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Yvonne, l’enfant château, Delphine Vaute

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Jeunesse

Yvonne, l’enfant château, Delphine Vaute, éditions Vide Cocagne, septembre 2014, 80 pages, 16 € . Ecrivain(s): Delphine Vaute

 

Dans une ambiance presque proustienne, se dévoilent des enfants et leurs expériences lors d’un été à la campagne : une petite fille isolée qui rêve, un garçon qui prend des photos, un autre garçon qui allait devenir un ours. Les uns et les autres pratiquent la collection : animaux morts, photos d’animaux morts ; la chasse au Dahu, à la mouche ou au lapin ; la solitude et la tristesse ; l’incompréhension face au monde des adultes.

« Après le repas de midi j’aimais bien m’asseoir devant la maison au soleil.

Je rêvais qu’un cheval débarquait au triple galop dans la cour.

Un cheval indomptable que seule ma petite personne arrivait à maîtriser.

Je n’utilisais même pas cette magnifique monture pour m’enfuir

vers d’autres contrées où je pourrais vivre

de fabuleuses aventures comme dans les livres ».

Le livre abominable, Noé Carlain, illustrations Ronan Badel

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Sarbacane

Le livre abominable, avril 2014, 48 p. 9,50 € . Ecrivain(s): Noé Carlain et Romain Badel Edition: Sarbacane

 

Sarbacane réédite ses plus grands succès dans la collection « Flex » : un grand format, une couverture souple, un prix abordable pour des albums géants. Le livre abominable trouve plus particulièrement sa place dans ces incontournables de toute bonne bibliothèque jeunesse.

Car voilà un album qui va faire rire et frémir tout à la fois ses lecteurs, car chacun se retrouvera dans l’une ou plusieurs de ces situations qui donnent « une impression terriblement abominable… » et que tous les enfants auront rencontrées dans leur vie sous une forme ou sous une autre. Car être un enfant, ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir, figurez-vous ! Voici un petit florilège de ces terribles ou minuscules moments de solitude, de honte ou de colère abominables :

« Quand le dentiste me dit en souriant : Ça ne va pas faire mal ! »

« Quand Baxter, mon chien, me lèche juste après avoir mangé sa pâtée ».

« Quand mes deux chaussettes ont un énorme trou au gros orteil et qu’on a gym ».

« Quand Papy me demande un verre d’eau pour y mettre son dentier ».

D’Images et de bulles (9) Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 12 Septembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais, Ankama, juin 2014, 80 pages, 15,90 €

 

Entre album pour enfants et roman graphique, Amélie Fléchais revisite l’un des contes les plus célèbres du sieur Perrault, en en offrant une variante sombre et stimulante, desservie par un graphisme riche et enchanteur. Lorsque la bête n’est pas celle que l’on croit…

Le petit chaperon est devenu un louveteau, au profil gracieux, la tête recouverte par une capuche dessinant ses oreilles. À la demande de sa mère, le voilà parti à travers la forêt pour apporter à sa grand-mère, devenue trop vieille pour chasser, un gros et gras lapin. Sa mère la louve lui recommande d’éviter la forêt de bois morts où vivent un chasseur et sa fille, « vils, cruels, qui détestent les loups ». Le Petit Loup rouge promet d’écouter sa mère.

Hope, Xavier Deutsch

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 06 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Mijade

Hope, juin 2014, 240 pages, 11 € . Ecrivain(s): Xavier Deutsch Edition: Mijade

 

Xavier Deutsch possède une plume et un cœur qui ne font qu’un et qui font mouche quel que soit le sujet auquel il s’attache ; se réalisant à travers une écriture élégante et faussement simple. Avec Hope, il nous plonge dans les années 50, au cœur de Sheridan, une petite ville du Wyoming. Nous y découvrons un adolescent exceptionnel, Joseph Petersen. Joseph ne sauve pas le monde en changeant subrepticement de costume, il n’a pas une vie pleine d’aventures ou de malheurs. Joseph est. Et à 16 ans, c’est plutôt rare. C’est d’ailleurs plutôt rare quel que soit l’âge. Et cette faculté, les autres la ressentent et lui vouent un profond respect.

Tout le monde connaît Joseph à Sheridan : il est beau, franc, il ne se préoccupe pas de son apparence. Il se passionne pour le grec ancien et rembourse en distribuant le journal le Schwinn flambant neuf qu’il vient d’acquérir. À la fin de sa tournée, il se rend à l’atelier de Mr. Carlson où se déroule un rituel mensuel plutôt cocasse : on découvre en famille la nouvelle pin-up du calendrier, on la baptise et on invente son histoire, chacun y allant de sa version.

La sauvage, Jenni Fagan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 03 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Iles britanniques, Roman, Métailié

La sauvage, traduit de l’anglais (Ecosse) par Céline Schwaller (The Panopticon), Métaillé, coll. Suites, septembre 2014, 320 p. 12 € . Ecrivain(s): Jenni Fagan Edition: Métailié

 

La sauvage plonge son lecteur en apnée, lui assène une série de coups de poing qu’il encaisse, éreinté et désorienté. Et pourtant, c’est un récit dont on ne décroche pas une seconde et que l’on referme à regret. C’est le récit d’une voix qui touche à l’os, qui parle juste et sans détour, une voix qui choque et qui percute. Celle d’Anaïs, une gamine qui n’en est plus une, errant d’un foyer à l’autre et au bord de finir sa jeunesse dans un centre pour délinquants mineurs.

Il ne s’agit pas là d’un énième témoignage à caractère sociologique, d’un portrait attendu et misérabiliste d’enfant perdue et vouée à la déchéance. Bien au contraire. Jenni Fagan offre à son personnage de prendre la parole et de nous chanter, de nous hurler sa force de vie, sa résistance face à tout ce système qui ne permet pas de sortir des cases, sa liberté absolue et son envie de continuer encore et malgré tout.