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Chroniques Ecritures Dossiers

Suites à Miami (5)

Ecrit par Jean-François Chénin , le Vendredi, 11 Novembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

67.    A Miami, l'important est de sortir du bois. Les mains trainent, les lèvres tremblent. Au coin de la rue, un coup de vent relève les cheveux, les masques tombent.


68.    A Miami, chacun cherche l'échappatoire. La caste, même la plus élevée, est un étouffoir. Peu importe la destination, même la plus improbable, il s'agit de s'écarter de son destin. Les castes sont ainsi : elles recèlent de rejetons qui aspirent au détournement, au prix de s'exclure... A cœur remontrant.


69.    A Miami les hommes n'ont aucune grâce. Ils se négligent et leur assurance est une désinvolture de trop.


70.    A Miami, je serai méthodique, légèrement décalé, juste assez dans mes pas de côté,  en escapade pour ne pas me prendre trop au sérieux, ni dévot de mes considérations. Seul compte le choix des mots : être exigeant excessivement. Alors écrire n'est pas sans risque, celui, très serein et bien volontaire, de ne pas finir une phrase ou un mouvement et de rester en suspend. Mais j'aurai aimé et garderai, en moi, l'image, la musique et la vie.

Sous la coupole spleenétique du ciel (14)

, le Mercredi, 09 Novembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

Work in progress


Le journal ne noircit plus les mains. L’encre ne dépose plus d’empreintes. Les pages ne se tournent plus avec le vent.

Face à l’écran, le regard se renouvelle, vidéos articles photos, le monde est à portée de cil.

Qu’y a-t-il de fixe, dans tout ce tremblement ? D’oscillation, dans ce flot continu ? Les dépêches apparaissent-elles nouvelles ?

L’homme se frotte les yeux, comme s’il ne croyait plus aux perspectives. Le temps de respirer, il demeure en lui-même.

Une autre forme d’image se concrétise en lui.

Celle d’un arbre qui se ploie, sous la poussée d’un songe…


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Chronique du sel et du soufre (Novembre 2011)

, le Lundi, 07 Novembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

L'homme précaire et la littérature

 

« L’homme précaire et la littérature »… Ce titre somptueux me rappelle quelque chose. En effet. Vous avez raison. Mais il ne s’agit pas de plagiat, je vous rassure ! J’emprunte ouvertement ce titre à André Malraux (1) et j’en profite pour vous conseiller une relecture de l’œuvre complète de l’ancien ministre de la Culture du général de Gaulle (2) non point parce qu’il repose au Panthéon depuis 1996 ou parce qu’il connut lui aussi la gloire de se voir attribuer le prestigieux Prix Goncourt (en 1933 pour La Condition humaine) comme Alexis Jenni (3) cette saison !

En réalité, comme tout à chacun, chaque année, début novembre, je me demande ce qui restera dans deux ou trois ans du lauréat du Goncourt, qu’il soit édité ou non par Gallimard d’ailleurs… L’énorme roman d’Alexis Jenni L’Art français de la guerre est promis à une vente dépassant largement les 150 000 exemplaires, d’autant que le visage souriant et sympathique du Jenni en question rappelle irrésistiblement celui de Le Clezio, notre Nobel de Littérature, quand il était jeune…

La mère Michel a lu (3) - Jean Maison

Ecrit par Michel Host , le Dimanche, 06 Novembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

(Photo Yves Marty)

 

De Jean Maison, poète, trois recueils :


Terrasses stoïques, éd. Farrago, 2001, 43 pp., 70 ff

Araire, éd. Rougerie, 2009, 57 pp, 11 €

Le premier jour de la semaine, éd. Ad Solem, 67 pp., 19 €


Je suis chercheur de pierres. J’excave la roche pour lui rafler ses émeraudes, ses diamants. Et passe le sable du temps au tamis des mots. Je lis les poètes. Non : « des » poètes. Ils sont trop peut-être, car beaucoup sont des perroquets qui s’ignorent, croient inventer, et même « créer », comme ils disent en levant le menton. C’est regrettable, les effets sont nocifs. Entre autres ceux-ci, évidents, que la poésie est une monnaie dévaluée pour la plupart des lecteurs de ce temps, que les poètes eux-mêmes se lisent peu entre eux.

Suites à Miami (4)

, le Samedi, 05 Novembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

46.    A Miami, la vie est devenue le rêve, embaumée. Et sous le vent qui se renforce de jour en jour, tout se bouscule. Tout bascule. Le rêve vient opportunément : mansuétude du renoncement. A la fenêtre, à toutes les fenêtres - devenus les judas des soupirs, devenues les trouées noires du fond du jour, à la fenêtre, à toutes les fenêtres où s'enfoncent les vagues, les cris, les rebondissements, à toutes les fenêtres les hommes et les femmes s'agitent, des chiens aboient, des enfants pourraient tomber. Magie du renoncement. A feu et à sang les grandes enjambées dans le vide, à feu, à sang, pour pleurer la richesse perdue et au fond, tout au fond, l'eau est froide. La vie a pris le pas sur la vie, à force de se partager, d'être mille éclats propulsés. Vendetta que ce rêve.


47.    A Miami, l'hygiène crée la fonction, en toute chose, en tout lieu, jusqu'à l'extinction des feux. Alors il ne faut jurer de rien.


48.    A Miami, se faufiler entre les femmes sans les toucher, mais faire comme si, est le jeu le plus abouti des hommes. Faire barrage, celui des femmes.