Identification

Les Livres

Suites impériales, Bret Easton Ellis

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 03 Août 2011. , dans Les Livres, Critiques, USA, Roman, Robert Laffont, Pavillons (Poche)

Suite(s) Impériale(s) Robert Laffont – pavillons, 2010, 228 pages, 19 €) . Ecrivain(s): Bret Easton Ellis Edition: Pavillons (Poche)

Résumé des épisodes précédents. Il y a 25 ans, Bret Easton Ellis publie son premier roman, Moins que zéro. Le livre est encensé par la critique, Bret Easton Ellis est estampillé culte, porte-parole d’une génération qui ne croit plus en rien.
Ouvrage après ouvrage, il confirme. Les lois de l’attraction, American Psycho, Glamorama, Lunar Park : chacun des livres devient un événement éditorial. Bret Easton Ellis est l’un des plus grands écrivains contemporains. Ses ventes atteignent des chiffres vertigineux.
Avant de lire son dernier ouvrage, Suite(s) impériale(s), il est quand même conseillé de se replonger dans le premier, dont il est la suite directe. 25 ans plus tard, Bret Easton Ellis retrouve son héros, Clay, toujours incapable d’aimer et qui regarde le monde avec une distanciation cynique, comme s’il n’y appartenait pas vraiment.
Le livre débute par une brillante mise en abyme. Clay est devenu scénariste. Il aurait aimé être écrivain, mais la place a déjà été prise par l’une de ses connaissances qui a écrit un livre qui racontait sa vie et celle de ses proches. Le livre : Moins que zéro. L’auteur a révélé des secrets. Clay pense qu’il s’est fait voler le livre qu’il aurait pu écrire, même si, au fond de lui, il sait qu’il n’a ni le talent, ni la motivation pour ça.

Le nain géant, Marc Petit

Ecrit par Guy Donikian , le Samedi, 30 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le nain géant, l’arbre vengeur, mai 2011, 408 pages 21 euros. . Ecrivain(s): Marc Petit

 

Il faut remercier les éditions de L'arbre vengeur pour la réédition du Nain Géant de Marc Petit.

Voilà bien un bon livre, un qui nous rassure et qui donne envie d’aller plus loin encore. Un roman populaire, pour sûr, mais un roman bien écrit, avec une érudition à peine voilée, présente donc, mais jamais ennuyeuse.

L’histoire, tout d’abord, parce qu’il y a une histoire. Nous sommes dans la seconde moitié du 19 ième siècle, à Paris, Albéric Lenoir a une petite fabrique de jouets mécaniques et il nomme sa boutique «  Au Nain Géant », oxymore qui interroge. Mais l’inventeur du «  Nain Géant » décède et ne lègue à l’un de ses deux fils, Benjamin, que ce fameux objet. Et c’est la recherche de cet objet qui nous conduit du fantastique au merveilleux, tout en ne se défaisant pas de l’humour.

La quête du Nain Géant peut d’abord se lire comme un roman, la trame ne laissant jamais le lecteur en panne d’émotions et de questions, et la question centrale posée au lecteur est l’existence même du Nain Géant.

Vers le silence, Max Pons

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 27 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Vers le silence, Editions de la Barbacane, 2011, 88 pages, 15 € . Ecrivain(s): Max Pons


Max Pons est un amoureux, un grand amoureux de l’humain et des pierres, amoureux au sens le plus courtois du terme, comme les troubadours de langue d’Oc. Dans ce recueil, admirablement préfacé par Michel Host, il nous offre un cheminement de haut vol poétique  « Vers le silence ».

Fidèle à sa passion minérale, le recueil s’ouvre sur la pierre, mais une « Pierre de caresse/ Pierre maternelle ». Max Pons, qui fut pendant si longtemps gardien et guide du Château de Bonaguil, un château-fort, allégorie de la forteresse quasi imprenable du féminin, connaît mieux que personne les liens secrets qui se tissent entre la pierre et les forces de la nature et ce que je retiens de l’ensemble de ce nouveau recueil, ce rassemblement de fragments, de morceaux de ce territoire qui est le sien, c’est que tout, de la pierre à la chair, de la terre au ciel, transpire et conspire un puissant chant d’amour.

Une enquête philosophique, Philip Kerr

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 10 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Le Masque (Lattès)

Une enquête philosophique. Trad. De l’anglais par Claude Demanuelli. 390 p. 22 € . Ecrivain(s): Philip Kerr Edition: Le Masque (Lattès)

Toute traque policière d’un serial killer a forcément quelque chose d’un dédale pour l’esprit : indices volontaires ou accidentels au long de la piste, déductions psychologiques, profilage, anticipation… Il faut avouer néanmoins que la traque de « Ludwig Wittgenstein », assassin de « Descartes », « Hegel » et quelques autres dans le cadre d’un programme d’ « encadrement » de tueurs en série dénommé « Cesare Lombroso », ça n’arrive pas tous les jours dans la carrière d’un flic. Même si ce flic est une grande flic, « Jake » Jacowicz, séduisante quadra et limier hors pair.

Philip Kerr, l’auteur de « La Trilogie Berlinoise », lue par des millions de lecteurs dans le monde entier, nous emmène cette fois sur un surprenant toboggan logique ou les énoncés du « tractatus logico-philosophicus » du vrai Wittgenstein orchestrent en permanence le rythme du roman. Jeu d’échanges et de défis entre un tueur particulièrement érudit et malin et une enquêtrice tenace, audacieuse et intelligente. Le duel est fascinant, de bout en bout, établissant, comme c’est souvent le cas dans ces chasses au serial, une relation étrange de haine/fascination entre le « gibier » (qui est-ce ?) et le « chasseur » (même question). Une sorte de respect mutuel qui s’instaure dans la violence des échanges, l’obstination à vaincre, comme dans une sorte de partie d’échecs entre deux grands maîtres.

Zombi, Joyce Carol Oates

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 09 Juillet 2011. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Stock

Zombi. Stock La Cosmopolite – 216 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Joyce Carol Oates Edition: Stock

Dans la tête d’un monstre. Dans la tête d’un serial killer. Dans Zombi (déjà sorti en 1997 en France et réédité cette année) il ne s’agit pas de l’un de ces tueurs « cools », à la Patrick Bateman d’American Psycho, ou diablement retors, suprêmement intelligent, comme le cannibale Hannibal Lecter du Silence des agneaux. C’est dans la tête d’un malade mental, au véritable sens du terme, que l’on est invité. Et d’un pauvre gars, il faut bien le dire.

Pour écrire Zombi, plongée à la première personne dans quelques mois de la vie d’un serial killer, Joyce Carol Oates s’est inspiré du cas Jeffrey Dahmer, prénommé ici Quentin, ou Q… P… (Pour prolonger la lecture, ou la préparer, on pourra se reporter au chapitre que consacre Stéphane Bourgoin à Jeffrey Dahmer dans son très réussi Livre Noir des serials killers, paru chez Points).

Quelque temps plus tôt, Quentin a été accusé d’agression sexuelle sur un mineur. Une agression à laquelle ne veulent pas croire ses parents, mais aussi sa grand-mère qui le prend pour le plus parfait des petits-fils.

Mais ils se font berner. Si Quentin s’est fait pincer pour agression sexuelle, le lecteur soupçonne qu’il a commis bien plus grave, mais surtout qu’il envisage de faire bien plus grave. Car une idée lui est venue.