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Roman

En vol, Alan Tennant (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Vendredi, 07 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallmeister

En vol – Traduit par Jacques Mailhos – 480 p. – 11,70€. Edition: Gallmeister

 

Au milieu des années 1980, Alan Tennant, naturaliste, observateur d’oiseaux depuis son plus jeune âge et auteur d’ouvrages d’herpétologie, participe à une étude sur le faucon pèlerin arctique, Falco Peregrinus Tundrius. La base de départ se trouve à Padre Island, le banc de sable le plus long du monde situé sur la côte de la région du sud Texas où 380 espèces d’oiseaux ont été documentées. Le programme est pris en charge par l’armée dans le cadre de recherches sur la guerre chimique et le Centre de Cancérologie M.D. Anderson de l’Université du Texas, grâce auquel Tennant est invité. Il s’agit pour l’Université d’étudier « les traces de pesticides organochlorés (DDT…) et de composés cancérigènes, diffusés et répandus par voies naturelles, susceptibles d’affecter notre existence tout autant que celle de ces faucons » dont la réceptivité à ces substances est très grande puisque la coquille de leurs oeufs devient fragile au point d’empêcher toute reproduction. L’équipe d’observateurs se compose, outre de Tennant, de George Vos, ancien de la seconde guerre mondiale aux commandes de son Cessna Skyhawk, et de Janis Chase attachée militaire chargé du suivi radio des oiseaux jusqu’à leur vecteur de migration.

Johannesburg, Fiona Melrose (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 06 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Quai Voltaire (La Table Ronde)

Johannesburg, Fiona Melrose, traduit de l'anglais par Cécile Arnaud, janvier 2020, 320 p. 22 € Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

Fiona Melrose signe ici un roman qui n’est pas, contrairement à d’autres auteurs sud-africains, un regard sur l’histoire de leur pays, mais bien plutôt une chronique sur sa ville natale : Johannesburg. Pourtant, cette évocation de la cité du travail du diamant, de l’or, traverse le temps, avec des retours en arrière. Le plan du roman suit les étapes d’une journée : le matin, l’après-midi, le soir, clin d’œil assumé de l’auteure à Virginia Woolf et à son roman : Mrs Dalloway, construit de la même façon.

Gin, l’héroïne principale, a prévu de visiter sa mère à Johannesburg le 6 décembre 2013, pour fêter ses quatre-vingts ans. Elle sera aidée de Mercy, employée de maison au domicile de sa maman. La cité de l’or s’éveille en apprenant le décès de Nelson Mandela, Madiba, le père de la nation arc-en-ciel. Ce n’est donc pas un simple retour que Gin va vivre, mais un passage en revue de ses souvenirs, impressions d’enfance, une élaboration d’un bilan provisoire de sa vie à ciel ouvert. Mais qu’était Johannesburg ? A l’époque où elle y vivait encore, avant de s’expatrier à New-York, elle la ressentait comme une source d’agression :

Un automne de Flaubert, Alexandre Postel (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 05 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Un automne de Flaubert, Alexandre Postel, 15 € – 03-01-2020 Edition: Gallimard

 

« Il entend au-dehors la rumeur de la mer, l’appel des goélands, une toile claquant au vent et, pareil à l’écho d’une fête lointaine, le murmure des voix humaines. Il reconnaît la musique des bords de mer, étrange et familière comme un rêve qui revient ; à mesure qu’il s’en pénètre dans le demi-jour de la cabine fermée, il éprouve le besoin de respirer, de s’accorder au rythme de la mer et du vent, de rompre les digues du chagrin. »

 

Le 16 septembre 1875 au matin, Flaubert entre dans Concarneau. Lors d’un premier voyage en Bretagne, en juin 1847, il voit assez mal la ville du Finistère (Saint-Mathieu du bout du monde). Cette fois il y passe deux mois, il se promène, prend des bains, observe les pêcheurs, passe beaucoup de temps avec son ami Pouchet dans sa station de biologie marine, assiste à la mue d’un homard, et se demande s’il est encore capable d’écrire (1).

Commencer dans le noir, Christine Sitchet (par Théo Ananissoh)

Ecrit par Theo Ananissoh , le Mardi, 04 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Commencer dans le noir, Christine Sitchet, Éditions Teham, 248 pages, 15 euros, septembre 2019

 

C’est un roman qui rappelle Paris est une fête d’Ernest Hemingway. En sens inverse, de l’autre côté de l’Océan. New York. Manhattan. Harlem. Comme Hemingway, Alexandra, le personnage de Commencer dans le noir, a à peine plus de vingt ans et est journaliste. Mais arrêtons ici le parallèle afin de ne pas rater la qualité et l’originalité de ce premier roman.

« "Me voici à New York !" Je me répète cette phrase. Comme pour me rassurer et faire taire un doute. Non, je ne vais pas me réveiller à Paris. Non, ce n’est pas un rêve. Ou plutôt si : sa concrétisation. Insoutenable ébriété… »

Alexandra y arrive en janvier 2001 – année dont le mois de septembre restera mémorable à tout jamais. En attendant, avec une joie de l’esprit communicative et à travers une écriture agréablement juste, elle invite le lecteur dans sa découverte d’une ville rêvée et au partage d’une passion qui est totale.

Des gens comme eux, Samira Sedira (par Jean-François Mézil)

Ecrit par Jean-François Mézil , le Mardi, 04 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Rouergue

Des gens comme eux, 2020, 140 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Samira Sedira Edition: Le Rouergue

 

On peut se demander comment un tel livre a été publié en l’état.

Il aurait en effet mérité, à mon sens, d’être retravaillé.

Les dimanches n’ont pas que leurs peintres, ils ont aussi leurs écrivains. Les uns ne font que des croûtes ; d’autres manifestent un certain talent, et c’est sans doute le cas de Samira Sedira. Encore faut-il travailler sa technique. (Ce n’est pas qu’en lisant qu’on apprend à écrire, c’est aussi en écrivant, ou plutôt en réécrivant.)

Je reste convaincu qu’un vrai travail de corrections (sous la houlette de l’éditeur dont ce devrait être le rôle), de reprises de phrases, de coups de rabot, de chasse aux lieux communs, aux mots utilisés à contresens, de suppression de points d’exclamation intempestifs, etc. aurait bénéficié à ce roman et lui aurait fait gravir une marche indispensable pour le sortir du marigot des livres médiocres, sans valeur littéraire, dans lequel il patauge tristement.