Identification

Articles taggés avec: Bendhif-Syllas Myriam

La Maison de brique, Paula Scher, Stan Mack (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, La Joie de lire

La Maison de brique, septembre 2018, trad. américain Francine Bouchet, 40 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Paula Scher, Stan Mack Edition: La Joie de lire

 

 

La couverture de cet album retient d’emblée son lecteur : un petit immeuble de trois étages dont l’on aperçoit les différents habitants à travers les fenêtres. Une chatte au piano, une maman ours mettant au lit son petit, un trio de souris confrontées à un manque de fromage, une famille cochon attablée autour d’une soupe, un hibou bouquinant dans son fauteuil, deux kangourous s’apprêtant pour danser. À l’entrée, monsieur ours rentrant de sa journée.

Les dessins sont réjouissants, à la fois très colorés et hachurés à l’encre, ce qui leur donne un petit côté brouillon et rétro des plus sympathiques. On se prend tout de suite d’amitié pour ces personnages et l’on a qu’une hâte : commencer le livre pour découvrir ce qui se passe à l’intérieur de ces appartements et quelles sont les relations que tissent entre eux ces animaux.

Laomer, La nouvelle histoire de Lancelot du Lac, Pierre-Marie Beaude (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 09 Octobre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Gallimard Jeunesse, Les Livres, Jeunesse, Roman

Laomer, La nouvelle histoire de Lancelot du Lac, avril 2018, 416 pages, 17 € . Ecrivain(s): Pierre-Marie Beaude Edition: Gallimard Jeunesse

Laomer ou la matière de Bretagne passée à travers la fontaine de Jouvence. Pierre-Marie Beaude nous offre un très beau roman médiéval, où se retrouvent tous les éléments du cycle arthurien, tout en apportant une intrigue originale dont les héros sont le chevalier Calogrenant et l’enchanteresse Morgane. Introduction à cet univers ou plongée emplie de clins d’œil pour les passionnés de cette époque, qu’importe, tout est là pour enchanter les lecteurs, dans cette continuation des récits des chevaliers de la Table ronde.

« – Point de mensonge en cela, dame Morgane. Vos exploits se racontent sur le continent. Nous savons tout du roi Arthur, de la reine Guenièvre, des amours déçues de Lancelot, de Gauvain toujours serviable avec les jeunes demoiselles, de Keu, le sénéchal, au mauvais caractère. Et nous vous connaissons aussi, ma dame, filleule de la mystérieuse Viviane retirée en son domaine du Lac. Aujourd’hui, la Providence me fait cette grande joie de vous rencontrer !

Robin était bien loin de se douter que la dame qu’il avait guidée jusqu’ici était la même Morgane que celle des récits colportés par les troubadours. Il en devint tout pâle, hésita à parler, se tut, se contentant de dévorer l’enchanteresse du regard ».

Sacrées Sorcières, Roald Dahl (Livre audio), par Myriam Bendhif-Syllas

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 18 Septembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Gallimard Jeunesse, Les Livres, Jeunesse

Sacrées Sorcières, juin 2018, trad. anglais Marie-Raymond Farré, livre audio, 2h30mn, 18,90 € . Ecrivain(s): Roald Dahl Edition: Gallimard Jeunesse

 

Aucune objectivité possible face à ce grand classique de la littérature pour la jeunesse. Que l’on ait 8 ans, 40 ou 80 ans, il n’y a pas de différence : l’enthousiasme reste intact et les éclats de rire tonitruants.

Alors, pour les heureux mortels qui ne connaissent pas encore cette histoire et qui peuvent la découvrir aujourd’hui, nous donnerons quelques éléments de cette truculente histoire de sorcières comme jamais on ne les avait imaginées auparavant ; mais pour les lecteurs déjà conquis, voici une façon originale de rencontrer à nouveau le roman, à travers la lecture faite par la formidable équipe des comédiens, constituée par Jeanne Cellard, Jackie Berger et Jean-Claude Donda.

Les sorcières appartiennent à notre imaginaire collectif et se trouvent affublées de divers attributs reconnaissables entre tous, outils indispensables – paraît-il – de leurs activités diaboliques : balais volants, chats noirs et corbeaux, chapeaux pointus, verrues diversement situées, chaudrons baveurs et alambics enfumés secrétant de savants mélanges d’ingrédients tous plus répugnants les uns que les autres. Facile de s’y retrouver, n’est-ce pas ?

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Aventures, Fantastique

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, éd. Mnémos, juin 2018, 336 pages, 20 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet

 

C’est avec beaucoup de curiosité que s’est amorcée la lecture de ce premier volet du nouveau diptyque de fantasy de Charlotte Bousquet. Nombre de ses ouvrages recèlent un grand talent de conteuse et une plume solide, élégante, protéiforme, tout en proposant des univers variés, explorant le roman historique comme le fantastique, la BD pour ados ou le récit d’aventures. Son imaginaire n’a pas de bornes et son regard témoigne de ses engagements.

Dans Shâhra, nous retrouvons l’écriture soignée, fouillée, mêlant lettres, contes, poèmes ou extraits de prophéties aux quatre récits qui suivent chacune des héroïnes de ce monde des sables. Nous retrouvons également la magie, la divination, les êtres surnaturels, les divinités dans un ensemble de croyances rappelant celles des peuples premiers, donnant foi et parole aux visions et aux signes de la nature, aux soins des guérisseurs et chamans, reposant sur un fragile Equilibre des mondes, visible et invisible. Nous retrouvons la cruauté humaine sous toutes ses formes, notamment celle d’un terrifiant mage buveur d’énergie vitale, des personnages féminins ayant à trouver quelle est leur nature profonde et quelle est leur valeur, le lien avec l’animal et les totems, « nehlîl », la splendeur de la nature même la plus aride.

Oddvin, le prince qui vivait dans deux mondes, Franck Prévot et Régis Lejonc

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 20 Août 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse

Oddvin, le prince qui vivait dans deux mondes, éditions Hong Fei, mai 2018, 40 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Franck Prévot et Régis Lejonc

 

Dès la couverture, on se retrouve intrigué. Quel est cet ouvrage aux allures de recueil de contes très ancien ? Aux illustrations surannées et dignes d’un artisan calligraphe, rappelant les inquiétantes images d’Ivan Bilibine. Qui est ce personnage monté sur un renne ?

Les premières pages nous font entrer dans un château, un banquet médiéval en l’honneur de la reine et de ses nouveau-nés : trois princes « pleins d’or » comme s’en félicite le roi, leur père, un être avide et cruel. Le premier garçon avait une langue d’or, le deuxième des yeux d’or et le troisième des oreilles d’or. En grandissant, chacun se voit attribuer un animal de compagnie capable de pallier à ce qui lui manque : un perroquet, un renne et un chien.

C’est Oddvin, le deuxième fils, qui sera notre héros. Il grandit seul auprès de son renne, qui devient ses yeux, son guide et développe le talent de comprendre le langage de son compagnon. Délaissé par ses parents, il parcourt la toundra et les forêts qui deviennent des espaces familiers pour ce jeune prince aux allures de paysan famélique.