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Explorateurs, qui êtes-vous ?, Didier Bazy, Alessandro Ferraro

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 04 Mai 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Voyages

Explorateurs, qui êtes-vous ?, éd. Bulles de savon, janvier 2016, album pour la jeunesse, 42 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Didier Bazy, Alessandro Ferraro 

 

Tout savoir de quelques grands explorateurs ; simple comme un clic en Google. Et voilà que s’affichent les pages, certes tristounettes, d’un bon Wikipédia des familles ; 1 – les origines ; 2 – les voyages, et le toutim. Pratique comme génération Internet.

Alors pourquoi des auteurs, des illustrateurs et des éditeurs un brin inconscients, en viennent-ils à accoucher (peut-être même dans la douleur) d’un grand album, comme celui-ci ?

Parce que sans doute, pour un gamin (et ses parents, et ses enseignants) lire, c’est rêver en même temps, et que, ma foi, on n’a pas trouvé mieux, pour ça, jusqu’à présent, que le bruit des pages qu’on tourne, avec leur odeur, leur si particulière lumière, leur saveur. Car, un livre se goûte, se déguste, après qu’il ait été mitonné dans de mystérieuses cuisines…

Or celui-ci est vraiment bel et bon. Un trois étoiles de livre.

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, Enrique Quevedo

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Vendredi, 15 Avril 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Jeunesse, Seuil Jeunesse

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, traduit de l’espagnol par Divina Cabo avril 2016, 40 pages (dès 6 ans), 13,50 € . Ecrivain(s): Enrique Quevedo Edition: Seuil Jeunesse

 

L’album revendique un hommage à Edward Gorey et Maurice Sendak, tous deux illustrateurs américains de renom. L’un et l’autre ont une part dans la rédaction de cet album. Au premier on attribuera l’influence du trait, tout en noir et en finesse. Noir le cadre – dans la nuit, l’heure des monstres et de l’inquiétude qui monte à mesure que s’efface le jour, noir aussi l’humour qu’E. Gorey pratiquait jusqu’au macabre. Il n’est que de se souvenir des célèbres Enfants fichus (1), abécédaire de prénoms d’enfants dont chacun est lié à une mort violente et différente. Le second nous rappelle l’incontournable Max et les maximonstres (2), traduction du titre originel Were the wild things are, publié en 1964.

Les deux influences se trouvent ici réunies sous la plume talentueuse de Enrique Quevedo pour un album dont l’originalité tient à ce que les monstres cette fois ont droit à la parole et à leurs propres peurs des petits humains !

Bienvenue à Calais, Les raisons de la colère, Marie-Françoise Colombani, Damien Roudeau

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 22 Mars 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Actes Sud, Bandes Dessinées

Bienvenue à Calais, Les raisons de la colère, février 2016, 56 pages, 4,90 € . Ecrivain(s): Marie-Françoise Colombani, Damien Roudeau Edition: Actes Sud

 

Un petit format, des textes et des croquis sur le vif, 56 pages et il pèse des tonnes ce carnet, des tonnes de gâchis, des tonnes d’espoir, des tonnes d’injustice et d’absurdité, un peu de rêve, beaucoup de désillusions. Des élans aussi, nombreux, de la bonté, de la solidarité, pour porter tout ça, pour sécher la boue et les larmes, adoucir un peu la cruauté, mais pas la cacher non, bien au contraire, et c’est la raison d’être de ce livre dont les bénéfices et droits d’auteurs seront reversés à l’Association l’Auberge des migrants* : montrer sans fard, exposer « les raisons de la colère », refuser la honte, dénoncer l’intolérable, sortir des chiffres et des termes génériques : migrants, réfugiés, ou le moins connu « dublinés » qui pousse de nombreuses personnes à brûler ou mutiler l’extrémité de leurs doigts pour effacer leurs empreintes, pour mettre des noms sur des visages, des personnes, des parents, des enfants, des adolescents, des jeunes étudiants, des boulangers, des avocats, des profs, des commerçants… Et raconter quelques éclats de vie, qui trop souvent sont des morts absurdes, atroces… Impardonnables.

Zaï Zaï Zaï Zaï, un road movie de Fabcaro

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 18 Janvier 2016. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bandes Dessinées

Zaï Zaï Zaï Zaï un Road-Movie de Fabcaro, éd. 6 pieds sous terre, janvier 2016, 72 pages, 13 € . Ecrivain(s): Fabcaro

 

Allons bon ! Voilà que l’on se met à causer Bande dessinée sur La Cause. BD. Une BD qui plus est dans le registre comique. Bidonnant même. Qui plus est, comme si cela ne suffisait pas à discréditer le rédacteur et le comité de rédaction, une BD écrite et dessinée par un auteur. « Comment ça un auteur ? » pourraient être tentés de répliquer les amateurs de littérature « sérieuse ». Pardon de Littérature. Bon un auteur de BD, c’est vrai. Mais pas sûr que ça arrange les choses… Même si la génération Pilote (matin, quel journal !) a depuis longtemps gagné toute la respectabilité souhaitable (souhaitable ?) en certains lieux, tel qu’Angoulême, la BD reste un art ou un genre que seuls les « grands enfants » prennent au sérieux, non ? Mais revenons à l’œuvre…

Zaï (4 fois)… Que dire d’un titre pareil ? On dirait un refrain de variété des années soixante ! Non, sérieusement, c’est quoi ce truc ?

Wake up America, Tome 2, 1960-1963, John Lewis, Andrew Aydin, Nate Powell

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 16 Octobre 2015. , dans Albums, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA

Wake up America, Tome 2, 1960-1963, éd. Rue de Sèvres, mai 2015, trad. (USA) Alex Nicolavitch, 192 pages, 14 € . Ecrivain(s): John Lewis, Andrew Aydin, Nate Powell

 

Récit de la vie et du combat de John Lewis, infatigable défenseur des droits civiques et de la liberté, Wake up America est le second tome d’une trilogie, illustrée par Nate Powell, scénarisé par Andrew Aydin et John Lewis. Il fait suite au tome 1 dont la période englobait de 1940-1960 et montrait le début des sit-in et des actions non-violentes.

Wake up America, c’est aussi le cri de ralliement de John Lewis dans la marche en avant vers la liberté et l’égalité et contre la discrimination raciale, comme l’était juste, après lui, celui de Martin Luther King : I have a dream.

« Nous marchons en ce jour pour des emplois et pour la liberté mais il n’y a pas de quoi être fiers : des centaines de milliers de nos frères ne sont pas là. Ils n’avaient pas d’argent pour le transport car ils reçoivent des salaires de misère et parfois pas de salaire du tout ».