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Chroniques Ecritures Dossiers

La Mère Michel a lu (5) la beauté et la douleur des combats de Peter Englund

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 22 Décembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

La beauté et la douleur des combats de Peter Englund

Une nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, éd. Denoël, 2011 [Titre original : Stridens Skönhet och Sorg, Éd. Atlantis, Stockholm], 556 pp., avec illustrations photographiques, 27 €


LA GUERRE N’EST PAS UN ART D’AGRÉMENT


« Les expériences personnelles de ce qu’on appelle la guerre sont au mieux l’évocation au réveil des souvenirs d’un rêve confus et ahurissant, îles perdues dans le brouillard des mers. Quelques incidents personnels se détachent un peu plus clairement, tirant leur clarté de la chaleur de la chose vécue. Puis même les incidents comportant le plus grand danger deviennent banals, jusqu’à ce que les jours semblent s’écouler sans rien de notable que la proximité constante de la mort ».

Edward Mousley, artilleur.

Genet ce célèbre inconnu (5). Querelle de Brest (1947)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 20 Décembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Dossiers, La Une CED

Querelle de Brest (1947)

Querelle de Brest est le seul roman avoué de l’écrivain : il sera le récit d’un « drame », adressé « aux invertis ». Querelle en est le personnage principal et donne son titre au livre. Querelle est marin sur le Vengeur dirigé par le Lieutenant Seblon. Pour la première fois la première personne cède la place à un narrateur omniscient, procédé inhabituel chez Genet qui suggère « toute la machinerie du roman traditionnel » selon Edmund White. En effet, tout y est : suspens et intrigues, description des lieux et des personnages, développements narratifs et dialogues... L’action principale suit Querelle dans le port de Brest, lieu auquel il est intimement lié par son nom : « Se « brester ». De bretteur sans doute : se quereller ». Le héros se livre à un trafic de drogue, commet un meurtre, vit des aventures avec Gil, Roger, Mario le policier ou Norbert et Lysiane les patrons de « La Féria », bordel le plus connu de la ville. Des retours en arrière évoquent la jeunesse des deux frères, les précédents meurtres de Querelle, sa vie à bord du Vengeur et ses relations avec son supérieur, le lieutenant Seblon.

En parallèle, se déroulent les relations entre Gil et Roger, entre Mme Lysiane et Robert frère de Querelle, entre Mario et Dédé. À l’inverse des œuvres précédentes, Querelle de Brest contient des portraits des personnages. De nombreuses descriptions de lieux viennent soutenir l’action : le bordel « La Féria », le port de Brest et ses remparts, l’ancien bagne...

Genet ce célèbre inconnu (4)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 17 Décembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Dossiers, La Une CED

Pompes funèbres (1948)


Cet ouvrage est un hommage rendu par Genet à l’un de ses amants, Jean Decarnin, jeune résistant communiste, assassiné par un milicien : « la mort de Jean D. qui donne prétexte à ce livre », « dire la gloire de Jean D. ». « Pourtant, sous l’égide de ce mort, je place mon histoire, s’il faut appeler histoire la décomposition prismatique de mon amour et de ma douleur ». Pompes funèbres constitue le véritable tombeau de Jean Decarnin, tombeau littéraire mais aussi corporel. Le narrateur, « tribu » à lui tout seul, affirme ainsi avoir « dévoré » Jean. Il offre son corps, ses yeux à Jean qui revit à travers lui. Cette dévoration symbolique, sur rythmes de tam-tam, cette « cérémonie intime » ouvre et clôt le roman. Elle renvoie à l’assimilation du mort mais aussi à sa transformation par les mots. Le roman est un poème offert à Jean, « une sorte de reliquaire ». Mais face à la mort, les mots restent impuissants : « les mots sont des mots et [ils] ne changeaient rien aux faits ».
Le titre se fait provocateur. Il est expliqué par une phrase du livre : le narrateur veut pallier au manque de « pompe » de ces funérailles officielles et réelles et va déployer les flatuosités de son style pour y remédier. Or, l’expression « pompes », si elle renvoie bien à la cérémonie mortuaire, désigne aussi, en argot, la fellation. Ce sens est attesté par la scène où le narrateur force son amant Jean D. à « pomper » un revolver, au risque de sa vie.

Retour à la Rue Darwin, entretien avec Boualem Sansal

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 16 Décembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

Autour de "Rue Darwin"


À la mort de sa mère, Yazid dit Yaz, le personnage principal du dernier roman de l’écrivain algérien Boualem Sansal, se lance dans une quête de ses origines familiales. D’évènement en événement. De découverte en découverte. De rebondissement en rebondissement, Yaz émerge comme un précieux témoin qui nous livre, dans une écriture de l’aveu et de la confession, son histoire personnelle qui vient faire écho à l’histoire de son pays.

À travers l’interview qui suit, Boualem Sansal raconte, dans un langage franc et sincère, ses débuts d’écrivain, son histoire familiale et celle de Yazid, le protagoniste de son roman.

Boualem Sansal a reçu le Prix de la paix des libraires allemands, lors de la Foire du livre de Francfort, le 16 octobre 2011.


Entretien avec Boualem Sansal :

Comment devenir écrivain ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 15 Décembre 2011. , dans Chroniques Ecritures Dossiers, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

"Souffles" in "Liberté"

 

“Les tyrans savent qu’il y a dans l’œuvre d’art une force d’émancipation qui n’est mystérieuse que pour qui n’en n’ont pas le culte ; chaque grande œuvre rend plus admirable et plus riche la force humaine, voilà tout son secret."

(Albert Camus, extrait du discours de Suède)


Les écoles de formation d’écrivains me font rire. Comme celles pour la formation des peintres. Les ateliers d’écriture, à mes yeux, ressemblent à un cirque dont les numéros des comédiens sont ratés ! Dans l’écrivain cohabitent le feu et l’eau, l’ange et le démon. Ils sont frères. Ils tètent au même sein ! Le même lait qui n’a pas uniquement cette couleur : Blanche. Il est aussi noir, vert, rouge… il peut être aussi sans couleur ! Y a-t-il une recette magique pour devenir écrivain ? Un grand écrivain à l’image de Tolstoï, Haruki Murakami, Mohamed Dib ou Naguib Mahfouz ! Peut-on découvrir une ordonnance pour devenir un bon écrivain, comme celle d’un  dermatologue pour combattre la gale ou la démangeaison ?