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Ecriture

Clore (1), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 09 Novembre 2015. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

« Ce qui inquiète et passionne l’humanité, c’est la naissance et le passage des dieux, des saints et des héros »

Louis Jouvet

2014

 

Un hôtel plongé dans le noir. C’est sans doute une panne. Il y a cependant diverses parties du bâtiment que l’on aperçoit. Une sorte de jardin d’hiver que l’on dirait à l’abandon. La première volée d’un petit escalier étroit. En tout cas, on pourrait imaginer le décor de cette pièce comme celui que j’ai vu dans les années 80 sur la scène du Théâtre de la Ville et qui représentait une piscine sans eau tout à fait envahie par la moisissure et la végétation. Nous sommes peut-être aussi dans un manoir vétuste. Les personnages sont habillés de gris ; chapeaux gris, chaussures grises, pardessus gris. Il y a aussi beaucoup de bagages, des cartons vides. Peut-être est-ce la réunion d’un automobile-club de province ?

Trois poèmes du Montreur d’ombres (partie Bornands), par Clément G. Second

Ecrit par Clément G. Second , le Lundi, 12 Octobre 2015. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

Les diamants engourdis que le sommeil détient

sont des sursis de braise appointée sous la cendre

en deçà des regards consumés de rencontres

que le souffle des nuits ne sait qu’inassouvir

Si parfois des oiseaux ayant vent de lisières

de feu nomadisant vers les replats du ciel

y tracent des bonheurs sans jamais de légende,

une enfance étrangère aux semblants s’en éloigne

sur des sentiers rouleurs de silex et de nombres,

le désir pour monture affamée de lointains,

le dos tourné aux pans de phrases sporadiques

figés dans la splendeur captieuse des matins

Ce qui n’existe plus, ce qui n’existe pas, Jean-Paul Gavard-Perret

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Vendredi, 18 Septembre 2015. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Temps 1

Mots de sables pour recouvrir les traces. Feu follet se centuplant tandis que le corps fiente sa texture. Partir de Cythère en si terre. Kilomètres d’obsolètes proses dans le cortex, image dans le baba. Ruisseau ou colombin c’est selon – suivant la manière d’envisager la mixtion.

Histrion, histrion. Il aurait pu écrire sous un autre nom. Pipelet de Satan Trismégiste aurait fait l’affaire. Ou cyclope idem. Ne s’en est pas privé. Du moins tant que faire se pouvait. Scribe mi-mystificateur en son besoin de fuir mais demeurant fixé.

Les mots qui le nourrissent encore dans le « truisme » se perdent dans ma porcherie en hommage posthume à Pasolini. L’écrivain se voûte toujours – le tout est de savoir sous quel type d’arche.

Les Funérailles du canari (Hommage à Philip Roth)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 08 Septembre 2015. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

Tu as entendu parler des funérailles du canari

Dans ce qui était le Premier arrondissement

Le jour où un cordonnier du coin

A enterré son canari ?

 

Ça se passait en 1920

D1 - Troisième et dernière partie

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 02 Juillet 2015. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

 

Juin est passé. J’ai quitté l’île de Vancouver, Pacifique Nord, et traversé le continent d’ouest en est. En survolant l’Atlantique, je n’ai pas besoin de me pencher vers le hublot pour deviner sous la carlingue l’étendue bombée de l’océan épouser la couleur du ciel et, en son sein, d’autres troupes d’orques. De retour des fjords norvégiens, elles croiseront peut-être la troupe D de Colombie-Britannique au hasard de leur route.

J’ai scruté, durant mon séjour, avec une résignation croissante l’horizon. La troupe D est arrivée comme prévu. Pas Dalva. J’ai voulu imaginer que ses compagnons me chantaient de ne pas être triste, que c’est la vie. La vérité tient toute dans cette banalité, c’est la vie. Tant pis pour ceux qui l’idéalisent. Depuis quand et comment est-elle morte ? On meurt un jour parce qu’il le faut, voilà tout.