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Correspondance

Oeuvres complètes et Lettres retrouvées, Raymond Radiguet

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 01 Mai 2013. , dans Correspondance, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Théâtre, Editions Omnibus

Œuvres complètes, édition établie par Chloé Radiguet et Julien Cendres, 883 p., 25 €, et Lettres retrouvées, édition établie par Chloé Radiguet et Julien Cendres, 445 p., 21 € . Ecrivain(s): Raymond Radiguet Edition: Editions Omnibus

 

L’œuvre éblouie d’un météore : Raymond Radiguet

 

Œuvres non complètes, à l’annotation redondante, parfois inutile, parfois hasardeuse, ce qui étonne de Julien Cendres. Je ne reviendrai pas là-dessus. Cela a été démontré suffisamment et avec suffisamment de brio par Jean-Jacques Lefrère dans La Quinzaine littéraire (voir « Radiguet de plus en plus complet », La Quinzaine littéraire, n° 1070, 16-31 octobre 2012, p. 12-14).

La profusion des annotations rend un manque dont pâtit cette édition encore plus cuisant : celui d’un index, indispensable pour une édition de cette ampleur (et surtout, du reste, pour ce qui est du volume de la correspondance).

Mais l’essentiel se situe ailleurs.

Correspondance 1946-1954 Saint John Perse, Calouste Gulbenkian

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 17 Avril 2013. , dans Correspondance, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

Correspondance, 1946-1954, Saint-John Perse, Calouste Gulbenkian, Gallimard, 333 pages, 22 € . Ecrivain(s): Saint John Perse Edition: Gallimard

 

 

Une étonnante correspondance nous est livrée ici entre Saint-John Perse (Alexis Leger), le poète diplomate, et Calouste Gulbenkian, l’homme d’affaires, d’origine arménienne, le mécène fortuné qui constitua une collection de peinture reconnue mondialement et aujourd’hui exposée à Lisbonne. Cette édition a été établie par Vasco Graça Moura, poète, député européen et directeur de la fondation Gulbenkian à Lisbonne.

Ce sont 52 lettres de Saint-John Perse et 37 de Calouste Gulbenkian qui composent cette correspondance. Cet échange a lieu alors que le poète est exilé aux Etats-Unis, après l’armistice qu’il refuse. Les deux hommes, qui se surnomment Douglas, vont aborder des sujets qui auront trait à la situation politique internationale, à l’aménagement du parc des Enclos, propriété que Gulbenkian a acquise, et à leur santé mutuelle, parce que ce sont deux hypocondriaques.

Lettres de 1897 à 1949, Robert Walser

Ecrit par Olivier Bleuez , le Jeudi, 03 Janvier 2013. , dans Correspondance, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Editions Zoe

Lettres de 1897 à 1949, (lettres choisies et présentées par Marion Graf et Peter Utz) trad. Allemand Marion Graf. 28 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Editions Zoe

 

Robert Walser fait partie des écrivains qui ont, à un moment de leur vie, décidé de cesser de publier. Et ce que Robert Walser a publié avant 1933, date à laquelle il s’est à peu près retiré du monde littéraire, est simplement puissant. Romans, poèmes, feuilletons et surtout « proses courtes » avec ce mélange brillant d’originalité dans la langue et de naïveté qui se densifie subtilement, cristallise et donne une beauté extraordinaire. On en trouve de sublimes traces dans ces lettres ; par exemple dans la lettre 25, adressée au poète Christian Morgenstern :

« Comme si, lorsqu’on travaille, la vie et l’art ne se tenaient pas perfidement ensemble aux aguets, comme sur la pointe d’une aiguille ».

Un choix a été fait dans la correspondance disponible. Les six parties du livre résument géographiquement la vie de Robert Walser et chaque partie commence par un texte de Marion Graf permettant une compréhension détaillée des différentes lettres.

Entre père et fils. Lettres de famille, V. S. Naipaul

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 07 Décembre 2012. , dans Correspondance, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset

Entre père et fils. Lettres de famille, traduit de l’anglais Suzanne Mayoux, novembre 2012, 486 p. 22,90 € . Ecrivain(s): V. S. Naipaul Edition: Grasset

 

« L’homme ne s’improvise pas », a dit Ernest Renan ; un grand écrivain certainement encore moins si l’on peut dire. C’est ce que démontre Entre père et fils, le recueil des lettres que V. S. Naipaul a échangées avec son père (et sa sœur aînée) essentiellement entre 1950 et 1953. Ces trois années sont à la fois les dernières de la vie du père et celles qu’a passées à Oxford le futur prix Nobel de littérature. On frémit presque à l’idée que ces lettres, au dire de Naipaul lui-même dans la préface, auraient pu être égarées au cours des multiples déménagements dus aux conditions de vie longtemps précaires des correspondants. C’est que, par la qualité d’écriture, des sentiments et des informations qu’elles présentent, ces lettres complètent d’une manière nécessaire toute l’œuvre de V. S. Naipaul. Ces écrits d’un père qui meurt à moins de cinquante ans et d’un fils qui a autour de vingt ans évacuent les malentendus tenaces et même les détestations que valent à l’écrivain tout à la fois d’indéniables provocations de sa part et le malaise que suscite son regard fermement critique. Ils sont publiés à propos (par son agent littéraire), en fin de carrière, comme une conclusion qui rappelle qu’une promesse a été magnifiquement tenue.

La sagesse du nomade, Bruce Chatwin

Ecrit par Benoit Laureau , le Samedi, 04 Août 2012. , dans Correspondance, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset

La Sagesse du nomade (Under the sun), Lettres éditées par Elisabeth Chatwin et Nicholas Shakespeare, trad. anglais par Jacques Chabert, 537 p. 22 € . Ecrivain(s): Bruce Charles Chatwin Edition: Grasset

Le nomadisme n’est pas un archaïsme

Plus de vingt ans après la mort de l’écrivain Bruce Chatwin, sa femme Elizabeth Chatwin et son biographe anglais Nicholas Shakespeare ont réuni une grande partie de sa correspondance. Des premières lettres écrites à ses parents, à l’âge de 8 ans, du collège Old Hall (Shropshire), à celles dictées à Elizabeth alors qu’il est alité à Homer End, affaibli par le VIH, l’ensemble épistolaire de La Sagesse du nomade révèle l’intimité riche d’un homme généreux et impulsif.

Bruce Chatwin souffre d’une étrange maladie au nom très évocateur de « restlessness » et dont la traduction semble impossible tant ce terme contient de significations dans l’esprit de l’écrivain. Bougeotte pourrait être le terme le plus approprié. Depuis En Patagonie, ses voyages irriguent ses récits et réciproquement ses travaux d’écriture sont de constantes occasions de voyager, « pour vérifier » dit-il. Le collectionneur et marchand d’art John Kasmin dit de lui que son « plus gros problème était où être. Il ne savait jamais où être. C’était toujours ailleurs ». Son seul rejet de l’Angleterre, ce « tombeau vert », où il habite officiellement, le pousse à travailler ailleurs, dans un village du sud de la France, en Espagne, en Grèce ou en Inde…