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Les Livres

Le Passeur, Stéphanie Coste (par Catherine Blanche)

Ecrit par Catherine Blanche , le Lundi, 22 Novembre 2021. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Gallimard

Le Passeur, Stéphanie Coste, janvier 2021, 129 pages, 12,50 € Edition: Gallimard

 

En 2007, dans Bilal sur la route des clandestins, le journaliste italien Fabrizio Gatti écrit une odyssée vibrante qui rend compte de ce qu’il a vu et vécu – du Sénégal jusqu’au camp de rétention de Lampedusa, après s’être glissé dans la peau d’un immigré clandestin. Sans prétendre faire œuvre littéraire, il témoigne et c’est bouleversant. Le souvenir de cette lecture me pousse en janvier 2021 à aborder Le Passeur de Stéphanie Coste. Tout de suite, nous sommes au cœur de l’évènement : Sur la côte libyenne, deux arrivages de migrants – Soudanais et Somaliens – cuisent depuis une bonne semaine – entassés dans un entrepôt, dans l’attente d’un embarquement imminent pour la terre promise, l’île de Lampedusa. Mais Seyoum, passeur sans scrupule, ne fera pas charger tant que toute sa marchandise ne sera pas au complet. Or, une troisième « cargaison » d’une soixantaine d’Erythréens se fait languir. Et c’est tout le passé de Seyoum qui va débouler avec ce troisième convoi.

Tombeau de Jorge Luis Borges, Daniel Kay (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 22 Novembre 2021. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Gallimard

Tombeau de Jorge Luis Borges, Daniel Kay, Gallimard, juin 2021, 128 pages, 14 €

 

Poésie savante

Le recueil de Daniel Kay prend un risque inconscient de faire du poème une idée. Mais la poésie est poreuse parfois et laisse s’installer en elle des matières altérantes. Ici, au contraire, cette porosité reste accueillante à la culture savante, culture qui sort tout à fait des sentiers battus de la scolastique. Le poème évoque, représente, fait occurrence de fins et raffinés points d’appui, sans oublier un peu d’ironie, des propos plus légers, restant sans cesse avec ce qu’il y a de haut dans la littérature.

J’aimerais aussi dessiner cet ouvrage d’un schéma en étoile. Tout d’abord au sujet des voies prises par le poème, qui nous relient à nous-mêmes comme dans la position de l’étoile de mer du yoga. De plus, au sens strict de la composition d’un ciel, comme par exemple le ciel de la Voie Lactée. Ainsi, ce Tombeau de Daniel Kay revêt l’aspect d’une étoile supplémentaire au ciel Lacté. On y croise tant de si grandes pléiades : Saint Jérôme, La Bible, Borges, Proust, etc., que l’émerveillement se poursuit dans le livre en une sorte de porte céleste au milieu de tant d’éminences spirituelles.

Les 200 écrivains du Club de La Cause Littéraire

, le Vendredi, 19 Novembre 2021. , dans Les Livres, La Une Livres, En Vitrine

 

Voici les 200 écrivains du Club de La Cause Littéraire. Les 200 ont tous obtenu au moins 9 voix.

 

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William Faulkner 47

Fiodor Dostoievski 45

Franz Kafka 44

Gustave Flaubert 43

Marguerite Yourcenar 42

Honoré de Balzac 41

Victor Hugo 40

Marcel Proust 40

Les Deux Géants, Régis Lejonc, Martin Jarrie (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 19 Novembre 2021. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Les Deux Géants, Régis Lejonc, Martin Jarrie, éditions HongFei, octobre 2021, 44 pages, 18,90 €

 

 

Dans le Cosmos

Ce bel album de format conséquent, 25 cm x 34 cm, relié et intitulé Les Deux Géants, a été réalisé par Régis Lejonc (né en 1967, auteur, récompensé du Prix Sorcières en 2018 et 2020) et Martin Jarrie (né en 1953, illustrateur reconnu internationalement, ayant reçu en 2013 la « Mention » Prix Fiction). Deux étranges figures animées traversent le ciel de jour et de nuit, en un cycle complet, les pieds en bas, les pieds en haut, aux antipodes, la tête dans la stratosphère, sans jamais se rencontrer et sans interruption. Et l’univers en est parfois tout bouleversé ! Le texte a été écrit par Régis Lejonc il y 20 ans, à la manière d’une comptine, d’un poème en prose composé de phrases très courtes. La mise en page soignée, esthétique, confère au conte féérique une grande autonomie.

Dieu veut des dieux, La vie divine, Bertrand Vergely (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 19 Novembre 2021. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Dieu veut des dieux, La vie divine, Bertrand Vergely, éditions Mame, août 2021, 240 pages, 14,90 €

Il n’y a pas de problème de « sens de la vie » pour Bertrand Vergely, car toute vie lui semble avoir les trois « sens » requis : sa direction est de déployer ce qu’elle est ; son cours sensible est d’agir sélectivement sur l’inerte, les autres vivants et sur elle-même ; sa signification est d’obtenir de l’espace un lieu et du temps une durée propres, autonomes, depuis lesquels faire monde dans le monde. Et que la vie humaine soit une existence libre, consciente et rationnelle n’abolit en rien la présence de son sens (ni le sens de sa présence), mais simplement les complique, raffine et nuance un peu. Le non-sens, certes, guette la vie humaine car, son action sur soi s’accompagnant de représentation de soi (la pensée est en l’homme le pouvoir d’agir, surtout par parole, sur ses propres représentations, et la conscience celui de se représenter, surtout par mémoire, sa propre action ; la réflexion est la synthèse heureuse des deux, comme de pouvoir se représenter notre action même sur nos représentations), l’homme a dans sa vie de quoi enrayer, égarer ou différer son sens natif ; mais le non-sens dépend de sa sagesse, et la sagesse est son affaire. Il y a donc un problème spécifiquement humain de « sagesse de la vie », et Vergely veut contribuer à le résoudre, ici en l’arrimant à une vie divine qui doit suffire à l’homme puisqu’elle le fonde. Et c’est l’occasion pour nous d’avoir plaisamment quelques nouvelles de Dieu – qui, si elles n’ont pas à être bonnes, sont belles !