Voici un premier roman dont l’éditeur nous dit qu’il est d’une rare nécessité. On peut être d’accord en précisant qu’il s’agit plus d’une nécessité sociale que littéraire, sans rien enlever à ses qualités ni à la cohérence du projet et de la voix qui l’animent.
Entre narration, confession et rapport administratif, La maladroite est le récit d’une vie d’enfant qui n’était « pas faite pour vivre », qui semblait condamnée avant même que de naître par les histoires qui l’ont précédée, par le nom même qu’elle porte : Diana. Un nom de princesse qui n’était pas vraiment à sa place et qui disparaîtra dans un tunnel.
Ce qui est en effet terrible dans le drame de La maladroite – et qui peut rendre ce récit nécessaire – c’est l’impuissance de celles et ceux que Diana touchent mais qui ne sauront ni ne pourront l’aider, quelle que soit la place qu’ils occupent dans sa vie qui ne cesse de fuir, d’échapper aux autres, soumise à une famille effrayante et si banale. Il y a sans doute beaucoup de petites Diana autour de nous, que nous ne savons voir, que nous ne savons entendre, et que l’on ne sait préserver ni même écarter du danger qui les menace.