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Les Outrepasseurs, tome 3. Le Libérateur, Cindy Van Wilder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 29 Juin 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Les Outrepasseurs, tome 3. Le Libérateur, avril 2015, 352 pages, 18 € . Ecrivain(s): Cindy Van Wilder Edition: Gulf Stream Editeur

 

Les Outrepasseurs trouve dans ce troisième et dernier volume une conclusion à la hauteur des espérances du lecteur. Tendu, crépusculaire et tranchant, Le Libérateur met en jeu les ultimes forces des protagonistes encore en vie et dévoile les sombres secrets qui entourent les origines des Fés et de leurs ennemis. Nous découvrons à travers un récit distillé en marge de l’intrigue principale les souvenirs du Chasseur, tout comme l’univers des Ferreux qui se trouve explicité. Les actions des différents groupes se déroulent en parallèle les unes des autres, augmentant l’effet de suspense. Saluons encore une fois le style, élégant, nerveux et efficace de l’auteure.

La magie se dissipe et le monde des Outrepasseurs s’écroule. Certains se meurent, tous s’affaiblissent, privés de la source de leur puissance. Le redoutable Noble n’est plus que l’ombre de lui-même ; il se terre dans son domaine, laissant son royaume à l’abandon. Avant de disparaître, Snezkhaïa, accompagnée de ses Fils, trois Cavaliers maudits, déverse les flots de sa terrible magie. Elle provoque un Hiver dévastateur qui se propage sur l’Angleterre jusqu’à toucher Londres.

A comme aujourd’hui, David Levithan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 24 Juin 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Gallimard Jeunesse, Les Livres, Jeunesse, USA

A comme aujourd’hui, mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Simon Baril, 448 pages, 7,75 € . Ecrivain(s): David Levithan Edition: Gallimard Jeunesse

 

Le héros narrateur de ce roman s’appelle A. Il a fini par se résoudre à se baptiser ainsi car, chaque jour, il se réveille avec une nouvelle identité, un nouveau nom, un nouveau corps. Chaque jour, il puise dans les souvenirs de son hôte pour s’adapter à une nouvelle vie et ne pas perturber le quotidien de celui ou de celle qu’il quittera le lendemain. Depuis qu’il a accepté qu’il mène une existence vraiment pas comme les autres, A respecte cette règle comme il s’impose une distance envers les personnes qu’il rencontre. A cherche avant tout à préserver sa non-présence, son anonymat, le peu d’intégrité qu’il possède.

« Tandis que Justin s’éloigne et que je me retrouve parmi la foule des autres élèves, je deviens extrêmement conscient de la nature périlleuse de cet exercice, des risques liés à l’effet papillon que je pourrais déclencher à chaque interaction. Si vous prenez le temps d’y réfléchir vraiment, si vous allez jusqu’au bout de la chaîne de cause à effet, vous aurez conscience que chaque pas peut être un pas dans la mauvaise direction, que chaque geste peut avoir des conséquences involontaires ».

Rouge, Jan de Kinder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Juin 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Pays nordiques, Didier Jeunesse

Rouge, mars 2015, traduit du néerlandais par Marie Hooghe, 40 pages, 13,10 € . Ecrivain(s): Jan de Kinder Edition: Didier Jeunesse

 

Aujourd’hui cela tombe sur Arthur. Cela aurait pu être sur n’importe quel enfant en ce moment de récréation. Une remarque d’une petite fille et tout le groupe se moque. Paul insiste et raille plus que les autres amenant Arthur à se sentir très mal. Voilà comment le harcèlement se met en place. La jeune narratrice signale que les joues d’Arthur sont rouges. C’est un détail, une broutille. Cela arrive sans doute à bien d’autres que lui. Mais aujourd’hui c’est Arthur. Et le rouge pointé du doigt se renforce, s’étend, déclenchant les rires… gagnant les feuilles des arbres comme un incendie, puis les murs des bâtiments comme un virus impitoyable.

« À présent, il est rouge comme une tomate.

Rouge comme une cerise.

Rouge comme du paprika ».

« C’est fou, ça !

Lucy in the sky, Pete Fromm

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 11 Juin 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, USA, Gallmeister

Lucy in the sky (As cool as I am), avril 2015, traduit de l’américain par Laurent Bury, 352 pages, 24 € . Ecrivain(s): Pete Fromm Edition: Gallmeister

 

« Pendant toutes ces années, c’est pour ça que je l’avais laissé me raser la tête : si la seule chose qui lui manquait ici, c’était d’avoir un fils avec qui faire des trucs, je serais presque aussi bien qu’un garçon, je serais ce qu’on pouvait trouver de plus approchant. Je ne m’étais pas aperçue que ça ne servait à rien. Comme les baisers de Maman. Il partait quand même ».

Lucy a quatorze ans, une coupe de cheveux improbable et un corps de géante malingre qui s’arrondit bien malgré elle. Elle vit à Great Falls, Montana. Elle ne voit son père que deux fois par an, entre deux chantiers de bûcheronnage. Ces moments sont des perles dans un océan de routine et de vide. Le père débarque comme un tourbillon, enchaîne jeux de mots et mises en scène excentriques pour le plus grand plaisir de sa fille. Mais elle se retrouve le plus souvent à attendre que les ébats torrides de ses parents s’achèvent. Sa mère est une très séduisante trentenaire qui en a assez d’attendre le retour de son homme. Elle se trouve un travail et de nouveaux soupirants. Livrée à elle-même, abandonnée encore et encore, Lucy traîne, s’essaye à l’amour, et espère, sur le qui-vive, que l’un ou l’autre de ses parents revienne et lui accorde un peu de temps, un peu d’attention et d’affection.

Ma Fille Folie, Savina Dolores Massa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 02 Juin 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Italie, Roman, Editions de l'Ogre

Ma Fille Folie (Mia Figlia Follia), mars 2015, traduit de l’italien par Laurent Lombard, 200 p. 21 € . Ecrivain(s): Savina Dolores Massa Edition: Editions de l'Ogre

Ma Fille folie est le récit d’une illumination, celle de l’impossible fécondation puis de l’incroyable maternité de Maddalenina, la folle du village, une invalide de cinquante ans. Bénie par les saints et pénétrée par un cierge consacré, elle se voue à trois époux dont elle appelle l’attention et l’amour par sa présence silencieuse : un jeune garçon, descendant d’une noble famille décadente, un professeur humilié par ses amours inverties, un paysan solitaire et stérile comme les terres qu’il s’obstine à labourer. Chacun dévoilant peu à peu ses secrets sous l’œil limpide de la Mère que tous ignorent ; chaque apparence de respectabilité se fissurant devant cette vieille petite fille, mal fagotée, mal chaussée.

Maddalenina s’en vient visiter Maria Carta, la guérisseuse devenue muette, vieille femme assise devant sa maison, vouée à l’observation d’un prunier aussi décrépi qu’elle. Maddalenina lui confie toutes ses pensées, ses sensations de future mère, elle lui raconte ses extases, ses espoirs et revient sur son enfance, sa vie de femme mise à l’écart par tous les membres du village sarde. Dans sa langue malhabile et crue, elle pose d’incessantes questions, elle met à nu son être innocent, et sans s’en rendre compte, les travers de tous les bien-pensants qui se vautrent dans le vice, tout en jouant les grenouilles de bénitiers.