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Histoire des traductions en langue française, XVe et XVIe siècles

Ecrit par Jean-Jacques Bretou 11.03.16 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Histoire, Verdier

Histoire des traductions en langue française, XVe et XVIe siècles, novembre 2015, sous la direction de Véronique Duché, 1344 pages, 48 €

Edition: Verdier

Histoire des traductions en langue française, XVe et XVIe siècles

 

Ce volume est le troisième d’un ensemble de quatre destinés à couvrir l’histoire des traductions en langue française du XVe siècle à nos jours.

Cette entreprise unique, initiée par Jean-Yves Masson et Yves Chevrel, a pour but de mettre en lumière l’importance que la traduction a pu avoir sur la transmission des savoirs, de la poésie aux mathématiques, en passant par le droit. Elle nous rappelle, par ailleurs, le rôle qu’elle a joué dans l’élaboration et la construction de notre langue française. Enfin, c’est un hommage rendu aux traducteurs, ces passeurs de textes et d’idées, souvent femmes et hommes de l’ombre.

Pour reprendre des notions prisées des historiens, « le terminus ad quo » de ce volume est la création de l’imprimerie en France, soit 1470, bien que le premier ouvrage imprimé en français fût sans doute publié à Lyon en 1469. Quant au « terminus ad quem » qui peut être contestable, il a été fixé à la mort d’Henri IV en 1610. Cette période va se caractériser par la volonté d’imposer le français dans tous les domaines de la vie sociale et intellectuelle.

Au Moyen Âge, il n’était pas rare de trouver certains manuscrits annotés en marge de la mentiongraecum estnon ligitur (c’est du grec, cela ne se lit pas). Il faut attendre la chute de Constantinople puis la naissance du mouvement humaniste en Italie pour que l’on s’intéresse à nouveau au grec. Alors, des hommes comme Pétrarque et Boccace, puis dans d’autres pays Érasme et Budé vont se pencher sur les textes dans leur version originale.

Parallèlement sous l’impulsion du pouvoir royal, particulièrement sous François 1er, va s’imposer l’usage de la langue vernaculaire et la volonté de la création d’une véritable culture en langue française. C’est la grande époque de Du Bellay et de la Défense et illustration de la langue française. Grâce à la translation qui deviendra traduction, la langue française, par un retour à ses sources grecques, latines ou à l’ancien français va s’enrichir. Dans un contexte politique mouvementé, n’oublions pas que nous sommes en pleine Réforme, de grandes discussions autour de la traduction vont avoir lieu, notamment savoir si l’on doit traduire ad verbum (mot à mot) ou ad sensum (selon le sens). Ces débats particulièrement animés accoucheront d’idées essentielles sur le but de la traduction, le rôle du traducteur et son statut. C’est durant cette période, particulièrement riche, que seront publiés le premier ouvrage sur la traduction, Manière de bien traduire d’une langue en l’autre par Etienne Dolet, et Les psaumes de David de Marot et le Plutarque d’Amyot toujours diffusés de nos jours.

Cette œuvre accessible à toute personne intéressée par le monde de la traduction est le résultat de la contribution de 46 personnes. Elle possède un index d’environ six cents noms de traducteurs. C’est le premier ouvrage de cette importance à voir le jour.

 

Jean Jacques Bretou

 


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Jean-Jacques BRETOU est traducteur.