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Articles taggés avec: Caminade Emmanuelle

Les petits de Décembre, Kaouther Adimi (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 28 Août 2019. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Maghreb, Roman, Seuil

Les petits de Décembre, août 2019, 256 pages, 18 € . Ecrivain(s): Kaouther Adimi Edition: Seuil

 

Dans son quatrième roman, Les petits de Décembre, la jeune écrivaine algérienne Kaouther Adimi s’empare d’un fait divers de son pays datant de 2016, le détournant et l’enrichissant pour construire une fable dont les héros sont trois enfants d’une dizaine d’années. Elle explore ainsi avec acuité les rouages et les maux de la société algérienne actuelle, soulignant le poids de l’histoire, notamment de la décennie noire, et dénonçant avec fantaisie et humour l’emprise d’une gérontocratie militaire arrogante et corrompue sur des Algériens asservis, résignés et timorés s’en faisant les complices. Et elle met tout son espoir dans la soif de justice de cette jeune génération affranchie de la peur qui n’a pas connu la terreur islamiste, dans ses capacités de révolte et de résistance.

L’histoire se déroule à Dely Brahim dans la banlieue ouest d’Alger, dans cette « cité du 11 décembre 1960 » appartenant à l’armée et réservée à des familles de militaires ou d’anciens moudjahidines, dont le nom rappelle ces gigantesques manifestations qui se levèrent à Alger et dans les grandes villes du pays pour réclamer l’indépendance, véritable soulèvement populaire contre le colonialisme.

Un monde sans rivage, Hélène Gaudy (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 26 Août 2019. , dans Actes Sud, La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman

Un monde sans rivage, août 2019, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Hélène Gaudy Edition: Actes Sud

 

Le monde change et les cartes ne présentent plus de « terra incognita » à découvrir et conquérir. A l’heure du réchauffement climatique où fond la banquise et se métamorphosent les paysages, cette fascinante étendue blanche des pôles qui nourrit nos imaginaires d’enfant par le biais des romans de Jules Verne et des nombreux récits d’expéditions dans l’Antarctique ou dans l’Arctique est en voie de disparition.

A la faveur d’un été très chaud ayant entraîné une exceptionnelle fonte des glaces, on retrouva en 1930 dans l’île Blanche, KvitØya, au nord de l’archipel du Svalbard, les restes de Salomon August Andrée, Knut Fraenkel et Nils Strindberg, mystérieusement disparus en cherchant à joindre le pôle Nord en ballon en 1897. Et l’on y découvrit notamment plusieurs rouleaux de négatifs, le journal de l’expédition et les lettres écrites par Nils à sa fiancée Anna.

Vaincre à Rome, Sylvain Coher (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 20 Août 2019. , dans Actes Sud, La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman

Vaincre à Rome, août 2019, 176 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Sylvain Coher Edition: Actes Sud

 

Ce n’est pas la première fois qu’un écrivain se glisse avec un « je » dans la peau d’un marathonien. Dans sa nouvelle, L’Ami d’Athènes (La Préface du nègre, Barzakh, 2008 ; Le Minotaure 504, Sabine Wespieser, 2011), Kamel Daoud nous avait notamment déjà plongé ainsi dans le flux de conscience d’un coureur algérien aux jeux olympiques d’Athènes. Mais en s’attachant au parcours de l’Ethiopien Abebe Bikila à Rome ce samedi 10 septembre 1960, en pleine époque de décolonisation, ce court roman de Sylvain Coher s’enrichit d’une valeur symbolique et éminemment politique. Car ce coureur aux pieds nus fut non seulement le premier athlète d’Afrique noire médaillé d’or olympique mais il franchit en tête « l’entrejambe de Constantin », cet arc « symbole des ambitions coloniales de Mussolini » où vingt-cinq ans auparavant ce dernier fit « passer ses troupes sur la route des Triomphes avant de les envoyer combattre le fléau noir de l’Ethiopie ».

« Quarante-deux kilomètres et cent quatre-vingt-quinze mètres linéaires pour une durée idéale de deux heures quinze minutes et seize secondes. Du temps et de l’endurance, c’est le parti-pris de ce livre. Lire comme on court ; d’une seule traite en ménageant son souffle » (p.9).

Des miroirs et des alouettes, Le Minot Tiers (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 19 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman

Des miroirs et des alouettes, Editions La Ligne d’erre, mai 2019, 200 pages, 13 € . Ecrivain(s): Le Minot Tiers

 

Géographe et chercheur, l’auteur a beaucoup travaillé sur la représentation de l’espace et des lieux dans la littérature. Il s’est d’abord longuement attaché à l’œuvre de Jules Verne (à laquelle il a consacré plusieurs essais universitaires) avant de s’intéresser plus récemment au XXe siècle, notamment avec Proust ou Julien Gracq.

Il se tourne maintenant vers l’écriture romanesque pour « transmettre autrement ce savoir universitaire, les interrogations – et parfois les découvertes qui les accompagnent – qui sont les [siennes] ».

Publié sous le pseudonyme « Le Minot Tiers », Des miroirs et des alouettes, premier volume d’une trilogie à venir, commence comme un polar.

Florence en V.O., Annick Farina (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 14 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Voyages

Florence en V.O., éditions Atlande, mai 2019, 187 pages, 15 € . Ecrivain(s): Annick Farina

 

Dans le cadre de sa nouvelle collection « Villes en V.O. », tenant tant du guide de voyage insolite que du dictionnaire thématique ou amoureux illustré de textes bilingues, les éditions Atlande ont judicieusement demandé à Annick Farina de nous faire visiter Florence, cette ville d’art et de lettres, en nous imprégnant de son esprit, de cette âme forgée au cours des siècles.

Cette auteure qui enseigne la langue et la traduction françaises à l’université de Florence et vit en Italie depuis plus de vingt ans nous entraîne ainsi, avec beaucoup de vivacité et une érudition jamais pesante, dans cette ville célébrée par de multiples écrivains y ayant vécu ou séjourné. Au-delà des parcours traditionnels proposés aux touristes, elle aborde sa riche histoire au travers des lieux décrits et d’anecdotes qui leur sont liées, comme de son climat et de sa cuisine, de sa langue et de tout cet imaginaire développé chez des artistes de genres, époques et origines très variés. Et elle enrichit son propos de toute une palette de textes, italiens en majorité mais aussi français ou russes, anglais, portugais, allemands ou danois.