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Le Voltaire algérien est né !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 20 Janvier 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Même un  peu tard, je vous souhaite : une bonne nouvelle année 2015. Elle ne sera  que ce que nous ferons d’elle, ce que vous ferez d’elle !

À mon avis, tout ce que les intellectuels  de ce pays ont pu réaliser durant cette année 2014, en 365 jours, en 365 nuits, c’est la création de ce Club d’intellectuels appelé « Carrefour des lumières » (Moultaqa al Anouar) initié et dirigé par le chercheur Saïd Djabelkhir.  Un cercle des lumières dans un espace d’obscurité intellectuelle.

Quand, dans un pays musulman, dans un pays africain, un club des lumières voit le jour, ceci dit que nous sommes en bonne santé intellectuelle. Et le Voltaire algérien est né !

Dans ce Maghreb intellectuellement affaibli par la politisation de la religion, par l’instrumentalisation de la religion, on a besoin d’un Voltaire, d’un Rousseau, d’un Ibn Ruchd, d’un El Maâri … on a besoin  d’une tête pensante et courageuse capable de délibérer et de bousculer notre société intellectuelle devenue  trop bavarde, trop hivernale, trop hypocrite.

Souffles - Les Maghrébins et la modernité avortée

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 09 Décembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Lire l’écrivain tunisien Mahmoud Messadi (1911-2004), c’est repenser l’origine et l’histoire de la modernité romanesque dans le monde arabe, dans l’écriture en arabe. Aujourd’hui, en relisant les romans de Mahmoud Messadi, Açed (Le Barrage) écrit dans les années trente ou Mawlid al-Nisyane (La naissance de l’oubli) ou Haddatha Abou Hourayra (Ainsi parla Abou Hourayra) ou Ayyamou Imran (Les jours d’Imran), nous constatons que la modernité, si modernité existe, dans l’écriture romanesque arabe a été entreprise d’abord par les intellectuels littéraires maghrébins.

Ecrire un roman dans les années quarante, selon la vision de Mahmoud Messadi, était une grande résistance esthétique et philosophique et linguistique à l’encontre de l’hégémonie d’une écriture rhétorique égyptienne. Lire un autre Maghrébin, un certain Ali Douadji (1909-1949), auteur de Jaoulet Baina Hanet Al-Bahr Al-Abyadh Al-Motawasset (Promenades entre les bars de la Méditerranée) ou Sahirtou Minhou Al Layali (Autant il m’a éveillé des nuits), nous donne une certaine idée sur l’histoire des littérateurs maghrébins, les casseurs des tabous.

Souffles - L’amour aux temps de Daech

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 15 Octobre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Tous et toutes, depuis notre adolescence, depuis notre première lecture, nous étions ensorcelés par cette fabuleuse histoire d’amour entre Qays et Leïla. Et nous le sommes toujours, éblouis par cet amour bercé dans de la belle poésie libre et libératrice, dans la fidélité. Dans la folie, une folie tant rêvée et souhaitée par nous tous et toutes. Aimer à la folie dans la terre d’Islam, est un miracle ! Mais osons-nous parler d’amour en ces jours de Daech, en ce temps du nouveau khalifat islamique qui n’a d’adoration qu’aux têtes décapitées, qu’aux femmes enlevées, qu’aux filles violées, qu’aux villes brûlées ? Le temps du cataclysme ! Les quelques biographes de Qays ibn El Moulaoueh (645-688), majnoun Leïla, ont rapporté que ce dernier, pieds nus, suivait sa bien-aimée jusqu’à la Kaâba, la maison d’Allah. Sur ses traces, en accomplissant son devoir de pèlerin, priant Allah, à l’heure du Tawaf, le suppliant de lui indiquer le chemin qui le conduit vers la rencontre de Leïla. Aux temps de Qays, la maison d’Allah était le lieu où la fusion fut complète entre l’amour du Dieu et celui de la bien-aimée. Jadis, l’Islam, par sa spiritualité profonde, par sa tolérance civilisationnelle représentait un refuge réconfortant et émouvant pour les amoureux.

Souffles - Marçais : les frères infatigables !

Ecrit par Amin Zaoui , le Samedi, 27 Septembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Cette terre est séduisante. Captivante !

Depuis, Apulée de Madaure auteur de “L’Âne d’or”, premier roman universel, cette terre est  toujours féconde et  généreuse.

Depuis Ibn Khaldoun (1332-1406), pionnier en recherche dans  l’Histoire de l’architecture et de la géographie humaines, celui qui s’est isolé à la Qalaa de Beni Salama, dans les grottes de Taghzout, aux  alentours de Frenda, pour, en toute  méditation absolue, entamer l’écriture de  son ouvrage sur l’Histoire universelle “Al Muqaddima”, cette terre est fascinante.

Elle est provocante et alléchante ! Sur cette terre, à Alger, à Oran,  par amour, jalousie ou piraterie, Cervantès a été enlevé. Mais cette terre, par sa séduction, a été le socle de son imaginaire, le déclic créateur, en lui inspirant son œuvre inégalée  Don Quichotte  de la Mancha. Et je vous invite à lire sa pièce théâtrale “Los Banös de Argel” (Les bains d’Alger) pour toucher  l’influence palpable de cette terre sur ce géant de la littérature universelle.

Les écrivains judéo-algériens

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 18 Août 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

En ces jours funestes où les haines et les guerres sacrées très sales sont devenues la culture quotidienne, banale, dans le monde arabo-musulman, et afin de lever tout amalgame politico-culturel, j’évoque la littérature judéo-algérienne d’expression française.

Si l’école judéo-algérienne de musique est considérablement connue, par le large public comme par les spécialistes, la littérature judéo-algérienne, quant à elle, demeure totalement méconnue ou tabou.

Le monde de la culture artistique connaît assez bien les génies de la musique et de la chanson à l’image de cheikh Raymond, Reinette l’Oranaise, Lili Labassi, Blond-Blond, Salim Halali, José de Suza, Lili Boniche, René Perez, Maurice El-Medioni, et j’en passe. Une école judéo-algérienne qui a marqué l’histoire de la musique algérienne jusqu’à nos jours.

De l’autre côté, la société littéraire et les gens du livre algériens ne savent rien ou peu de chose sur les écrivains judéo-algériens, à l’image de :