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Recensions

Nina Simone, Frédéric Adrian (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 11 Octobre 2021. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Le Mot et le Reste

Nina Simone, Frédéric Adrian, septembre 2021, 240 pages, 20 € Edition: Le Mot et le Reste

 

Eunice Kathleen Waymon est née le 21 février 1933, Nina Simone est née, elle, un après-midi de juin 1954, dans un petit club d’Atlantic City, le Midtown Bar. Entre ces deux dates, la vie de la future Nina Simone va osciller entre musique, très tôt, et prise de conscience du monde dans lequel elle est née.

Sa famille est une famille de musiciens, musiciens amateurs certes mais qui pratiquent différents instruments. On y joue du banjo, de la guitare, de l’harmonica, de la guimbarde, de l’orgue et du piano. « A peine âgée de deux ans et demi, elle sait déjà se hisser sur le tabouret de l’orgue de Saint-Luke et fait l’admiration des paroissiens. Kate (sa mère), prend l’habitude de l’emmener quand elle va prêcher dans une église d’un comté voisin, et Eunice, resplendissante dans ses plus beaux vêtements, joue quelques morceaux en ouverture des cérémonies dès ses quatre ans ». Musicalement la petite fille Eunice présente de sérieuses prédispositions pour la musique en général et le piano en particulier, prédispositions qui seront exploitées grâce à une certaine Miss Mazzy qui prendra Eunice sous son aile quant à son éducation musicale. Et c’est en avril 1951 qu’Eunice se rend au Curtis Institute pour son examen qui doit la consacrer en tant que pianiste classique. Mais elle ne sera pas retenue, attribuant cet échec au racisme…

Minuit à Atlanta, Thomas Mullen (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 11 Octobre 2021. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Rivages/noir

Minuit à Atlanta, Thomas Mullen, mai 2021, trad. anglais US, Pierre Bondil, 496 pages, 23 € Edition: Rivages/noir

Nous sommes en 1956 à Atlanta, au moment du début du mouvement des droits civiques, alors que Rosa Parks a organisé le boycott des bus à Montgomery. Tommy Smith, un ancien policier noir, coéquipier de Lucius Boggs, devenu reporter dans le seul journal noir d’Atlanta, le Daily Times, réveillé par un coup de feu alors qu’il s’était endormi sur sa table de travail, découvre le corps sans vie de son nouveau patron, Arthur Bishop, dans les locaux du quotidien alors que ce dernier travaillait tard le soir. Il fait appel à un de ses anciens collègues, Joe McInnis, pour tenter d’élucider cette mort violente. McInnis est un flic blanc à la tête d’une brigade d’agents noirs et comme tel aussi mal perçu par les blancs que les noirs.

Ce roman se déroule à une période bien particulière de l’histoire des États-Unis, les lois Jim Crow mises en place pour entraver l’exercice des droits constitutionnels des Afro-Américains au lendemain de la guerre de Sécession ont introduit la ségrégation dans les services publics, les lieux de rassemblement et l’interaction entre les gens de couleur – (séparés mais égaux). Cependant que l’arrêt Brown de 1954 déclarant la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques et l’action de Rosa Parks refusant de céder son siège à un Blanc dans un bus public ont commencé à ouvrir quelques brèches dans ce monde inégal.

Un petit geste, Jacqueline Woodson (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 08 Octobre 2021. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse

Un petit geste, Jacqueline Woodson, éditions D’Eux, août 2021, Ill. Earl Bradley Lewis, trad. Christiane Duchesne, 32 pages, 15 €

 

Enfance troublée

Le nouvel album des éditions D’Eux vient de paraître, intitulé Un petit geste, et destiné aux enfants dès l’âge de 5 ans. Ce livre jeunesse grandement imagé, aux dimensions de 23x21 cm et de 32 pages, est adressé au personnel et aux ami(e)s de l’école Haddonfield Friends, une école quaker à Camden, New Jersey. Jacqueline Woodson, l’auteure, née en 1963 à Columbus, Ohio, est une femme de lettres afro-américaine. En 2018, elle reçoit le prix commémoratif Astrid-Lindgren, et en 2020, elle est à nouveau sélectionnée pour le Prix international danois Hans-Christian-Andersen, dont elle avait été finaliste en 2016. Earl Bradley Lewis, artiste afro-américain lui aussi, né en 1956, à Philadelphie, Pennsylvanie, a illustré plus de 70 livres pour enfants. Ayant été honoré de plusieurs prix, en 2003 nombre de ses aquarelles originales ont été acquises par The Kerlan Collection à l’Université de Minnesota.

Le Printemps de Lazare, Julien Burgonde (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 06 Octobre 2021. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Récits, Jacques Flament Editions

Le Printemps de Lazare, Julien Burgonde, mai 2021, 222 pages, 16 € Edition: Jacques Flament Editions

 

Quand la maladie traverse le parcours familial et professionnel d’un cancérologue connu et reconnu, c’est la descente infernale. Il faut apprivoiser ce cancer logé dans le corps, il faut se donner les défenses, et alors, dans cette lutte inégale, les réserves cèdent, les recours s’amenuisent. Viennent les traitements lourds, douloureux. Hormonothérapie, radiothérapie, etc. On les a tant recommandés aux patients, mais ici le cancérologue est devenu le patient. Il faut tout revoir avec d’autres yeux, sentir autrement.

Le pouvoir de ce livre qui scrute et décèle la maladie avec le tact et la précision entomologique est de redonner confiance, en dépit de tout, de la peur de mourir, de celle de voir sa vie amoindrie, celle aussi de ne plus avoir de repère visible, tant les craintes sont venues interrompre le cours vital.

Tenir carnet de sa maladie, c’est pourtant une manière d’éradiquer la peur foncière, c’est aussi faire fi du cancer pour noter au jour le jour les progrès.

Jolies filles, Robert Bryndza (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 04 Octobre 2021. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Belfond

Jolies filles, Robert Bryndza, Belfond Noir, janvier 2021, trad. anglais, Chloé Royer, 408 pages, 19,90 € Edition: Belfond

 

Quelque temps après Noël, la Detective Chief Inspector de la Projects Team, Erika Foster, d’origine slovaque, la reine de la kapustnica, fête ses retrouvailles avec son ami Peterson, un garçon grand et mince à dreadlocks, agent de la Murder Investigation Team, veuf depuis deux ans. Peterson est appelé sur une scène de crime, Erika décide de le suivre. À peine recouverts de leurs combinaisons stériles blanches, ils pénètrent sur la scène de crime pour découvrir au sommet d’une benne à ordures le cadavre d’une jeune femme dénudée en dessous de la taille, affreusement battue, le corps marqué de profondes entailles et l’artère fémorale tranchée. Peterson va confier l’enquête au DCI Hudson, et Foster va se faire remettre à sa place pour être intervenue sur un périmètre de travail qui n’est plus le sien. En outre, elle va devoir se rabattre sur les « mini-mars » qui remplissent la boite à gants de sa voiture pour tenter de faire passer sa frustration parce qu’elle veut cette enquête.