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Essais

Glam Rock, Glitter, Teenage pop & art rock, Christophe Brault (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 11 Mars 2024. , dans Essais, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le Mot et le Reste

Glam Rock, Glitter, Teenage pop & art rock, Christophe Brault, Éditions Le Mot et le reste, janvier 2024, 280 pages, 22 € Edition: Le Mot et le Reste

Le début des années 70 est dominé dans la sphère rock par le hard rock et le rock progressif. N’en déplaise à certains, ce ne sont pas là des variations sur un même thème sans aucune importance, on a ici une évolution qui, a posteriori, semble logique et parfaitement intégrée au genre musical. Quel que soit le mouvement musical considéré, il y a toujours des créateurs pour s’emparer de structures musicales et les faire évoluer. Et bien entendu, le rock, musique populaire, n’échappe pas à cette règle. Ainsi naîtra au début des années 70 le glam rock, objet de cet ouvrage on ne peut plus documenté, un glam rock prêt à tout pour se faire une place.

C’est le 10 mars 1971 que tout commence. Lors de l’émission télévisée britannique « Top of the Pops », Marc Bolan et son groupe T.Rex présentent un nouveau titre, Hot love. Et dans le but de marquer les esprits, Marc Bolan va se présenter avec des paillettes scintillantes sur les joues, pour les faire briller devant les cameras, d’autant que l’émission est diffusée en couleurs (les caméras couleur sont utilisées depuis novembre 69). Marc Bolan veut représenter l’avenir et le pari, risqué, aboutit à une montée dans les charts. Un nouveau mouvement musical est né, le glam rock, qui va prendre une place considérable. Les paillettes ont fait leur œuvre !

A propos de Freud, une vie, Peter Gay (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 28 Février 2024. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Fayard

A propos de Freud, une vie, Peter Gay, Fayard, trad. anglais, Catherine David, 900 pages, 42 € Edition: Fayard

 

La grandeur incomparable de cette « biographie » de Freud tient essentiellement à la rupture des codes établis du genre. La vie de Freud, ses actes et moments, sa famille, son intimité, ne constituent pas, loin s’en faut, la matière de ce livre. Le choix de Peter Gay est de suivre, avec obstination et rigueur, la trace du développement de la pensée de Freud, celle qui mène à la naissance et au développement de la psychanalyse jusqu’à la mort de son créateur. Si des éléments de la vie personnelle de Freud sont évidemment souvent mentionnés, ce n’est qu’en interaction avec son travail et sa pensée théorique. Si « biographie » il y a, c’est celle de la psychanalyse, pas celle de Sigmund-Sigismund-Schlomo-Siggy. C’est assurément en cela que cet ouvrage est précieux, unique. Des biographies de Sigmund, on en connaît de nombreuses, à commencer par celle de Ernest Jones*, le monument historique érigé au maître par l’un de ses disciples. Citons aussi celle de Stefan Zweig*, son ami. Plus récemment, il faut mentionner l’excellent travail d’Elisabeth Roudinesco*.

Jean Rousset, Traduire et compiler le baroque, Maxime Cartron (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Lundi, 26 Février 2024. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Jean Rousset, Traduire et compiler le baroque, Maxime Cartron, éditions Droz, février 2023, 114 pages, 18,90 €

 

Rares sont les ouvrages de critique littéraire par rapport auxquels il y a un avant et un après, qui modifient irréversiblement le champ d’une discipline. En général, leur but est d’attirer l’attention sur un chercheur et, si tout va bien, de lui permettre d’obtenir un poste universitaire. Jean Rousset (1910-2002) a publié au moins un ouvrage essentiel, La Littérature de l’âge baroque en France, Circé et le Paon, paru chez José Corti en 1953. Jean Rousset n’a pas inventé le concept de baroque, qui vient du domaine des beaux-arts et fut théorisé par Heinrich Wölfflin (1864-1945), un autre savant suisse (« Bologne en particulier respirait l’esprit des papes, de l’Espagne et du baroque. Là, je compris que ce dernier n’était pas simplement une époque, mais qu’il a l’ampleur d’une puissance vitale », écrivait Otto Flake dans ses Scènes d’une vie de bohème, Une jeunesse à Colmar et Strasbourg, Arfuyen, 2023, p.215), mais il s’est avisé qu’on pourrait l’appliquer à la littérature.

Le meilleur de l’Europe pour les femmes, Collectif coordonné par Violaine Lucas (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 02 Février 2024. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Le meilleur de l’Europe pour les femmes, Collectif coordonné par Violaine Lucas, Préface de Gisèle Halimi, éd. Des femmes Antoinette Fouque, novembre 2023, 9 € Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

 

Hommage à Gisèle Halimi : questions juridiques, Europe des femmes

Cet ouvrage collectif, Le meilleur de l’Europe pour les femmes, est la poursuite actualisée du texte La Clause de l’européenne la plus favorisée, publié sous la direction de Gisèle Halimi en 2008, laquelle avait cofondé l’association Choisir la cause des femmes avec Simone de Beauvoir en 1971.

Défendre une Europe équitable avec la pleine participation des femmes a été le but et le combat de la grande avocate, militante féministe, députée et ambassadrice de France à l’UNESCO franco-tunisienne Gisèle Halimi (née Zeiza Gisèle Élise Taïeb en juillet 1927 à La Goulette, dans une famille juive d’origine modeste, et morte en 2020 à Paris). Droit à l’avortement, à la libre disposition de son corps (sans stigmatiser les « femmes prostituées », ce qui ne fait pas l’unanimité chez les féministes), pour l’abrogation de la peine de mort, « contre la loi de la jungle, celle de l’égalité et du respect de tous », fut et reste le leitmotiv du discours de cette forte personnalité.

Sentences, Ménandre (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 31 Janvier 2024. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les Belles Lettres

Sentences, Ménandre, éditions Les Belles Lettres, 2022, trad. annotée, Janick Auberger, Michel Casewitz, XLIV + 254 pages, 35 € Edition: Les Belles Lettres

 

Ménandre (342/1-292/1 avant Jésus-Christ) fut longtemps un grand écrivain que plus personne ne pouvait lire. Au long d’une trentaine d’années de carrière dramatique, il composa une centaine de pièces de théâtre, suffisamment appréciées du public athénien pour qu’on lui érigeât, seul auteur comique aux côtés des trois grands tragiques, une statue dans le temple de Dionysos. Ménandre n’était cependant plus qu’un nom, puisque le texte de ses pièces avait disparu et n’était plus accessible que grâce à des citations de seconde main ou des adaptations latines. Au début du XXe siècle, la découverte de papyri dans le désert égyptien permit de retrouver plusieurs comédies complètes, ainsi que de larges fragments.

Dans un monde antique où les livres étaient rares et chers (ils le resteront pendant la plus grande partie de l’histoire humaine et même l’invention de l’imprimerie n’entraîna point une baisse rapide des coûts), la mémoire jouait un rôle cardinal, que nous avons du mal à apprécier aujourd’hui, alors que toutes les connaissances du monde sont accessibles instantanément par l’intermédiaire d’un téléphone portable.