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Articles taggés avec: Zaoui Amin

Tunisie des lumières : Haddad, Masika, Ben Achour, Bourguiba...

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 07 Avril 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques, Côté actualité

Avec une superficie 14 fois plus petite que celle de l’Algérie, 10 fois plus petite que celle de la Libye et deux fois et demi moins que celle du Maroc… la Tunisie est un grand pays. Une terre faite de songes et de symboles. Un pays est grand, non pas par son immensité géographique ou par le nombre de têtes de sa population, mais par le génie de ses habitants. Par l’intelligence approuvée à travers son Histoire par ses élites politiques, culturelles et religieuses éclairées, la Tunisie fait partie de ces pays des grands. La Tunisie est le pays du « vivre ensemble ». D’hospitalité. De parfum de vie. De respect de l’autre. De différence.

En guise d’une leçon immortelle, l’histoire de la musique, du théâtre et de la résistance culturelle des années trente, a inscrit en lettres d’or le nom de Habiba Msika (1903-1930), artiste tunisienne juive. Elle était aimée jusqu’à l’adoration par tous les citoyens tunisiens, toutes religions confondues. Sa mort tragique, tuée par un amant jaloux, un juif tunisien, a mis tout le pays dans la tristesse et la peine. En signe de respect, image forte de la culture de la citoyenneté, le jour de son enterrement, les Tunisiens en foules étonnantes, ont accompagné son cercueil vers sa demeure dernière. Ont prié sur son âme. La citoyenneté avant la religiosité est le principe fondateur de la personnalité tunisienne. Précocement, l’enterrement de Msika fut un barrage contre toute culture d’exclusion, de xénophobie ou d’inquisition.

Souffles - Pourquoi les salafistes algériens ont marché sur Alger ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 25 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques, Côté actualité

 

Parce que l’islam d’aujourd’hui a été vidé de toutes cultures universelles, le musulman, le bon croyant, à son tour, s’est trouvé conditionné, automate. C’est triste mais c’est la réalité amère. Pourquoi est-ce que les salafistes algériens sont-ils sortis coléreux et en force, cette semaine, dans les rues d’Alger ?

Serait-ce pour dénoncer les injustices sociales ? Non.

Pour réclamer l’augmentation des salaires ? Mais non !

Pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste ? Pas du tout.

Pour dénoncer la mauvaise et louche distribution des logements sociaux ? Ceci n’est pas important à leurs yeux.

Pour dénoncer la corruption qui gangrène l’économie algérienne ? Ceci, à leurs yeux, relève d’el-mektoub, du Ciel.

Polar algérien vous avez dit ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 11 Mars 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Nous sommes une société où on parle beaucoup et de tout, sans tradition de l’écrit. Pas de trace. Sommes-nous encore dans les temps de l’oralité ? Nous avons toutes les sauces pour en faire le roman noir, mais nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Nous vivons dans une société violente. Toutes les violences imaginables et inimaginables ; dans les langues, dans les gesticules, et même sur les traits des visages… font le quotidien des Algériens.

L’Algérien ne sait pas comment sourire !

Nous disposons de beaucoup de policiers, des centaines de milliers, tous genres de policiers, ceux en tenue officielle et ceux qui sont sans tenue officielle !! Tous grades. Toutes appellations possibles, et nous n’avons pas d’écrivains de polar ! Yasmina Khadra, tu me dis, une hirondelle ne fait pas le printemps. Et sa trilogie du commissaire Llob ne couvre pas tout ce paysage absurde.

Nous avons la corruption, tous genres de corruptions, économique, politique scientifique et culturelle. Nous avons des prisons remplies, surchargées. Toutes les couleurs de crimes. Du crime d’honneur jusqu’au crime de religion. Et nous n’avons pas d’écrivains de polar capables de dénicher les abeilles et les mouches, les éléphants et les singes !

Je suis Kurde !

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 24 Février 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques, Côté actualité

Souffles…

 

La fierté est kurde. Le courage aussi. J’ai toujours adoré la littérature kurde, la musique et la nature pittoresque. Quand j’ai lu il y a de cela quelques mois Foukahaou adhalam (Fekihs de l’obscurité) ou Hiyyaj el-iwaz (Furie des oies), deux romans de Salim Barakat, je me suis demandé : d’où puisent-ils ces écrivains kurdes leurs forces et leur magie des mots, leur courage inégalé ?

Aujourd’hui, avec ce qui se passe en terre des Kurdes et sur ses frontières arabes, j’ai parfaitement compris le génie de ce peuple forgé dans la tragédie historique. Cette belle littérature tire son secret de la femme et de l’amertume de sa tragédie historique.

Kobané, plutôt le combat dans cette ville extraordinaire, nous a bien expliqué, nous a bien indiqué l’origine de ce feu sacré qui alimente la littérature kurde. Le combat de Kobané est une leçon pour Arabes, pour Turcs et pour les Iraniens qui perpétuent dans leur mépris envers les Kurdes. Qui continuent dans l’exclusion d’un peuple avec tout ce qu’il a d’histoire et de géographie. En somme ils persistent dans leur colonisation du pays des Kurdes.

Assia Djebar couronne sa vie par un livre sur saint Augustin

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 16 Février 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Le fauteuil cinq est vide, à Paris ! Et Fatima Zohra dormira ce soir à côté de son père, à Cherchell. Fille de son père ! Les dames de la taille d’Assia Djebar ne partiront jamais. Ne disparaîtront jamais. Jamais !

Il y a de cela trois mois, à ma façon, j’ai rendu un hommage à Assia Djebar, en forme d’un dossier d’une cinquantaine de pages que j’ai publié dans la revue Nizwa, parue à Muscat, Oman (n°80, octobre 2014). La plus prestigieuse revue arabe dirigée par le poète Saïf Rahby, et qui encore respecte la culture et la littérature. L’unique hommage en arabe rendu à Assia Djebar de son vivant. Dans cet hommage mérité, j’ai réuni autour d’un ensemble de questions concernant l’écriture d’Assia Djebar trente écrivains, traducteurs et critiques algériens toutes langues confondues, arabe, tamazight et français. Des écrivains de différentes générations : Youcef Merahi, Djamel Mati, Leïla Hamoutène, Lazhari Lebter, Dehbia Ammour, Tarik Djerroud, Ahmed Hamdi, Habib Sayeh, Ahmed Dellabani, Mohamed Meflah, Saïd Boutadjine, Amer Makhlouf, Bachir Mefti, Mohamed Sari, Guellouli Bensaâd, Rabah Khaddouci, Samir Kacimi, Youcef Ouaghlissi, El-Maissa Boutiche, Hacène Bennamène, Mohamed Djafar, Ahmed Abdelkarim, Fayçal Lahmar, Habib Monissi, Lyamine Bentoumi, Abderrahmane Meziane, Mohamed Daoud, Soumia M’hannech, Farès Kebbich et Brahim Tazaghart.