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Articles taggés avec: Bendhif-Syllas Myriam

D’Images et de bulles (11) - Mots rumeurs, mots cutter, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 15 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Mots rumeurs, mots cutter, septembre 2014, 72 pages, 15 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini Edition: Gulf Stream Editeur

 

Après Rouge Tagada, le premier opus de cette série de BD faisant un focus sur chaque ado d’une photo de classe imaginaire, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini se consacrent à Léa, une jeune fille aux prises avec les effets pervers d’une rumeur et à une manipulation de son image, phénomène de plus en plus fréquent à notre époque où la technologie est devenue banale et omniprésente et où la média-mania amène bien trop souvent la sphère privée en place publique.

Léa n’a jamais fait trop de vagues au collège, elle connaît les codes et les règles qui permettent d’être dans les bonnes grâces des plus en vue, comme le fait de supporter à longueur de journées des gens plutôt inintéressants ou suiveurs. Cette machinerie bien huilée va se gripper le jour où elle rencontre Mattéo, un garçon qui la trouve à son goût et avec lequel elle s’entend bien, partageant de plus en plus de moments ensemble. Malheureusement pour Léa, Solveig a des vues sur ce garçon et elle prépare une vengeance dans l’ombre.

Le Manoir des sortilèges, Serge Brussolo

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Le Masque (Lattès), La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman

Le Manoir des sortilèges, Le Masque poche, mai 2014, 405 pages, 6,90 € . Ecrivain(s): Serge Brussolo Edition: Le Masque (Lattès)

 

Le Manoir des sortilèges nous entraîne dans un Moyen Âge tourmenté, violent et voué à des puissances occultes. Serge Brussolo installe avec talent cette ambiance sombre et magique et se plaît à en déconstruire un à un chaque élément. Lorsque le lecteur, suivant les traces de Gilles l’écuyer, finit par céder à l’une de ces croyances, l’auteur fait surgir le rationnel là où on ne l’attendait plus. Cependant le doute continue de planer, laissant une impression vague de crainte non élucidée et donnant au récit toute sa saveur.

Suite à un tournoi qui aura dégénéré en bain de sang, Gilles se retrouve privé de son maître vieillissant. Selon la coutume, le voilà devenu la propriété du vainqueur, un mystérieux jouteur à l’armure rouillée, souillée de sang. Ce chevalier peu loquace se nomme Foulques de Braz. Sa légende n’est pas usurpée : cet homme est un véritable maître de guerre, jamais repu de mort et de combats. Mais son passé par trop sanglant l’a voué à une malédiction ignoble : à chaque pleine lune, le noble guerrier doit assouvir sa faim dévorante, qu’il aura refoulée jusqu’à l’apparition de l’astre nocturne. Braz dévore les enfants ; et pour ce faire, il égorge, étripaille tout et tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Son écuyer assiste, impuissant, à ses scènes atroces.

Depuis que la samba est samba, Paulo Lins (2ème article)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 02 Octobre 2014. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Amérique Latine, Les Livres, Asphalte éditions, Roman

Depuis que la samba est samba, traduit du portugais (Brésil) par Paula Salnot, septembre 2014, 287 p. 22 € . Ecrivain(s): Paulo Lins Edition: Asphalte éditions

 

Née sur un terreau magique et malfamé, à la croisée des continents, des cultures et des religions, au cœur des années 20, la samba racontée par Paulo Lins prend la forme d’une femme, sourire aux lèvres, qui chaloupe au son de la cavaquinho, d’hommes qui frappent sur des assiettes, et lancent la jambe dans un cercle de capoeira, de familles qui festoient sous le regard bienveillant des esprits dans un terreiro, de malandros qui boivent un verre en guettant la police. Voilà ce qu’est la samba et bien plus encore.

Paulo Lins parvient à recréer pour son lecteur une époque lumineuse et complexe, un quartier qui irriguera toute la ville de Rio, puis tout le pays, de sa nouvelle musique comme d’un flux vital renouvelé, avec la puissance et la densité d’un roman naturaliste. Il donne corps aux artistes de cette renaissance : Ismaël Silva, l’ange chétif, compositeur et père de la samba, Bide, Bastos, Mario Reis, Baiaco, Francisco Alves, le grand chanteur qui permit que se diffuse la musique d’abord tant décriée… Associé à ces figures, se dessine tout un peuple du quartier réservé, de la pauvreté et de la spiritualité syncrétique de l’umbanda.

TK, Philippe Laborde

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 29 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Critiques, Gallimard Jeunesse, Les Livres, Jeunesse

TK, mai 2014, 310 pages, 11,90 € . Ecrivain(s): Philippe Laborde Edition: Gallimard Jeunesse

 

TK comme télékinésie, c’est-à-dire le fait de « faire bouger des objets à distance, sans y toucher, par la seule force de l’esprit ». Cette discipline parapsychologique, voilà l’objectif d’Alan, le narrateur de ce roman atypique, lors de ses vacances. Resté seul, l’adolescent s’astreint à un programme drastique : des heures de sommeil régulières, une alimentation à base de pommes et de boîtes de thon (comme Christian Slater pour tourner dans Batman), une solitude complète et des exercices, encore et encore.

« Concentrez-vous.

Et maintenant, faites tourner la pyramide.

Demandez-lui, dans votre tête, de tourner sur elle-même, comme vous demanderiez à quelqu’un de se tourner.

Vous pouvez placer une main près de la pyramide, comme si votre demande passait par votre main. Mais c’est pas obligé.

C’est là que j’en suis. Pour l’instant, ça tourne pas ».

D’Images et de bulles (10) - Mon cousin dans la mort, François Duprat

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Mon cousin dans la mort, François Duprat, La Boîte à bulles, mai 2014, 64 pages, 13,50 €

 

François Duprat nous propose une histoire de gamins dans un village des années 60, rejouant avec innocence et cruauté celles des adultes perdus dans leurs deuils, leurs errances et leurs frustrations.

Lors de l’enterrement de son grand-père, Lucien découvre que Lili, une gamine du village, parle à une Madame Henriette, locataire pour l’éternité d’une tombe voisine. C’est le seul refuge pour Lili qui tente de survivre entre les crises de violence de son père alcoolique et les brimades subies à l’école. La prenant pour une folle au premier abord, Lucien va rapidement se laisser convaincre que la petite communique avec les défunts par l’intermédiaire de Madame Henriette qui est en quelque sorte « la concierge du cimetière ».