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Articles taggés avec: Bendhif-Syllas Myriam

Le Krapoukoff, Raphaëlle Barbanègre (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 09 Octobre 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Thierry Magnier

Le Krapoukoff, Raphaëlle Barbanègre, septembre 2019, 40 pages, 16 € Edition: Thierry Magnier

 

Le Krapoukoff est l’histoire de deux enfants qui décident d’aller pourfendre du monstre « pour de vrai » afin de savoir qui a le plus de courage. Ils découvrent qu’à défaut de monstres, la forêt interdite est peuplée de bien étranges créatures. Le récit de quête héroïque est réécrit ici sous le signe de l’humour et rappelle les textes débridés de Vincent Malone ou les albums d’Alain Crozon.

Forts de leur entraînement permanent, Raoul à l’épée et Violette à l’arc, les enfants sautent la barrière qui protège le village paisible où ils résident, le bien-nommé Moules-sur-Mer. Des arbres gigantesques se dressent face à eux, qui, tout riquiqui dans la profondeur des bois, fanfaronnent encore. Mais lorsque l’obscurité tombe, le vaillant héros et l’héroïne intrépide commencent à avoir peur. Ils croient voir surgir le Krapoukoff, le plus effroyable des monstres de la forêt mais c’est un gros être couvert de pois de couleur qui hurle en les voyant arriver. Il s’agit de Kougloff et il sera leur premier guide dans la forêt, pour cette quête digne des plus grands chevaliers… hauts comme trois pommes.

Tout pour devenir une sorcière, Petit guide à l’usage des princesses qui s’ennuient, Myriam Dahman (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 08 Juillet 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Talents Hauts

Tout pour devenir une sorcière, Petit guide à l’usage des princesses qui s’ennuient, Myriam Dahman, février 2019, ill. Maurèen Poignonec, 80 pages, 12 € Edition: Talents Hauts

 

En compagnie de Philomène, sorcière professionnelle, vous allez apprendre à « voler sur votre propre balai », libérée de votre donjon et de toutes les activités barbantes que l’on vous impose pour faire de vous la princesse de conte de fées parfaite. Il n’y a qu’à suivre les conseils prodigués en dix étapes, clairs et efficaces, pour « tourner le dos à la vie de château » une bonne fois pour toutes !

De révélations cocasses en suggestions inédites, ce petit guide en réjouira plus d’une et plus d’un, sortant des cadres conventionnels de ce qu’une fille peut et doit être. En cela, la maison Talents Hauts poursuit son dynamitage systématique et bénéfique des clichés de genre. Pour ce faire, elle a eu recours à un sacré duo. L’autrice est une sorcière débridée à la verve haute, quant à l’illustratrice, elle prend grand plaisir à créer différents types de sorcières d’aujourd’hui, en mariant les origines, les influences… dans son chaudron.

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, Cécile Boulaire (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 02 Juillet 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Jeunesse, Didier Jeunesse

Lire et choisir ses albums, Petit manuel à l’usage des grandes personnes, septembre 2018, 288 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Cécile Boulaire Edition: Didier Jeunesse

 

Dans cet essai revigorant, l’universitaire Cécile Boulaire s’emploie à balayer bon nombre de lieux communs concernant l’album pour la jeunesse et à éduquer les lecteurs adultes qui seront, le plus souvent, les prescripteurs et les acheteurs dudit livre destiné aux enfants. Non, un album pour la jeunesse, ce n’est pas facile à lire. Le peu de textes parfois, la brièveté de l’œuvre sont autant de signes trompeurs. La lecture de l’adulte n’est pas celle de l’enfant, bien plus perméable aux différentes dimensions de cette œuvre pluridisciplinaire qui s’offre à lui : musique et rythme des mots, multiples détails du dessin, des couleurs… En ce sens, en tant qu’adulte, il nous faut réapprendre à lire un album, « réapprendre à regarder et à écouter longuement ». C’est une expérience plurisensorielle et profonde, qui répète le même et se révèle chaque fois différente. « L’album, c’est un objet littéraire qui est perçu par le regard et par l’ouïe ».

Sillages, Kallia Papadaki (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 25 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Cette semaine, Les Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Cambourakis

Sillages, mars 2019, trad. grec Clara Villain, 198 pages, 20 € . Ecrivain(s): Kallia Papadaki Edition: Cambourakis

 

Kallia Papadaki retrace l’histoire d’une famille grecque immigrée aux États-Unis, depuis les débuts du XXe siècle jusqu’aux années 1980. Dans un jeu de flash-back entre les déboires d’Andonis Kambanis, le grand-père, et les difficultés de son fils Basil avec sa fille adolescente Lito, se déroule devant nos yeux un pan d’histoire méconnu, transformé sous la plume de l’autrice en un chant acerbe et mythique.

« Et tandis que la lumière des néons se reflétait dans les flaques d’eau et clignotait à l’extérieur des boîtes de nuit et des cinémas, tandis que les gens faisaient la queue pour s’amuser jusqu’au lever du jour, Andonis Kambanis essayait de comprendre ce qu’il faisait de travers, pourquoi il vivait dans cette saloperie de pauvreté, sans une once d’espoir, pourquoi il n’arrivait pas à payer l’intégralité de son loyer, pourquoi, chaque matin, sa propriétaire se montrait amère et mécontente, pourquoi les dépenses étaient constantes et les revenus insuffisants. […]

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse

Brille encore, soleil d’or, Guo Zhenyuan, HongFei, avril 2019, adaptation Véronique Massenot, Zhu Chengliang, 48 pages, 14,50 €

 

Comment retenir le soleil lorsqu’il décline et cesse de dispenser sa chaleur et sa lumière ? Voilà la question que se pose une joyeuse troupe d’animaux face à ce curieux cycle du jour et de la nuit. Buffles, pandas, oiseaux, écureuils, kangourous vont tenter de diverses manières de faire briller encore l’astre d’or, avec une naïveté confondante et bienvenue.

Le récit de cette journée est porté par de courtes phrases, des mots très simples qui mettent l’accent sur les émotions ressenties, sur le dynamisme des dialogues. Face à cette apparente simplicité se déploient des illustrations de toute beauté, exploitant la double page au profit du mouvement, dans une composition maîtrisée et habile.

Une végétation dorée recouvre le sol sombre. Sur un ciel carmin chaleureux monte puis décline le soleil. Face à lui, du haut de la montagne, l’observent les animaux avant de se résoudre à agir. Les traits de peinture visibles, les touches de couleurs s’éloignant d’une véracité documentaire, les formes arrondies, rapprochent le dessin de celui d’un enfant.