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Chroniques régulières

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 23 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Philosophie et exégèse, Bernard Grasset, éd. Ovadia, coll. Chemins de pensée, juin 2014, 256 pages, 22 €

 

Une métaphysique de la présence

Quelles sont les valeurs fondamentales de l’humanisme de l’Occident ? Est-il d’ailleurs encore utile de redire en quoi elles sont au croisement de la philosophie grecque, du christianisme, des acquis du Siècle des Lumières et peut-être encore, de la rencontre des nouvelles acquisitions du savoir de la phénoménologie ? En tout cas, le livre de Bernard Grasset abonde dans le sens de cet humanisme, depuis les textes sacrés, en passant par la patristique pour aller côtoyer la peinture ou la poésie contemporaines. C’est donc une entreprise ambitieuse qui s’articule sur un concept nouveau, que l’auteur nomme la philexégèse, et qui décline divers sujets à la lumière d’une réunion heureuse de la philosophie et de l’exégèse.

Carnets d’un fou - XXV

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 21 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

(Pour la nouvelle présentation de ces « Carnets », lire ICI)

 

Carnet de février 2015

 

« Ne t’occupe pas de la femme, c’est de l’eau versée sur le sable ».

Proverbe confucéen (cueilli au vol sur une radio périphérique)

 

# Une idée de M. Macron, ministre de l’économie chez M. Hollande : autoriser officiellement les employés des postes à décerner les permis de conduire. Lesdits employés prétendent, sans doute mensongèrement, qu’ils ont bien assez de leurs tâches ordinaires. Pour cette tâche, je proposerais donc à M. Macron d’engager chaque matin, aux heures où elles ne travaillent pas, les dames du Moulin Rouge et du Crazy Horse Saloon. Cela fluidifierait le trafic.

Le 1er/2/2015

Contre les « caricatures » et pas contre Daech ?

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED, Côté actualité

 

Qui a vu la vidéo du pilote jordanien brûlé vif dans une cage ? Peu. Beaucoup. A peine quelques secondes. Intolérables images. A quelle limite va s’arrêter l’horreur voulue et élaborée de Daech ? Mais l’autre question est : pourquoi tant de gens se mobilisent quand l’Occident est accusé de porter atteinte à l’islam et que l’on ne fait rien contre Daech qui massacre cette religion, son sens, les siens et son sang ?

Pourquoi « je suis Charlie » semble plus choquant pour certains que la vidéo de ce pilote brûlé vif ? Pourquoi on pense que l’Occident menace l’islam et les musulmans plus que ces monstres avec leur drapeau noir et leurs méthodes de barbares ? Pourquoi une caricature semble porter atteinte à l’islam aux yeux de certains et pas un « Savant » pédophile en Arabie Saoudite, un vendeur d’esclaves femmes kurdes chez Daech ou un revendeur d’écolières à 20 dollars au profit de Boko harem ?

On connaît tous la réponse du côté Sud du turban : l’occident est un complexe dans nos âmes et sa haine explique nos replis et masque nos lâchetés. Ce n’est pas l’islam qu’il s’agit de défendre pour beaucoup d’entre nous, mais nos détestations et nos infériorités. Sinon, rien n’explique pourquoi vendre des fillettes par Boko harem provoque moins d’émeutes, de manifestations et d’hystérie que des caricatures ou qu’un pasteur américain fou qui brûle une page du Coran.

Polar algérien vous avez dit ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 11 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Nous sommes une société où on parle beaucoup et de tout, sans tradition de l’écrit. Pas de trace. Sommes-nous encore dans les temps de l’oralité ? Nous avons toutes les sauces pour en faire le roman noir, mais nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Nous vivons dans une société violente. Toutes les violences imaginables et inimaginables ; dans les langues, dans les gesticules, et même sur les traits des visages… font le quotidien des Algériens.

L’Algérien ne sait pas comment sourire !

Nous disposons de beaucoup de policiers, des centaines de milliers, tous genres de policiers, ceux en tenue officielle et ceux qui sont sans tenue officielle !! Tous grades. Toutes appellations possibles, et nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Yasmina Khadra, tu me dis, une hirondelle ne fait pas le printemps. Et sa trilogie du commissaire Llob ne couvre pas tout ce paysage absurde.

Nous avons la corruption, tous genres de corruptions, économique, politique scientifique et culturelle. Nous avons des prisons remplies, surchargées. Toutes les couleurs de crimes. Du crime d’honneur jusqu’au crime de religion. Et nous n’avons pas d’écrivains de polar capables de dénicher les abeilles et les mouches, les éléphants et les singes !

Allah est Grand, l’Arabie est très petite, Michelle est belle

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 10 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Cheveux contre Royaume. Titre d’un poème possible ou déjà épuisé. Ou de l’actualité. A l’enterrement d’un autre Roi d’Arabie, il y a eu le monde et le monde entier. Entre autres, Michelle Obama et son époux. Moment d’interrogations protocolaires, ira-elle cheveux nus ou voilée ? La première dame du monde a opté pour les cheveux nus, face à des monarques aux cheveux cachés et aux femmes enterrées. Le message était direct car, en Indonésie, la dame avait pris soin de se couvrir la tête. Donc il s’agissait d’un message et pas seulement d’une coiffure.

Il s’agissait de rappeler que dans ce Royaume qui s’est accaparé la Mecque, l’Islam et le lever de soleil, les femmes étaient voilées, cachées, enterrées, frappées, interdites de conduire, de décider, de se promener dans l’univers seules, de voyages (sauf accompagnées ou avec un bracelet électronique comme du bétail tatoué). Sur le net, certains amateurs du déni ont insisté pour présenter le nouveau roi comme un héros musulman (il abandonne le couple américain pour aller faire sa prière) cela ne change rien : Michelle Obama est venue tête nue, a été reçue, on n’a pas osé la voiler comme on ose avec les Saoudiennes que l’on met dans les sachets noirs, on lui a souri, elle a dit et rappelé que ce pays est absurde, tue, condamne la fabrication des bonhommes de neige, lapide, décapite en plein rue.