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La Styx Croisières Cie (II) Février 2019 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host le 25.03.19 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

La Styx Croisières Cie (II) Février 2019 (par Michel Host)

« Père Ubu : Eh bien, capitaine, avez-vous bien dîné ?

Capitaine Bordure : Fort bien, monsieur, sauf la merdre.

Père Ubu : Eh ! La merdre n’était pas mauvaise.

Mère Ubu : Chacun son goût.

Père Ubu : Capitaine Bordure, je suis disposé à vous faire duc de Lituanie.

Capitaine Bordure : Comment, je vous croyais fort gueux, Père Ubu.

Père Ubu : Dans quelques jours, si vous voulez, je règne en Pologne.

Capitaine Bordure : Vous allez tuer Venceslas ? »

Père Ubu : Il n’est pas bête, ce bougre, il a deviné »

 

Alfred Jarry, Ubu Roi, Acte I, Sc. IV

Jules de Montalenvers de Phrysac : noté dans le Livre de mes Mémoires

Lµ-1. On ne sait trop qu’admirer dans cette brève séquence ubuesque : de la finesse des goûts culinaires des protagonistes masculins, de la prudente réserve de la Mère Ubu dans l’art de diverger, de l’acceptation tranquille des perspectives criminelles, de la prodigalité ennoblissante du Père Ubu, lui-même roturier parvenu aux limites de l’enflure sociale (*), de la double perspicacité du Capitaine Bordure et du Père Ubu.

(*) À ce propos, il n’est pas interdit d’imaginer qu’un autre Père Ubu agit aujourd’hui dans l’ombre pour anoblir une quantité époustouflante de journalistes, reporters, commentateurs et histrions de tout poil… Ce ne sont que des Jean-Paul de La Lèchefrite, des Caroline des Petites-Maisons, nobles de vieille souche récupérant la particule pour quelques-uns, c’est probable, nobles d’opérette dans leur majorité pour les autres, l’un des premiers d’entre eux s’étant, il n’y a pas tant d’années, auto-anobli sous le nom de Poivre d’Arvor.

 

µ-2. M. Yascha Mounk, politologue et professeur à Harvard : « le libéralisme et la démocratie sont aujourd’hui entrés en conflit. Il s’alarme également d’une tendance des peuples à devenir de plus en plus antilibéraux » (Cf. Le M., 31/I/2019). Quoique n’ayant jamais enseigné à Harvard, je suis, et depuis des années maintenant, en accord avec le professeur Mounk. À ceci près néanmoins que je modifierais sa formulation : les « libéraux », ploutocrates, gangsters et affairistes qui nous gouvernent expriment leur animosité violente contre les peuples, coupables à leurs yeux de ne pas savoir manier l’argent, de troubler leurs digestions par leurs plaintes et leurs cris incessants. Eux et non pas l’inverse. Aujourd’hui, pour le démontrer, 12ème samedi (02/02/2019) de combat entre la police déléguée par les ploutocrates à la répression contre Les Gilets Jaunes, à Paris et à Valence (Drôme). Cela n’est pas fini : en bon macronien, je m’en réjouis et en même temps ne m’en réjouis pas.

µ-3. L’empereur Minus, dans son penchant irrépressible pour les sarcasmes en tout genre, aurait trouvé le sobriquet à réserver au type humain anormal qu’il voit dans le Gilet Jaune : selon lui, ce qui lui va comme un gant de chantier, c’est « Jojo ». On n’est pas plus délicat ni attentionné.

 

Lµ-4. Excellente critique du roman de Bayon, Ictus, par Claro (le M. des L., 1er février 2019). Néanmoins, pour fin, intelligent et affûté que soit le critique, son commentaire tiendra mal devant la citation qu’il vient étayer, éclairer… Ainsi, de Bayon, entérinant de façon obsessionnelle et dépressive une puissante négativité : « De notre plus petite enfance, près de mon grand frère glouton endiablé de vie, j’ai eu horreur du soleil, de l’enjouement, du sapin, de la plage, de la crèche, des cadeaux (…) me rappelant inexorablement mon intérêt terrible, essentiel, pour la joie convenue, pour tout ou presque. Et parce que ce “frère glouton” a mis fin à ses jours, parce que la mort s’est invitée plus d’une fois dans la vie et le corps de l’auteur, sans doute celui-ci s’interdit-il tout débordement qui le mettrait un peu trop en contact avec la peau sensible du monde. D’où son divorce consommé avec ce qu’il a écrit ».

Étonnante déclaration qui fait remonter à l’enfance le goût suri de la mort, son parfum douceâtre. Qui expose le néant établi de toujours au centre du vivant, qui rend l’œuvre même lointaine, étrangère et insipide. Si j’ai relevé cette déclaration c’est, sans doute possible, qu’elle me concerne et m’attaque de plein fouet à de nombreux moments, encore que je n’aie à ce jour envisagé aucun divorce.

 

µ-5. Le 9 février. XIIIe samedi de confrontation entre les Gilets jaunes et le gouvernement français, représenté par la maréchaussée usée par ces semaines sans fins de semaine (ou week-ends) en famille, au repos. Ils ont la peau dure, ces manifestants qui refusent de se résigner aux salaires de misère, à la précarité, au chômage, à tous ces bonheurs dont les gratifie une France qui se vend au plus offrant, une Europe qui les enterre au lieu de les protéger. Plus de 8.000 Gilets Jaunes, en deux mois et demi de manifestations hebdomadaires, sont passés dans les commissariats, certains n’en sont sortis que dans l’attente d’un procès, d’autres n’en sont pas sortis. Cette France d’antan, celle qui n’a jamais appris le maniement de l’argent, est la cible même du gouvernement, lequel n’a cessé, suivi par la presque totalité des médias, de les condamner, les assimilant aux casseurs en tous genres (anarchistes de gauche, anarchistes de droite et renforts venus d’Allemagne) afin de les perdre dans l’opinion. On n’arrête que très peu de casseurs tant ils sont utiles à la propagande étatique. La moitié des Français, quoique fatigués eux aussi et conscients des dommages causés au commerce petit et moyen les soutiennent encore, tout en souhaitant un renouvellement des actions de résistance. La dernière reprise de ce combat aura lieu au printemps, quand on verra, grand débat ou non, que les macroniens n’ont rien de consistant à proposer aux Jojos, aux parias de cette société, sinon le vent de leurs paroles et le pet foireux de la temporisation. Les affaires judiciaires en cours, la violence de mœurs poussée sous le tapis nous font entrer de plain-pied dans le club chic des républiques bananières.

 

µ-6. Ô bienheureux amis de l’islam, âmes pures et iréniques qui imaginez que « la » religion, lestée de sa lourde tare islamiste, va se ranger aux accents de la raison, se mettre au pas d’une laïcité intolérable à leur culture et à leur croyance, je vais encore, et j’en suis désolé, vous agacer, troubler votre tranquillité et vos certitudes. Oui, j’en suis grandement, sincèrement désolé. Nous attendons en retenant notre souffle (notre gouvernement itou) les 130 ou 150 djihadistes, des femmes en majorité et leurs enfants, de retour de Syrie et d’Irak où ils/elles avaient cru devoir rejoindre les partisans et troupes de l’EI (État islamique) aujourd’hui militairement vaincues. Ces dames voient déjà leur retour accepté par l’inconsciente conscience française majoritaire, celle des Jivaro-progressistes en premier lieu, qui n’ont pas encore pu concevoir qu’elles sont parties avec leurs enfants vers l’orient lointain par haine de la civilisation française, celle-là même qu’ils prônent sans jamais la mettre en œuvre. Elles sont « françaises » dit-on. A-t-on les lunettes qu’il faut pour envisager leur situation ? Selon moi et quelques autres, elles sont des traîtresses entrées en guerre contre leur propre pays, en intelligence avec l’ennemi qui, rappelons-le, n’a fait que répandre la mort parmi les civils français désarmés : de Mohamed Merah qui loge ses balles dans la tête de jeunes enfants avec l’approbation enthousiaste de sa sœur aînée, aux assassinés du Bataclan, des fusillés à bout portant de l’hebdomadaire Charly Hebdo aux écrabouillés de la Promenade des Anglais à Nice, des victimes juives quotidiennes, et, tout récemment, des morts et blessés de Strasbourg sous les balles d’un tranquille musulman qui n’avait jusqu’ici été remarqué que pour sa piété… Est-ce assez de morts dans une guerre qui ne dit pas son nom, que vous ne nommez jamais, mesdames et messieurs les Jivaro-progressistes. Pas même besoin d’être lepéniste pour se laisser aller à un tel blasphème ! Comment des musulmans pourraient-ils être devenus nos ennemis mortels ! Les dames dont je viens de vous parler, au-delà d’une identité de papiers, sont de la cohorte des traîtres à la nation. Il est vrai que dans votre stupidité profonde vous ne concevez de nation qu’en termes de nationalisme. Vous ne pouvez plus rien avaler. Vos tripes se tordent dans votre ventre. Vous vous bouchez les oreilles. Non, « la » religion ne peut être méchante à ce point, se vouloir notre ennemie quand nous lui vouons respect et adoration après avoir jeté aux ordures idéologiques mille-cinq cents ans de civilisation judéo-chrétienne. Mesdames, messieurs, on fusilla, en 1917, des soldats français bretons et alsaciens sur de simples soupçons, eux qui n’avaient jamais tourné leurs armes contre aucun de leurs frères de combat. Ces dames vont donc revenir, nous les jugerons, il n’y aura aucune preuve de leur connivence avec nos ennemis assassins et tortionnaires, elles seront relâchées au bénéfice des doutes, replongées dans la société, prêtes à y répandre leur haine et leur rancœur. Selon moi, c’est du Conseil de guerre qu’elles sont passibles, et d’aucun autre tribunal. Mais quoi, nous les soutiendrons en tant qu’immigrées pourvues d’enfants, nous leur accorderons subventions, aides au logement, assurances diverses… Nous les choierons, les dorloterons, les consolerons, les caresserons tandis qu’elles continueront de nous cracher au visage. Ne sommes-nous pas humains, et même humanistes et universalistes après tout ? Comme les moines et les religieuses des temps anciens, nous croyons à la rédemption du pécheur, aux miracles en somme. Nous ménagerons la chèvre et le chou jusqu’à la fin des temps, notre fin.

Mon conseil ne peut changer : lisons le Coran.

 

µ-7. Pour exemple et pour preuve. Quelques faits. La demoiselle (Shamima Begum) avait quinze ans lorsque, venue de l’Est londonien, elle rejoignit en Syrie son amoureux, converti, devenu membre de l’EI. Il lui fit aussitôt des enfants et, depuis, a disparu. Certains des enfants seraient morts. Elle réclame aujourd’hui la compassion : « Je pense que les gens devraient avoir de la compassion pour moi, pour tout ce que j’ai vécu. Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais quand je suis partie ». Elle n’exprime aucun regret, disant « nous » quand elle parle de l’EI : « Quand nous avons perdu Rakka, nous avons dû bouger sans cesse ». « Je ne regrette pas, car cela m’a changée en tant que personne, cela m’a rendue plus forte, plus dure ». Changée ? En pire ou en mieux ? Au Royaume-Uni, si peuvent rentrer ceux qui n’ont qu’une nationalité, les binationaux sont déjà une centaine à avoir été déchus de leur nationalité britannique (Le M, 20-II-2019. De Philippe Bernard, Correspondant à Londres).

 

µ-8. Ligue du LOL (angl. « laughing out loud » = rire aux éclats… à mourir de rire). Apparue à la fin des années 2000 dans les Écoles de Journalisme, celle de Lille notamment, cette « ligue » est un rassemblement d’apprentis journalistes, plutôt issus de milieux favorisés, dont le principal divertissement consistait à conspuer et insulter leurs collègues féminines (des rivales quant à la carrière), à les calomnier, les cyber-harceler sur la plate-forme Twitter, ainsi que quelques collègues masculins. On s’en prenait aussi aux homosexuels, au physique des personnes… Certains se sont excusés de leurs plaisanteries calomnieuses. Ces jeunes gens, tous « arrivés » depuis, installés dans les organes de la gauche patentés (Libé, les Inrockuptibles, Télérama…) sont parfaitement connus et inconnus à la fois. Leur seule compétence : la calomnie. Ne citons que Vincent Glad, le fondateur de ce groupement entre stupide, odieux et superflu. Ils ne sont rien que le reflet trouble de l’imbécillité de ce temps, ils ne laissent rien, tous sont des médiocres, ils sont l’inutilité même.

 

µ-9. Déclarations :

– Pierre Perret : « Ils [mes parents] auraient été des gilets jaunes (Gilets jaunes, cf. La Styx Croisière I, janvier 2019, µ-2). Ils travaillaient quinze heures par jour. Ils sont partis une seule fois en vacances dans leur vie, quinze jours à la mer. Au Café du Pont, je n’ai connu que des gilets jaunes. Le 15 du mois, c’était fini pour eux. Ils n’avaient plus rien à mettre dans la marmite. Ils tondaient les gosses pleins de poux pour ne pas payer le coiffeur. La misère a beaucoup de patience » (Le M., 17-18-II-2019).

Commentaire. On imagine que ceux qui vilipendent les Gilets jaunes n’en ont rencontré aucun. Quant à M. Macron, le 1er novembre 2018, en dépit de ses quarante ans, il en ignorait jusqu’à l’existence.

– Jean-Pierre Chevènement : « cette démocratie corsetée éloigne le citoyen du politique… ». « Cette défiance populaire à l’égard des politiques vient aussi du fait qu’on a refusé de voir le gigantesque transfert de compétences vers des instances non élues et qui n’ont de comptes à rendre à personne » (Le M. mêmes jours).

– Moi : M. Tarik Ramadan, prêcheur salafiste déguisé en intellectuel à l’européenne, pourrisseur des esprits, enseignant destitué en Angleterre et en Suisse, suspecté de viols de femmes et non encore jugé, ne paraît plus sur les petits écrans ni dans la presse. Il ne manque à personne. Il ne me manque pas non plus. Inch Allah ! Si Dieu le veut on ne l’entendra plus.

– Zineb El Rhazoui (d’origine marocaine, ex de Charlie-Hebdo, vit sous protection policière constante depuis 4 ans) : « Il faut que l’islam se soumette à la critique ! Qu’il se soumette à l’humour ! Qu’il se soumette aux lois de la république ! Qu’il se soumette au droit français ! On ne peut pas venir à bout de cette idéologie en disant aux gens : L’islam est une religion de paix et d’amour et c’est juste le terrorisme qui est mal. Le voile fait partie du package idéologique qui mène au terrorisme. Ce que l’on appelle l’islamisme n’est qu’une stricte application de l’islam, une idéologie qui enseigne la haine de l’autre et qui consacre l’infériorité des femmes et celle des non-musulmans. Lorsque je suis assise devant un imam, il ne me la fait pas. Un courant islamiste voudrait une application stricto sensu de l’islam, et considère que le moindre précepte écrit par des Bédouins dans le désert il y a quinze siècles a valeur de décret constitutionnel en 2019 » (Le M. 14-II-2019).

– Mounir Mahjoubi (secrétaire d’État au numérique) : « Ce que pointent les Gilets Jaunes, c’est l’impérieuse nécessité d’une plus grande justice sociale et fiscale ainsi que le besoin irrépressible de participer plus activement au fonctionnement de notre démocratie ».

 

Lµ-10. Définition : « Classique » ne veut pas dire « ancien » ; il désigne ce « qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire » (Italo Calvino, cité par Andrea Marcolongo, auteure de Langue géniale, 9 bonnes raisons d’aimer le grec, Les Belles Lettres, 2018).

 

µ-11. Samedi 25 février. XVe round du combat entre l’État et les Gilets Jaunes. Les faits : ces derniers fatiguent bien qu’ils aient eu de 5000 à 6000 représentants supplémentaires. Il y eut des violences à nouveau. Les populations fatiguent elles aussi. La sympathie n’est plus dominante. La méthode de l’Exécutif semble porter ses fruits qui consiste à imputer violences et destructions aux seuls GJ. Engels n’avait-il pas vu que tout mensonge répété et colporté peu à peu se change en vérité admise par tous ? Les GJ doivent inaugurer d’autres modes de manifestation et se donner des représentants. Certains d’entre eux voudraient se présenter aux élections des députés européens. Vague projet contraire au sens de leur mouvement. Projet voué à l’échec.

 

µ-12. Dernières nouvelles du monde

§. Un antisémitisme virulent (juifs agressés dans les rues, cimetières juifs profanés dans le Bas-Rhin comme récemment à Quatzenheim) se développe actuellement dans ce pays. Il est inspiré par les violences qui s’exercent en Israël (colonisation des terres, répression des assassinats). Cet antisémitisme diffère de celui des années 30 : il est issu d’une alliance idéologique entre musulmans et gauchistes (rappelons qu’en novembre 1947, après le mandat anglais sur la Palestine, l’ONU, dans sa résolution 181, prévoit la création d’un État arabe et d’un État juif indépendants. La partie juive accepte, la Ligue arabe refuse et déclare une guerre qu’elle perdra à Israël). Les Palestiniens et leurs alliés firent le choix de la destruction d’Israël. Peut-on négocier quoi que ce soit avec celui qui n’a pour projet que de vous détruire ?

Néron II a promis des « actes tranchants » : attendons-nous à quelque simulacre formel.

 

§. « Les insectes disparaissent partout sur la planète ». Les oiseaux sont les premiers à en souffrir les conséquences (Le M. 14/II/2019). Usage abusif de pesticides ; sept milliards d’humains épuisent aujourd’hui les ressources naturelles de la planète, dont l’eau si indispensable et précieuse. Quand nous serons dix ou onze milliards d’humains, que se passera-t-il ? Exemple de l’Ouganda : la femme africaine accouche d’une moyenne de 7 enfants dans sa vie ; elle n’est pas éduquée à la contraception. Les Jivaro-progressistes assurent qu’avec le temps les naissances diminueront naturellement tout en sachant mieux que personne que de telles évolutions ne se produisent que sur 5 ou 6 générations. La catastrophe aura donc eu lieu bien avant. La démographie n’est pas un problème selon eux. Jusqu’ici il est avéré que seules certaines espèces animales sont capables de limiter les naissances selon l’espace et la nourriture disponible. Pas les humains qui ne voient, au mieux, que le jour d’après et leur intérêt immédiat.

 

§. Le pape jésuite François en a certainement plus qu’assez des dénonciations de pédophilie contre les prêtres et les évêques de l’Église catholique. Ces actes délictueux s’exercent à l’encontre de jeunes garçons en premier lieu, de fillettes et jeunes filles en moindre nombre. Il en a plus qu’assez, et cela se comprend, des plaintes et cris de plus en plus audibles des victimes aujourd’hui adultes : leur vie a été saccagée, souvent de manière définitive par des hommes dits « de Dieu », ce qui est un comble d’iniquité. Ces hommes s’en sont pris aux plus faibles alors que leur devoir était de les protéger. Une conférence épiscopale organisée à Rome il y a peu résoudra-t-elle le scandale. Je crains que non. Toutes ces calottes rouges sont rentrées chez elles. J’en ai vu une ou deux sur le point de s’endormir lors des débats. Le pape François promet des « mesures concrètes » contre la pédophilie. Nous verrons. Jusqu’ici, les autorités ecclésiastiques ont fait silence et couvert les prêtres coupables. Elles ont nombreuses, sur les cinq continents, à avoir refusé d’entendre les victimes.

Coupables ? Qu’est-ce qu’un acte pédophile commis sur un enfant ? C’est l’effacement de sa joie de vivre, la perte de son innocente liberté et de sa confiance en la vie. Le fait que de tels actes soient souvent le fait de familiers des enfants n’excuse en rien les religieux. L’instillation de la peur et souvent de la honte dans son âme. C’est un crime authentique. Livrer les coupables aux autorités judiciaires civiles (comme l’a proposé le pape) n’est-ce pas se décharger de ses responsabilités ?

Aux dernières nouvelles, le cardinal Theodore McCarrick, de l’épiscopat américain, âgé de 88 ans, n’est plus autorisé à célébrer la messe après cinquante ans de pédophilie et d’agressions contre des adultes (Le M. 19/II/2019). Un premier pas.

La justice australienne va juger une éminence catholique, le cardinal George Pelle qui fut un important responsable des finances vaticanes. Il est aujourd’hui gardé à vue.

On oublie ici les nombreuses atteintes sexuelles et abus de pouvoir dont furent victimes des femmes adultes, des religieuses (certaines, violées, se sont suicidées) de la part de prêtres qui firent vœu de chasteté.

Je me demande constamment comment l’adulte que je suis, athée qui plus est, a de tous temps pensé que l’enfant, fille ou garçon, est un « tabernacle », un être « sacré », que l’on ne peut toucher, quand de hauts responsables catholiques (une minorité, on le suppose et l’espère), hommes de Dieu, théologiens, ne l’ont pu.

 

§. La claveciniste Blandine Verlet, le pianiste et compositeur Alain Kremski sont passés de vie à trépas sans que les médias télévisuels s’en émeuvent outre mesure. Cela n’arrange pas nos affaires (ils étaient nés dans les années 40) ni celles de cette société du matérialisme consumériste. L’une et l’autre, je les ai écoutés avec plaisir.

 

§. Réflexions moroses. Je ne me vois « représenté » par aucun parti politique dans cette prétendue démocratie. Ma conscience s’allège du fait que je n’ai pas voté aux dernières élections présidentielles et législatives, et que ma décision est prise de ne plus voter… Une aberration, je sais… mais dois-je voter pour l’à-peu-près, la demi-mesure, l’imprévision, l’argent-dieu, les ploutocrates convulsifs bornés ? Je m’interroge cependant au sujet des futures élections au parlement européen… Tropisme du vote ! Inoculation d’un vice constitutionnel entendu comme moindre mal. Le « démocrate » qui s’abandonne à sa faiblesse consentie est, en dépit de tout, un grand malade. Il souffre d’une maladie qui le tue sans le faire souffrir. Le malheureux s’imagine donc être en parfaite santé ».

 

Michel Host

 


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A propos du rédacteur

Michel Host

 

(photo Martine Simon)


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Rédacteur. Président d'honneur du magazine.


Michel HOST, agrégé d’espagnol, professeur heureux dans une autre vie, poète, nouvelliste, romancier et traducteur à ses heures.

Enfance difficile, voire complexe, mais n’en a fait ni tout un plat littéraire, ni n’a encore assassiné personne.

Aime les dames, la vitesse, le rugby, les araignées, les chats. A fondé l’Ordre du Mistigri.


Derniers ouvrages parus :


Poème d’Hiroshima, Éd. Rhubarbe, 2005

Figuration de l’Amante, Poème, Éd. de l’Atlantique, 2010

Les Jardins d’Atalante, Poème, Éd. Rhubarbe, 2014

La Ville aux hommes, Poèmes, Éd. Encres vives, 2015

Mémoires du Serpent, roman, Éd. Hermann, 2010

Une vraie jeune fille, nouvelles, Éd. Weyrich, 2015

L’Arbre et le Béton (en collaboration avec Margo Ohayon), Dialogue, Éd.  Rhubarbe, 2016

 

Traductions :

 

Aristophane, Lysistrata ou la grève du sexe (2e éd.-2010),

Aristophane, Ploutos. (Aux éd. Les Mille & Une nuits)

Trente poèmes d’amour de la tradition mozarabe andalouse (XIIe

& XIIIe siècles)- 1ère traduction en français – à L’Escampette (2010)

Jorge Manrique, Stances pour le mort de son père (bilingue)- Éd.

De l’Atlantique (2011)

Federico García Lorca, Romances gitanes (Romancero gitano)  – Éd. Alcyone –

bilingue, 2e éd -  2016

Luis de Góngora, Les 167 Sonnets authentifiés, bilingue, Éd. B. Dumerchez, 2002

Luis de Góngora, La Fable de Polyphème et Galatée, Éd. de l’Escampette, 2005.

En préparation :

Lucien de Samosate, Philosophes à l’encan  /  L. de Góngora, Choix de poèmes  /  Une suite aux Attentions de l’enfance