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Poésie

Entretenir le feu, Max Alhau (par philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 15 Juin 2023. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Entretenir le feu, Max Alhau, éditions L’herbe qui tremble, mars 2023, 108 pages, 17 € . Ecrivain(s): Max Alhau

 

Le poète recueille dans ce livre composé de trois parties (Quelqu’un qui rêve quelque part – En marge du silence – Moissonner les instants) ses thèmes majeurs. Il s’agit pour lui de sauver les traces d’un passé qui importe au plus haut point, de conserver cette mémoire précieuse et précise du passé. Combien de vocables ici renvoient à cette mémoire du monde !

Combien de « visages perdus » à reconquérir !

Combien de pans entiers à sauvegarder, grâce aux mots.

Dans cette quête éperdue, les poèmes visent à nommer l’essentiel : ces imparfaits qui allongent le temps, cette attente superbe des mots, des traces, des moments à venir.

Cette recherche s’aligne en des textes brefs, qui ménagent les images et gomment les imprécisions :

Trois cailloux au fossé, Pierre Gondran dit Remoux (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Lundi, 12 Juin 2023. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Cardère éditions

Trois cailloux au fossé, Pierre Gondran dit Remoux, éditions Cardère, janvier 2023, 104 pages, 12 € Edition: Cardère éditions

 

La poésie de Pierre Gondran dit Remoux puise sa source dans l’intimité de l’auteur avec la nature. Le rapport au temps et à la vie est intéressant en ceci que les êtres sont perçus comme étant de passage, au même titre que les feuilles, les pierres, les ruisseaux. Toutes ces composantes du cycle de vie participent au renouvellement de « la chair sans identité », des « organes remaniés », dans une mystérieuse « métamorphose ».

Enfant déjà, le poète trouve refuge parmi les graminées, « au creux d’un chemin creux », près de « l’étang aux joncs », suscitant parfois l’inquiétude ou l’incompréhension maternelle. Il se sent en osmose avec l’écosystème dans son ensemble, de la faune au monde végétal et même minéral.

Transformations, Anne Sexton (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 12 Juin 2023. , dans Poésie, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, USA

Transformations, Anne Sexton, éditions Des femmes-Antoinette Fouque, mai 2023, trad. anglais (USA), Sabine Huynh, 120 pages, 14 €

 

Un univers

Je connais maintenant la poésie d’Anne Sexton, dans sa traduction française récente. Et de mes premières lectures de ses poèmes, j’ai été sûr qu’il s’agissait d’une voix, d’un univers, à la fois proches de Sylvia Plath, développant un style propre, un monde à part, un monde borderline au sens fort du terme : à la bordure. Il en est encore question ici, dans ce mélange, cette approche du conte pour enfant par le poème. Cette tentative est inouïe, car elle demande une force exceptionnelle pour articuler la prosodie du poème à la rhétorique du conte. Le conte universel se dilate dans cette poésie contemporaine (ces textes datent de 1971). Et ce qui ressort de ce travail, c’est un ton énigmatique, une légère euphorie liée à une ivresse des motifs, quelque chose de poreux en tout cas.

Évohé ! Évohé !, Carmen Pennarun (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Mardi, 06 Juin 2023. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Évohé ! Évohé !, Carmen Pennarun, éditions Constellations, février 2023, 82 pages, 12 €

 

Une poésie à la fois profonde et fraîche, des mots « bulles-vert chlorophylle », des « arpèges sensitifs » qui font entrer le lecteur en résonance avec la nature, voici l’univers dans lequel on pénètre en lisant Évohé ! Évohé !, de Carmen Pennarun. Très proche du monde végétal, de la forêt et de « ses gardiens » qui « élèvent de jeunes pousses loin de la sauvagerie humaine », l’auteure se sent portée par une forme de « solidarité sylvestre ». Ainsi considère-t-elle les arbres comme des « témoins silencieux qui filtrent le défilé de la vie », et auxquels elle accorde « la confiance qu’on ne doit qu’aux grands maîtres ».

Et c’est sur les sentiers de la sagesse que la poète avance, partageant généreusement ses mots vecteurs de sérénité, d’acceptation :

« Regarde tomber les fruits que tu n’as pas choisis, accepte tout sans rien trier ».

Elle sait que la patience est indispensable à celui ou celle qui est en quête d’apaisement :

« Hier – une paix s’annonçait que demain attend toujours ».

Lundi propre, Guillaume Decourt (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 05 Juin 2023. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, La Table Ronde

Lundi propre, Guillaume Decourt, La Table Ronde, mars 2023, 88 pages, 14 € Edition: La Table Ronde

 

Un douzième recueil depuis 2011 pour ce jeune auteur, tout entier écrit en vers rimés, des dizains. Soit soixante-dix poèmes où les rimes, les enjambements, les rejets, le peu d’images se construisent avec une artificialité qui n’est pas toujours voulue :

 

L’heure est venue d’aller tuer un ours

Il est temps que je grandisse d’un coup

Je m’en vais je vous embrasse beaucoup

C’est accompagné d’une femme rousse

(…)

(p.39)