoire de l’Algérie française, un texte qui soulève un pan du mystère de l’identité pied-noir, terme qui désigne les Français d’origine européeenne installés en Algérie française depuis 1930 jusqu’à l’indépendance de juillet 1962.

Ces allers et retours entre le temps du fils, Thomas, et le temps du père, Manuel Cortes, fils de Juan et petit-fils de Francisco, Espagnol émigré à Sidi-Bel-Abbès, devenu chirurgien puis médecin, prennent place alors que le père est âgé de 93 ans au moment de l’écriture et non loin du seuil de la mort.

Belle Merveille, James Noël

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Mercredi, 23 Août 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Zulma

Belle Merveille, 24 août 2017, 160 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): James Noël Edition: Zulma

 

Emerveillé par Belle Merveille.

La symbolique du chiffre 7 est bien connue, souvent associée à la mort. Il y a 7 ans, « un jour normal », un Tranblemanntè d’une magnitude inouïe ébranlait Haïti. 2010-2017 : Belle Merveille est au sens propre un livre-événement, parce qu’il fait le lien entre la mémoire de ce qui était advenu et le devoir de « vivre » de ceux qui ont survécu.

« C’est moi Bernard qui te le dis »

Belle Merveille est un roman du souvenir, un hommage coloré, une narration dont on ressent tout de suite le souffle poétique de l’auteur. Le narrateur s’adresse à « toi », à vous, à nous, ce papillon qui vole si haut, dessus les arbres, mais n’est en définitive qu’un insecte.