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Cette semaine

Histoire de la Princesse Boudour, un conte des Mille et Une Nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 19 Août 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Zulma, Contes

Histoire de la Princesse Boudour, un conte des Mille et Une Nuits, trad. J. C. Mardrus, 176 p., juin 2026, éd. Zulma, 9,95€

 

Chaque nuit, Schahrazade, la célèbre conteuse, en appelle à sa mémoire afin d’éviter de se faire décapiter par son époux, le sultan Shahriar, qui fait assassiner chaque nouvelle compagne, sous prétexte d’avoir été trompé. C’est par l’éloquence de ces histoires durant mille et une nuits que la grande fabuliste va mettre fin à ces tueries (ici, cette histoire de la Princesse Boudour est située entre la 170ème et la 236ème nuit).

Dans l’histoire-cadre des Mille et Une Nuits, Schahrazade tente de différer le plus possible sa fin imminente. Ainsi, elle déplace sans cesse l’horizon des aventures extraordinaires qui mettent en marche un nouveau conte ; ici, avec l’intercalation du monde des éfrits, à la fois djinns et anges, créatures spirituelles faites de feu. Certains éfrits sont musulmans, d’autres négatifs car non musulmans. Schahrazade met en miroir le destin de deux jeunes gens rivalisant de beauté physique et égaux par leurs caractères capricieux et leur refus de se marier.

Alexandre Dumas en la Pléiade (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 18 Août 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine, La Pléiade Gallimard

Alexandre Dumas – La Reine Margot – La Dame de Monsoreau (I à III) (tome I) La Dame de Monsoreau (IV à V), Les Quarante-cinq – (tome II) - Editions de Sylvain Ledda – Bibliothèque de La Pléiade – Editions Gallimard – tome I : 1312 p. – 68 euros – tome 2 . Ecrivain(s): Alexandre Dumas Edition: La Pléiade Gallimard

 

« Mort à jamais ? Qui peut le dire ! » Il est difficile de se représenter comme un défunt celui dont la vitalité a stupéfié son siècle, celui dont Michelet écrivait qu’il était l’« une des forces de la Nature » et George Sand qu’il était « le génie de la vie ». Lui-même envisageait de pouvoir charmer la mort : « Elle me sera douce, disait-il, parce que je lui conterai une histoire. »

Album Alexandre DumasJulie Anselmini

Quelle belle manière inspirée d’entrer dans l’œuvre et la vie d’Alexandre Dumas ! Julie Anselmini nous offre une immersion de mots et d’images savantes et savoureuses, reprenant avec finesse ce qui fait le charme incomparable de Dumas, cet art de « conter des histoires », car sa vie et son œuvre sont une myriade d’histoires, que l’Histoire admire. La vie artistique, politique et amoureuse de Dumas est ici saisie avec la même allégresse qui irrigue les romans de l’écrivain que tout séduit et dont la réussite romanesque, est celle d’une légende, d’un monstre, au sens que l’on donnait au XVIe siècle à ce mot : un prodige, un miracle.

Combat toujours perdant, Michel Houellebecq (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Mardi, 18 Août 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Flammarion

Combat toujours perdant, Michel Houellebecq, Flammarion

 

Nous oublions trop souvent qu'avant d'être un célèbre romancier, Michel Houellebecq s'est fait connaître en tant que poète. Ainsi, ses précédents recueils (dont le très beau Configuration du dernier rivage ainsi que La poursuite du bonheur, Renaissance) nous font découvrir une poésie romantique et désabusée souvent érotique. Dans ce dernier recueil, d'un rythme et d'une facture souvent très classique où les vers en alexandrins et les rimes s'entrecroisent pour donner à l'ensemble un style limpide, épris d’harmonie, Michel Houellebecq ne déroge pas à cette règle. L’écrivain reprend ses thèmes favoris : l'amour, l’humour, le sexe, la déchéance de l'homme et bien sûr la mort.

Heureusement, au creux de la plus grande noirceur, l’humour grinçant de l’écrivain n’est jamais loin. Tel en témoigne ce poème sous forme d’annonce immobilière où le cocasse rivalise avec le ridicule de la situation.

Voyage léger, Naomi Mitchison (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 17 Août 2026. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Voyage léger, Naomi Mitchison, traduit de l’anglais par (Écosse) par Maxime Le Dain, illustrations de Caroline Leibel, Callidor, « L’Âge d’or de la fantasy », mars 2026, 272 pages, 20 €

 

Une fois n’est pas coutume, occupons-nous du plumage avant le ramage et célébrons un nom qui apparaît dans les crédits du présent ouvrage : Cyril Terrier. C’est en effet ce monsieur qui est responsable du design graphique de couverture de Voyage léger, et son travail est admirable. À l’heure où le monde de l’édition se demande s’il n’est pas en train de vivre ses dernières heures, aux Éditions Callidor, on a décidé de rendre à l’objet livre toute sa grandeur, toute son élégance : couverture en fort carton avec un léger relief pour tout ce qui est doré, impression sur du papier qui, à mon avis, doit être du quatre-vingts grammes, mais avec un grain particulier, dans une police spécifique plus qu’agréable à la lecture, et, last but not least, décoration des tranches : de magnifiques dragons stylisés en orangé pour la supérieure et la latérale, la phrase qui donne son titre au roman pour l’inférieure. L’amie libraire à qui je l’avais commandé a été émerveillée en le recevant (je la soupçonne d’en avoir commandé depuis d’autres exemplaires…), et une jeune amie, à la fois graphiste et dyslexique, m’a déjà demandé de le lui prêter avec dans ses yeux bleus un éclat d’enfance que je lui connais bien.

Griffes 33 (Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 17 Août 2026. , dans Cette semaine, Les Chroniques, La Une CED

 

Je suis drôle. David Foenkinos. Gallimard, Coll. Blanche. 2026. 192p. 20€

David Foenkinos. Auteur connu. Reconnu. Un petit livre de plus. Court, vite lu. Vite oublié sans doute. Doit ressembler aux autres Foenkinos que j’ai dû lire. Oubliés déjà. C’est agréable. Agréable cette sensation de flottement.  Aucun effort pour le lire. Écrit sans efforts. Un survol sans moteur d’un paysage sans relief. Une balade digestive en forme de sieste. Bienvenue au pays des somnambules. Le Pitch ? Un jeune homme beau et triste se veut drôle. Et vouloir c’est pouvoir. Le volume se termine par le titre. C’est fort, c’est beau. La patte de David est sans doute de voir tout cela de très loin, très vite. Comme si le livre allait commencer ensuite. Mais non, c’est fini. Le style est limpide : des phrases courtes, des propositions courtes. Le lexique est simple, de tous les jours sans être familier.  Du second degré, ou peut-être pas. Peut-être que tous les clins d’œil de David, les piques à sa propre écriture n’en sont pas ; peut-être l’ironie n’est-elle que du cliché…tout est tellement superficiel. Soigneusement, lourdement léger. Presque une grosse nouvelle, sans la précision, ou la chute. Foenkinos délaye au lieu de sabrer, on va très vite mais ça prend du temps. Foenkinos est un maître des paradoxes. Pondre un opuscule par an. Ne rien écrire.