Identification

Israël

Dansez sans moi, Zeruya Shalev (par Anne Morin)

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 22 Juin 2026. , dans Israël, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard, En Vitrine, Cette semaine

Dansez sans moi, Zeruya Shalev, Gallimard Du Monde entier, roman traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, 182 p ages, 20,50 € . Ecrivain(s): Zeruya Shalev

 

En l’espace de trente ans, que s’est-il passé ? Que s’est-il réellement passé ? De quelles reprises ce roman de Zeruya Shalev a-t-il fait l’objet ? Incompris ou mal compris lors de sa première publication, trente ans après il fait écho.

Tout se concentre autour d’une femme et de sa fille. Les premières pages ont été écrites, Zeruya Shalev le rappelle, alors qu’elle venait de déposer sa fille à la crèche et que, alors éditrice, elle attendait un écrivain dans un café : « Chose rare, je me suis retrouvée désoeuvrée, à observer les mères retardataires qui se hâtaient, tirant de petits braillards affolés par l’imminence de la séparation. Comme elles m’ont paru épuisées alors que leur journée ne venait que de débuter ! » (p.9)

Relation à la maternité et à l’écriture au regard de l’autre, des autres qui, plus ou moins insensiblement, appuie, s’appuie ou se détourne, situation aussi d’une femme cultivée citant Baudelaire, non sans humour : « Je n’ai ni père, ni mère, ni frère, ni soeur » (p.18), et faisant aussi référence à la précarité de la situation de son pays : « (…) si bien que vous n’aurez plus besoin de construire votre fonds sur du plomb durci. » (p.18), déclare le mari de la narratrice à un marchand.

L’Alephebet – Didier Ben Loulou (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 17 Novembre 2025. , dans Israël, Les Livres, Critiques, La Une Livres

L’Alephebet – Didier Ben Loulou – Arnaud Bizalion Éditeur – 96 p. – 25 euros – 23/09/25. . Ecrivain(s): Didier Ben Loulou

 

« Les lettres, gouttes de semence, deviennent ainsi la trace d’une réalité supérieure. Les écrire, les lire sont une manière de remonter à la source première. Elles véhiculent une énergie divine qui dépasse le simple message. Les photographies ont une façon de poursuivre l’acte créateur de Celui qui a tout créé à partir d’elles. »

 

L’Alephebet est l’alphabet en hébreu, comptant vingt-deux lettres, et selon la tradition kabbalistique, Dieu aurait créé le monde en agençant ces vingt-deux caractères qui composent l’Alephebet. Des lettres carrées  qui vont fonder une langue et plus encore. Ces lettres aux résonances inouïes, au graphisme à aucun autre semblable ; le photographe écrivain les découvre, comme l’on découvre une source miraculeuse, il sait que le temps lui appartient, alors il prend son temps pour les voir, les photographier, les laisser s’imprimer en sa mémoire et dans sa chair.

Seaside, Didier Ben Loulou (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 26 Juin 2025. , dans Israël, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts, La Table Ronde

Seaside de Didier Ben Loulou, éd. La table ronde, 84 p., 2025, 28 € . Ecrivain(s): Didier Ben Loulou Edition: La Table Ronde

 

Les frontières et la mer

Le nouvel ouvrage photographique de Didier Ben Loulou vient de paraître. Photographe franco-israélien, né en 1958 à Paris, auteur de monographies et de livres d’artistes, Didier Ben Loulou expose régulièrement, et ses œuvres font partie de certaines collections publiques. Après des études de photographie et d’histoire de l’art, il s’installe en Israël en 1981 où il fera l’expérience du kibboutz à Ma’agan Michael. Durant les deux Intifada (1991 et 2008), il se consacre comme photographe à Jérusalem, pierre d’angle de son travail. Lauréat de la Villa Médicis hors les murs en 1995, il obtient une bourse du Fiacre (ministère de la Culture) en 1997. Il arpente les lieux méditerranéens, de Marseille à Jaffa, en passant par l’Italie, la Grèce et le Maghreb. L’auteur capte des fragments de paysages, reconstituant des sortes de carnets de voyage. Son avant-dernier livre en 2023 s’intitulait Judée.

Seaside, Didier Ben Loulou (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 13 Juin 2025. , dans Israël, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, La Table Ronde

Seaside – Didier Ben Loulou, La Table Ronde – 84 p. – 28 euros – 08/05/25 . Ecrivain(s): Didier Ben Loulou Edition: La Table Ronde

 

« Voilà longtemps que je chemine aux abords de la Méditerranée et, arpentant la côte israélienne de la frontière de Gaza à celle du Liban, j’ai voulu montrer autre chose que le conflit, la guerre, la souffrance. C’est pourquoi je voudrais que mes images racontent mille histoires, mille consolations, mille beautés : les brûlures jubilatoires du sable, les fleurs folles en bouquets, des amoureuses enlacées, la brume tombant sur les faubourgs de Haïfa, comme abandonnés un jour d’hiver. «

Didier Ben Loulou

« La couleur, clé de chaque tableau. »

Pierre Bonnard – Observations sur la peinture – 25 août 1934 – L’Atelier contemporain

Ce nouveau livre d’images de Didier Ben Loulou, s’ouvre sur cette phrase : Home is where the waves are, il s’agit donc d’habiter le bord de mer, d’habiter la mer, la méditerranée qui baigne Haïfa, et qui aimante le photographe voyageur.

La Ligne, Aharon Appelfeld (par Anne Morin)

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 01 Avril 2025. , dans Israël, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil), En Vitrine, Cette semaine

La Ligne, Aharon Appelfeld, Editions de L’Olivier, mars 2025, trad. hébreu, Valérie Zenatti, 172 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Aharon Appelfeld Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Erwin Ervin, c’est le prénom du personnage principal du livre, et le vrai prénom de l’auteur.

A bord de trains improbables, Erwin emprunte année après année le même circuit.

Quel est son métier, son emploi, sa quête ? Qui sont ses « associés », ses « collaborateurs » qui sont avec lui de loin ? Qui sont ses « concurrents » ? Quelles affaires se trament tout au long de ce parcours, toujours le même, qu’il refait, partant toujours le même jour de l’année ?

Des gares où presque tout a commencé : « C’est dans cette gare reculée que les Allemands nous ont conduits et abandonnés. (…) Mon étrange vie a commencé ce matin-là, et il me semble parfois que tout est figé dans ce matin. La mort comme la résurrection y sont ternes. Personne n’avait exprimé de joie. Tout le monde était pétrifié » (p.16).