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La Une CED

Good morning ! (par Jeanne Ferron-Veillard)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mardi, 11 Octobre 2022. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles

 

Amis Français d’ici ou d’ailleurs, good morning ! nous allons faire un petit jeu. Imaginez que vous vivez aux États-Unis, par exemple à Mayami. Vous avez un avion à prendre pour des raisons professionnelles, imaginez que vous avez ce type de travail, dématérialisé, vous zoomez du matin au soir, Teams ou Face time selon la marque de votre ordinateur, bref, vous avez un avion à prendre et vous travaillez à distance. Pour la ville de votre déplacement, vous choisissez. Cinq jours sur place, des rendez-vous, des déjeuners au restaurant, une petite sortie culturelle, deux soirées inavouables dans deux bars à la mode, un petit mal aux cheveux le lendemain matin, vous repartez dans l’autre sens, vous rentrez chez vous, rappelez-vous, vous vivez à Mayami. L’aéroport donc, le hall d’arrivée, vous commandez depuis votre téléphone (autant de technologie embarquée que dans une fusée), un Uber, non un Lyft, c’est moins cher. En attendant, vous jouez aux petites voitures sur votre écran, bien sûr tout ça n’est pas gratuit, trente-deux dollars et ça, c’est juste pour rentrer chez vous.

Je ne vois pas l’oiseau, Jean-Pierre Chambon (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 10 Octobre 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie, Al Manar

Je ne vois pas l’oiseau, Jean-Pierre Chambon, éditions Al Manar, ill. Carmelo Zagari, juin 2022, 64 pages, 16 €

 

 

Oiseaux mortels et immortels

Ce recueil de 5 textes de prose de Jean-Pierre Chambon, prend pour sujet les oiseaux. Mais, là, pas de bons sentiments ni autres sucreries mais des tétrapodes de sang, oiseaux qui s’articulent sur la relation humaine, qui enseignent en un sens sur l’homme, sur les sentiments humains, le bien et le mal. Ces oiseaux sont ensemble abstraits et concrets, mortels et immortels. L’on est plus au théâtre que dans la nature, car ces bipèdes manifestent symboliquement leur rapport à l’être humain, sachant que celui-ci s’explique à lui-même en conversant avec le monde du gibier à plume.

Cavafy, Une biographie, Robert Liddell (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Vendredi, 07 Octobre 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Cavafy, Une biographie, Robert Liddell, éditions Héros-Limite, avril 2021, trad. anglais, Eva Antonnikov, 288 pages, 24 €

 

« Reviens souvent me prendre,

sensation bien-aimée, reviens me prendre –

quand la mémoire du corps se réveille,

et qu’un désir ancien tressaille dans le sang »

C. C., Reviens (1922)

 

La biographie de Constantin Cavafy (né en 1863 et mort en 1933, le jour de son anniversaire, d’un cancer de la gorge comme Freud) par Robert Liddell, sortie en anglais en 1974, a enfin été traduite en français par Eva Antonnikov, aux éditions Héros-Limite, en avril 2021.

Une lecture des Considérations morales d'Hannah Arendt (1) (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 05 Octobre 2022. , dans La Une CED, Les Chroniques

Considérations morales, Hannah Arendt, Rivages Poche, 1996, trad. anglais, Marc Ducassou

 

La pensée pour quoi faire ?

Dommage que le titre original, Thinking and Moral Consideration, A Lecture, ait été amputé dans cette traduction de Marc Ducassou, par ailleurs agréable à lire, du mot « pensée ». La pensée est en effet au cœur de cet opuscule dans lequel Arendt rend « hommage à la capacité la plus haute et la moins visible : l’activité de l’esprit », comme l’annonce Mary McCarthy en préface.

Ces quelques pages signées de la journaliste et écrivaine étasunienne, amie fidèle jusqu’à la dernière heure de la philosophe, sont traduites par Nancy Huston. Souvenirs de la première, style de la seconde nous plongent un moment dans l’intimité d’Hannah avant que nous découvrions l’argumentaire de la philosophe Arendt, aussi documenté qu’original, sur la nature et la finalité de la pensée. Les caractéristiques les plus évidentes de la pensée pourraient, au premier abord, la disqualifier. D’une part en effet, Arendt insiste sur le fait que la pensée est hors de l’action.

Le Paradigme de l’art contemporain, Nathalie Heinich (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 04 Octobre 2022. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Essais, Folio (Gallimard)

Le Paradigme de l’art contemporain, Nathalie Heinich, Folio, avril 2022, 480 pages, 9,40 €

 

L’art contemporain pose problème, c’est le moins qu’on puisse dire, et, des Considérations sur l’état des Beaux-Arts (1983 déjà), à la « querelle de l’art contemporain » (titre d’un essai de Marc Jimenez paru en 2005), ce problème a pu se transformer en polémique. La question du goût et du sens à donner à l’art contemporain ne trouve pas de réponse claire, et à la fin d’un documentaire diffusé sur TV5 au début des années 2010, on pouvait entendre un conservateur dire d’un air malicieux que, en gros, il ignorait si l’art contemporain avait un sens, mais que s’il en avait un, ça valait la peine de le découvrir – façon malicieuse de botter en touche et empêcher tout débat.

Nathalie Heinich quant à elle aborde la question d’un point de vue sociologique, puisque telle est sa formation, depuis 1998, et son dernier ouvrage en date relatif à l’art contemporain, Le Paradigme de l’art contemporain, Structures d’une révolution artistique (2014) est aujourd’hui réédité avec un avant-propos inédit.