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10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter, Plantu (par Fanny Guyomard)

Ecrit par Fanny Guyomard , le Mercredi, 09 Janvier 2019. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter, novembre 2018, 192 pages, 18 € . Ecrivain(s): Plantu Edition: Seuil

 

Plantu, connu pour ses dessins qui paraissent dans le quotidien Le Monde, revient en images sur l’actualité de l’année. Mais, prévient-il, « il s’agit d’un livre un peu différent des autres ». En effet, la première partie est dédiée à la question de l’islam en France, « démocratie fragilisée » et perturbée par des « malentendus » depuis les attentats de Charlie Hebdo en 2015. Difficile de parler religion ! Il offre alors un entretien avec un interlocuteur actif dans la lutte pour la tolérance et la réconciliation des religions : le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Sur une cinquantaine de pages, on aborde de nombreux thèmes comme le salafisme en France, le rôle du dessin de presse, la laïcité, le port des signes religieux ou encore le ramadan, le tout rythmé par les dessins de Plantu parus dans depuis 1977, preuve de la permanence du débat.

Plutôt qu’une interview, où le journaliste poserait des questions « neutres », Plantu fait le choix d’une conversation où il fait part de son expérience de dessinateur et donne son avis.

Sylvie Le Bon de Beauvoir, Album Simone de Beauvoir, Gallimard, La Pléiade

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Vendredi, 15 Juin 2018. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Pléiade Gallimard

Simone de Beauvoir Mémoires I et II, Jean-Louis Jeannelle, Éliane Lecarme-Tabone, chronologie Sylvie Le Bon de Beauvoir, 1616 pages, et 1696 pages Edition: La Pléiade Gallimard

Sylvie Le Bon de Beauvoir, Album Simone de Beauvoir, Gallimard, La Pléiade n°57, mai 2018, 248 pages, 198 ill.

 

Celles et ceux qui aiment la paralittérature seront sans doute séduits par l’écriture surannée de Simone de Beauvoir mémorialiste. Dès sa jeunesse elle se veut écrivaine et écrivaine célèbre. Elle étudie, en accumulant des diplômes, les mathématiques et les lettres, et la philosophie dont l’éthique et psychologie. Bref c’est une tête bien faite et bien pleine toujours poussée par son père – déçu de n’avoir pour progéniture qu’une fille à défaut du polytechnicien espéré.

Et ce sera toujours pour l’auteure un problème. Elevée comme un homme, elle restera fascinée par eux tout en les craignant et en trouvant (avant Nelson Algren) son épanouissement dans les amours parallèles. De ce qu’elle nomme elle-même les « amours contingentes » qui furent aussi manière de s’émanciper de la famille ou de l’ordre masculin, Simone De Beauvoir dit peu. Elle reste évasive d’autant que ces amours pour les jeunes filles lui valurent certains déboires.

L’étrange questionnaire, Eric Poindron

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 14 Décembre 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres

L’étrange questionnaire… ou le livre qu’il vous faudra en partie écrire. Ou dessiner, éd. les Venterniers, novembre 2016, 108 pages, 14 € . Ecrivain(s): Eric Poindron

 

 

« 27 – Quels sont les trois écrivains les plus étranges que vous avez lus, et quel est l’écrivain le plus étrange que vous connaissiez ; et pourquoi ?

N.B. Le masque est un loup pour l’homme. Et même – et surtout ! – pour l’écrivain ».

« 25 – Vous vous endormez et passez « de l’autre côté du miroir » que se passe-t-il et que s’y passe-t-il ?

N.B. Toutefois attention, souvenez-vous des mots de Lewis Carroll “Ne soyez pas si pressée de croire tout ce qu’on vous raconte… Si vous vous efforcez de tout croire… vous deviendrez incapable de croire les vérités les plus simples” ».

Championnes, Lorraine Kaltenbach, Clémentine Portier-Kaltenbach

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 16 Août 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion, Histoire

Championnes, octobre 2015, 192 pages, 35 € . Ecrivain(s): Clémentine Portier-Kaltenbach et Lorraine Kaltenbach Edition: Flammarion

 

Des sentiments mêlés. C’est ce que l’on ressent en fermant ce livre attrayant, à la présentation très soignée, révélateur de certains destins trop ignorés, et riche en illustrations recherchées et peu connues.

Premier contact : très favorable. En sept chapitres – « vétérantes » (néologisme hardi auquel on aurait volontiers substitué « pionnières »), femmes du monde, filles du peuple, enfants de la balle, touche-à-tout, discriminées, militantes –, les deux auteurs – ou faut-il dire auteures ? – tressent vingt-neuf biographies, et fixent le processus du long combat mené par les femmes pour affirmer leur légitimité pleine et entière à vivre le sport de compétition, ce domaine si longtemps identifié comme quasi exclusivement « masculin ». Elles rendent ainsi hommage à des athlètes méconnues, aux fortes personnalités, qui ont fait contre vents et marées progresser la bonne course et changer la place et le statut du sexe présumé faible dans un univers pour le moins misogyne.

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, Enrique Quevedo

, le Vendredi, 15 Avril 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Jeunesse, Seuil Jeunesse

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, traduit de l’espagnol par Divina Cabo avril 2016, 40 pages (dès 6 ans), 13,50 € . Ecrivain(s): Enrique Quevedo Edition: Seuil Jeunesse

 

L’album revendique un hommage à Edward Gorey et Maurice Sendak, tous deux illustrateurs américains de renom. L’un et l’autre ont une part dans la rédaction de cet album. Au premier on attribuera l’influence du trait, tout en noir et en finesse. Noir le cadre – dans la nuit, l’heure des monstres et de l’inquiétude qui monte à mesure que s’efface le jour, noir aussi l’humour qu’E. Gorey pratiquait jusqu’au macabre. Il n’est que de se souvenir des célèbres Enfants fichus (1), abécédaire de prénoms d’enfants dont chacun est lié à une mort violente et différente. Le second nous rappelle l’incontournable Max et les maximonstres (2), traduction du titre originel Were the wild things are, publié en 1964.

Les deux influences se trouvent ici réunies sous la plume talentueuse de Enrique Quevedo pour un album dont l’originalité tient à ce que les monstres cette fois ont droit à la parole et à leurs propres peurs des petits humains !