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The Rolling Stones Rock and Roll Circus, Édouard Graham (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian 15.04.21 dans La Une Livres, Critiques, Arts, Les Livres, Essais, Le Mot et le Reste

The Rolling Stones Rock and Roll Circus, Édouard Graham, janvier 2021, 173 pages, 17 €

Edition: Le Mot et le Reste

The Rolling Stones Rock and Roll Circus, Édouard Graham (par Guy Donikian)

 

Il y a tout d’abord la photo de couverture, qui tient toute la couverture dont une partie de la quatrième. Ce sont les Stones, déguisés dirait-on, entourés de John Lennon, Yoko Ono, Eric Clapton, Marianne Faithfull… Cette photo date de décembre 1968 et montre une partie de celles et ceux qui participeront à ce drôle de cirque, qui va mêler musique rock et cirque sur une idée de Mick Jagger.

L’auteur consacre donc son livre à cet épisode de l’histoire du rock qui aboutira à deux jours de répétition et de scènes filmés, dans le but d’en proposer à la télévision le résultat filmé, pour promouvoir la sortie de l’album Beggars Banquet. L’idée est de réunir ce qu’il y a alors de plus traditionnel en matière de spectacle, le cirque, et de plus novateur, le rock.

Plusieurs pages sont consacrées au contexte qui précède ces deux jours de tournage en studio où l’on dressera un chapiteau. En Angleterre, les émissions de télé sont nombreuses qui sont consacrées aux musiciens de rock, et qui rencontrent un fervent public, les « sixties » étant cette période très féconde qui verra éclore des groupes aussi importants que les Beatles, les Stones, les Who, les Yardbirds, pour ne citer que les plus importants.

Et ce spectacle va alterner les numéros de cirque et les performances de groupes de rock. Il y a, à cette époque, un « air de cirque » comme le précise l’auteur. Qu’on se souvienne de la photo de Sergent Pepper, de celle de Strange Days des Doors. Cet air de cirque va investir la pop musique et le rock, et les albums des Stones ne feront pas exception avec, par exemple, le boniment d’un Monsieur Loyal qui ouvre le titre. C’est donc logiquement que Mick Jagger aura cette idée du mélange de numéros de cirque (au demeurant très désuets) et de performances de rock filmées sur scène.

Le chapiteau monté dans les studios de Wembley, le public convoqué dans les gradins (quelques dizaines de privilégiés), le show peut commencer. Mick Jagger est Mr. Loyal, qui annonce les numéros de cirque et la prestation de musiciens invités tels que John Lennon, Yoko Ono, Eric Clapton, Marianne Faithfull, Les Who, Tal Mahal. Pour l’occasion, John Lennon a créé un « super groupe », avec entre autres Eric Clapton. Et c’est Jethro Tull qui ouvre le bal, groupe encore peu connu avec Ian Anderson au chant et à la flûte traversière. Leur présence scénique sera remarquée, tout comme celle des Who dont les Stones eux-mêmes diront le plus grand bien. Tout se déroule non pas de façon millimétrée, mais dans un chaos que rendent possible les longues pauses entre les différentes prises.

L’auteur détaille pour chaque groupe les conditions dans lesquelles les prises ont lieu, la qualité de la présence scénique et celle de la musique elle-même. On a ainsi un compte-rendu précis des différentes scènes, et Taj Mahal et les Who semblent avoir retenu l’attention. Ce qui n’a d’ailleurs pas échappé à Keith Richards et Mick Jagger, plutôt mécontents de leur show, même si Jagger a, du point de vue scénique, su donner le meilleur sur Sympathy for the Devil. L’auteur souligne que Brian Jones, présent, n’a pas « assuré », il devait quitter le groupe peu après. C’est, ajoute-t-il, l’une des raisons d’une interprétation parfois moyenne des titres. Le film ne sortira qu’en 2004, puis en 2019. Jagger en a refusé la sortie, au motif que les Who avaient produit les meilleurs moments de ce Rock’n’Roll Circus.

Édouard Graham nous conduit dans les coulisses de ce Rolling Stones Rock and Roll Circus avec précision, et relate avec bonheur l’état d’esprit d’une époque, avec ces journées des 11 et 12 décembre 1968.

 

Guy Donikian

 

Édouard Graham est chercheur en littérature, et l’auteur de Passages d’encre (Gallimard), Guillaume Apollinaire au centre des avant-gardes (Fata Morgana), Joni Mitchell Songs are like tattoos (Le Mot et le reste).

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