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Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, Davide Cali et Benjamin Chaud

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 03 Juin 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse

Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, Hélium, janvier 2014, 40 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Davide Cali et Benjamin Chaud

Voici un livre qui inspirera bon nombre d’écoliers en mal d’excuse, un livre dédié aux cancres d’aujourd’hui et d’hier, « à ne pas mettre entre toutes les mains (surtout pas entre celles des parents ou des professeurs) ».

Un livre plein de loufoquerie et de poésie qui nourrira l’imagination fertile de ceux qui ont besoin d’une nouvelle excuse pour justifier qu’ils n’ont pas fait leurs devoirs. Car le problème est bien qu’on ne peut pas réutiliser sa trouvaille ! Ou serait-ce qu’il y ait encore des devoirs… Mais c’est un autre débat, revenons donc à nos cahiers.

Le jeune héros, vêtu d’un costume rétro et les cheveux en bataille, accompagné de son basset nonchalant, nous est montré au cœur de situations aussi abracadabrantes que désopilantes qui lui tombent dessus comme autant de bombes : destruction de sa maison par un robot géant devenu fou, enterrement de son chat, attaque de singes, de monstres préhistoriques ou de Vikings, effet secondaire pachydermique d’un sirop contre la toux, crise de son frère lycanthrope… Ses outils de travail se sont fait la malle ou ses tentatives d’amélioration pour faire ses devoirs demeurent infructueuses. Décidément, qu’il est dur d’être écolier… lorsque l’on n’a pas fait ses devoirs !

Conte de putes, Laura Gustafsson

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Mai 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Pays nordiques, Grasset

Conte de putes, traduit du finnois par Claire Saint-Germain, mai 2014, 400 p. 20,90 € . Ecrivain(s): Laura Gustafsson Edition: Grasset

Conte de putes est un récit iconoclaste et provocateur que l’on dévore à la fois surpris et réjoui, emporté par l’Odyssée improbable de ses héroïnes et saisi par l’acuité de son propos. Il scelle la rencontre entre une Virginie Despentes nordique et la tradition homérique, entre un univers trash et sombre et les grands mythes originels, de la Bible aux Métamorphoses d’Ovide. Kathy Acker avait ainsi revisité Don Quichotte dans une veine aussi corrosive.

Tout commence dans une Olympe version club-med, par une rivalité virile : pris de rage, Arès émascule le nouvel amant d’Aphrodite, le bel Adonis. La déesse décide alors de chercher ce dernier aux Enfers. Or, à l’aéroport, un groupe de suicidés l’induit en erreur… voilà Aphrodite au beau milieu de la Finlande. Passant par toutes les étapes du star-système, elle est portée aux nues puis bafouée, poursuivie par des hordes de paparazzi, avant de sombrer dans l’oubli. Sa renaissance a lieu dans une prison où elle devient l’étoile d’un show de téléréalité. Entre temps, elle a rencontré deux jeunes femmes, Milla et Kalla, qui deviennent ses acolytes dans sa quête de vengeance. En parallèle, nous sont rapportées les tribulations de ces deux servantes de la déesse dans le domaine de la prostitution, choisie ou subie. L’intervention d’Isis, implacable, vouant Kalla à épouser l’homme qui l’avait violée et qu’elle avait tué, se révèle particulièrement caustique et cruelle.

On voit tes fesses, Vincent Malone et Vincent Boudgourd

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 23 Mai 2014. , dans La Une Livres, Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, Jeunesse

On voit tes fesses, mars 2014, 48 pages, 16 € . Ecrivain(s): Vincent Malone et Vincent Boudgourd Edition: Seuil Jeunesse

 

Quoi de plus réjouissant que de voir en pleine page ce dont on doit taire le nom ? Quoi de plus jouissif que d’éclater de rire face à une situation incongrue ? Et qu’en plus se dévoile cette partie méprisée de notre anatomie : les fesses ? Les jeunes lecteurs vont adorer cet album culte, commis par le duo Malone et Boudgourd.

Sur chacune des pages de cet album très grand format – qui est déjà un vrai régal à voir et à manipuler –, est saisie au vol une apparition de ces appendices charnus, croqués par le trait brouillon, excessif et rétro de l’illustrateur que nous avions déjà croisé avec le Zarbi Zoo. Quant à l’auteur, il se déchaîne, se surpasse, délaissant brièvement Kiki ou ses revisitations de contes.

En quelques phrases au ton sobre et journalistique, maniant un vocabulaire des plus châtiés, Vincent Malone, maître ès humour, apporte la légende de ces arrêts sur image désopilants et leur refrain impayable : « On voit tes fesses ! ». Le contraste obtenu entre le sérieux des textes et l’apparition saugrenue des fesses dans des contextes tout à fait inattendus, constitue une source de comique inépuisable.

D’Images et de bulles (4) : Une affaire de caractères

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

 

Une affaire de caractères, François Ayroles, Delcourt, mars 2014, 72 pages, 14,95 €

 

Une affaire de caractères constitue un Exercice de style de haute volée qui réjouira les lettrés comme les amateurs de 9è art. Dans cet hommage à la littérature et aux mots jusque dans leur matérialité, François Ayroles se livre à de savants clins d’œil sur fond d’enquête à la Simenon. Ne vous attendez pas à une intrigue trépidante, toute la saveur de cet album réside dans la douce folie qui règne dans la cité de Bibelosse, dans sa galerie de personnages déroutants, dans la découverte de leurs particularités langagières à la frontière de l’absurde.

D’Images et de bulles (3) : Julio

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 29 Avril 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Julio, Gilbert Hernandez, traduction anglais (USA) : Daniel Pellegrino et Christophe Gouveia Roberto (Julio’s day), Ed. Atrabile, février 2014, 112 pages, 19 €

 

D’un cri à l’autre, d’un trou noir à un autre, Julio relate le déroulement d’une vie, ce fragile passage, depuis la bouche grande ouverte sur le premier cri jusqu’à celle du vieillard à l’agonie. Le noir profond du néant forme la trame de fond de cette vie où les événements se succèdent sans explication, sans clé existentielle, où, à la fois, le temps semble perdre sa consistance et peut-être retrouver sa juste place. Dans son introduction, Brian Evenson établit-il ainsi un parallèle entre l’œuvre d’Hernandez et celle de Beckett : « Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau ».