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Carnets d’un fou - XLIX, par Michel Host

Ecrit par Michel Host le 19.04.17 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Carnets d’un fou - XLIX, par Michel Host

« Quand on parle à quelqu’un d’argent, son visage change, et qu’y lit-on ? L’inquiétude. Je l’ai remarqué cent fois. On dirait qu’on touche aux sources mêmes de la vie » (Julien Green, Journal, 10 nov. 1967)

 

#. Menus amuse-gueules ou l’apéritif. Ce février 17 démarre en coup de vent.

§. Le chant du rossignol. La loi anticonstitutionnelle portée par Mme Rossignol, s’opposant à ma liberté de penser et de parler sur une seule question, mais essentielle – principe de vie ou principe de mort ? –, et consistant à ne m’autoriser que la seule approbation de la mort, vient d’être votée par l’immense majorité de nos députés, gauche, centre et droite réunis. On peut, avec eux, être assuré de la lâcheté la plus abjecte, au nom de leur réélection sous le masque du progressisme et de la défense des droits des femmes. Le « texte » est maintenant devant le Sénat, où la même hypocrite démagogie produira les mêmes effets. Il sera entériné, puis adopté par les deux chambres. Pots de chambre ! Chante Rossignol, chante !…

§. Avec l’instauration de ce que les Américains bien-pensants appellent le « muslim ban », il semblerait que M. Donald Trump soit le seul homme politique de ce monde à avoir lu le Coran. Il ne veut plus de 11 septembre ni de rien d’approchant aux États-Unis, mais pour seulement trois mois. Cependant, il n’a pas bien lu, ou pas tout lu de ce sacré bouquin : l’Arabie Saoudite est exclue de sa réprobation, qui est pourtant la fondatrice et le principal soutien financier du terrorisme islamiste. M. Trump, au nom d’intérêts purement financiers, s’assoit sur sa propre prudence et sur la Bible sur laquelle il vient de prêter serment. C’est son money time à lui. Sa parenthèse, son exception. Son Arabie heureuse.

§. Suites photographiques de la victoire de M. Hamon aux « primaires de la gauche ». Les films, les clichés s’accumulent. Partout on voit défiler le triomphateur entre des haies de jeunes gens abusés – On est idiot quand on a dix-sept ans ! (*) – croyant qu’ils vivront désormais sans se fatiguer au travail tout en cultivant leur cannabis quotidien. Les observateurs d’art n’ont pas manqué de souligner le ridicule d’un M. Cambadélis en arbitre de boxe ventru, entre les deux adversaires, soulevant le bras du vainqueur, agrippant le bras crispé du vaincu (Manuel Valls), qui ressemblerait à un manchot s’il ne tenait ses cinq doigts bien ouverts pour, dit-on, indiquer que le prochain championnat aura lieu dans cinq ans ! Ailleurs, c’est M. Hamon, le visage enluminé d’un sourire entre stupide et moqueur, se tortillant, bouffi de vanité enfantine, aux côtés d’un M. Cazeneuve, dernier premier ministre, tout écrasé et recroquevillé dans son canapé, comme chagriné par la surprise et le désagrément d’une situation imprévue et grotesque. M. Hollande, une fois de plus, a délégué l’odieuse corvée. Il n’a jamais été là. Pourquoi s’est-il donc un jour mêlé de politique ? On dit qu’il pense à se reconvertir dans la marine à voile, qu’il préparerait un tour du monde en catamaran et en compagnie de ses maîtresses.

(*) Je l’étais, à cet âge, comme tout le monde. Cependant, en 1956, lorsque les chars et les troupes de l’URSS occupèrent la Hongrie, je défilai en signe de protestation dans les rues de Lille. Un coup de matraque appliqué par un CRS consciencieux m’assomma, m’ôtant pour toujours le goût de me mêler de politique déambulatoire. Je bénis aujourd’hui ce gardien de l’ordre. Mon cœur épris de justice m’aurait fait socialiste : nouveau riche, bobo disgestif, je gèrerais ma petite fortune en toute tranquillité, attendant ma fin et celle de ce monde à vomir. Je n’étais donc pas irrémédiablement idiot, sur mes dix-sept ans.

 

§. M. François Bayrou paraît sur tous les écrans, de brèves minutes durant lesquelles il nous dit des choses fort raisonnables, et qu’il prendra sa décision de soutenir l’un ou l’autre dès qu’il y verra plus clair dans leurs programmes, leurs intentions… Bref, qu’il ne se risque à rien et dans rien, comme d’habitude.

§. M. Alain Finkielkraut (essayiste, professeur honoraire, académicien) vient de donner sa démission de la LICRA, laquelle avec trois autres associations dites antiracistes (*) intente un procès pour « provocation à la haine raciale » à l’historien Georges Bensoussan qui aurait prononcé les mots suivants lors de l’émission Répliques du 10/10/2015 : « Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un autre peuple au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés ». À propos de l’antisémitisme, il aurait ajouté : « … il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, dans la langue… Des parents à leurs enfants… quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Bon. Mais ça, toutes les familles arabes le savent ». Si racisme il y a dans ces positions affrontées, encore faudra-t-il le démontrer. Il s’agit de politique avant tout. À la 17e chambre, la présidente reproche à l’incriminé le « toutes les familles ». M. Bensoussan s’en excuse par « le feu de la conversation », ayant dit aussi : « … l’antisémitisme s’enseigne. Je n’ai pas inventé Mohamed Merah ni les frères Kouachi… ». Rappelons que ces notoires assassins d’enfants juifs et de juifs officiaient il y a peu dans notre doux pays. Pour Alain Finkielkraut, la dénonciation relève d’un « antiracisme dévoyé qui demande [aux juges] de criminaliser une inquiétude, au lieu de combattre ce qui la fonde ». Il a cent fois raison. Tout cela est fidèlement rapporté par Le M de ce 27/01. À ce train de stupidité dénonciatrice, de pensée sous surveillance policière, il va falloir réformer nos lois et règlements selon d’anciennes normes entre staliniennes et nazies, agrandir les locaux de la 17e chambre et augmenter le personnel judiciaire. Il est à noter que Mme Elisabeth Badinter se place du côté de l’accusé : « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession… […] Le déni de réalité est un cancer ». La résistance est réelle, mais il me semble que les islamolâtres, tant au Vatican que dans nos ministères, gagnent du terrain.

(*) À la LICRA se joignent le MRAP, SOS-Racisme et le CCIF (comité contre l’islamophobie en France).

 

§. Un article nécrologique extraordinaire du M. le 1er/02 est consacré à l’avocat pénaliste Thierry Lévy, né le 1er janvier 1945, malheureusement décédé ce 30 janvier. C’est un éloge… c’est un panégyrique… Non, un dithyrambe ! L’avocat ne manquait certes pas de talent, ni de conviction, mais laquelle ? C’est la teneur et le ton de l’article qui surprennent, une page entière lorsqu’un mort plus ordinaire ne demande qu’un tiers de page. Une entrée en matière cornélienne : « …tenace, irréductible furieux, mais joyeux… », mazette, un alexandrin ! Cela vient tout seul, Mme Pascale Robert-Diard fut sans doute une bonne élève. M. Lévy ne supportait pas que l’on emprisonnât les coupables, il ne souhaitait que les défendre lorsque la prison ferme les menaçait, et évitait soigneusement de plaider pour aucune victime : « … un combattant de toutes les formes d’emprisonnement ». Son exceptionnelle biographie, maintenant : « … fils d’une grande famille bourgeoise élevé à Neuilly, qui maîtrisait à 15 ans l’art du baisemain, ce lycéen de Janson-de-Sailly qui rêvait de philosophie… ». Pour Neuilly et l’art du baisemain, je me tords de rire autant que d’admiration. Pour le lycée Janson, à une demi-génération près, lui élève, moi professeur, nous eussions pu faire connaissance. C’eût été une joie de l’entendre me développer ce paradoxe insoutenable, voire scandaleux : « Pour moi, la situation idéale est de défendre l’innocence de quelqu’un que je sais coupable ». Ou encore celui-ci, pur mensonge : « Les victimes ou prétendues telles occupent aujourd’hui la place centrale dans les procès. Souveraines, elles sont l’objet de toutes les sollicitudes et ne pas leur rendre hommage ou pis, oser mettre en doute leur parole, est devenu sacrilège ». J’en conclus que la parole du présumé coupable est la seule digne de confiance et que la plupart des victimes mériteraient de figurer au banc des accusés ! Je m’interroge : qu’eût décidé Maître Lévy s’il avait dû faire son choix de défenseur, lors d’une affaire qui date de quelques mois, entre le bijoutier agressé et volé (la victime) et son agresseur (le coupable présumé), promptement changé en victime quand le bijoutier (devenant le coupable) sortit tout armé dans la rue pour atteindre le fuyard d’une balle dans le dos. Je ne sais si, tous réunis, Maître Lévy, Démosthène et Cicéron pourraient résoudre une telle difficulté en usant de la logique de l’avocat parisien.

§. Les drones, petits et rapides objet volants, se démocratisent, comme naguère le tennis et le golf. On s’en fournit à bas prix dans les magasins de jouets. Ne perdons pas confiance, bientôt ils nous espionneront aux fenêtres, et, chargés d’explosifs, si Allah le veut, ils nous feront de jolis massacres dans les rues, sur les places de marchés, partout.

§. L’anti-islamisme se répand en Pologne, terre qui se veut chrétienne. À Elk, nord-est du pays, un jeune polonais est poignardé, après de violents échanges verbaux, par un cuisinier tunisien. Les extrêmes se mettent en marche, les uns : « La Pologne libre face au djihad… jusqu’à la dernière goutte de sang », les autres : « … un climat d’impunité » règne ici. Le gouvernement polonais, pour l’instant, réagit à la Ponce Pilate. De drôles de machines, en Europe comme au Proche-Orient, remplissent leurs réservoirs du supercarburant de la haine. Cf. Le M. du 10/01.

§. Nos collégiens s’en sortent déjà très mal, en grammaire, avec les notions de « sujet », « verbe » et « complément d’objet direct et indirect »… Sous prétexte de leur simplifier les choses, on les leur complique davantage avec celle de « prédicat », soit ce qui est dit du sujet, vieille notion de linguistique dont les grammairiens belges et québécois font leurs délices depuis longtemps. Une étape supplémentaire entre le sujet et ses compléments. Pour moi, cette étape pourrait être utile néanmoins. La controverse bat son plein. Gros-boutiens et Petits-boutiens s’affrontent dans l’indifférence de la plupart des élèves et des parents d’élèves. Les instituteurs, les professeurs attendent les ordres du Très-Haut. Janvier.

#. Éditorial du M ce 2/02. Ces quelques mots : « beaucoup redoutaient que ces traumatismes répétés ne déclenchent une montée de l’intolérance, du racisme antimusulman… ». Ce « racisme » appliqué à une « religion » est un amalgame malveillant qui vise à mettre toute critique de la religion musulmane sur le même plan que le racisme exercé à l’encontre de la personne arabe et du « croyant ». Cette tromperie consiste à interdire la critique des religions (on ne peut plus inscrite pourtant dans la Constitution) en l’assimilant au crime xénophobe. Notons que la constante critique exercée à l’encontre des chrétiens et notamment des catholiques, est tout à fait autorisée, voire recommandée par l’élite de nos robots et commissaires politiques. Elle n’est jamais assimilée à aucune sorte de racisme. Ce deux poids deux mesures, issu des rêveries révolutionnaires, consolidé par les loges maçonniques, bouleverse ma logique et mon sens du juste et de l’injuste.

 

#. L’ouvrier des abattoirs est contraint à tenir une cadence, laquelle protège la rentabilité : il doit « traiter » (carcasse coupée en deux et dégraissée) de 55 à 60 vaches par heure. Le « tueur » qui le précède dans la « chaîne » doit donc travailler à la même cadence. Tout animal qui résiste d’une façon ou d’une autre, et tente désespérément d’échapper à la mort, lui fait perdre du temps et ne tarde pas à devenir son ennemi. D’où les inhumaines brutalités, les cruautés, l’alcoolisme, parfois une sorte de folie… Geoffrey Le Guilcher, auteur du livre-témoignage Steak-Machine, nous dit ceci : « Tant que la cadence sera absurde pour les hommes, il n’y aura pas de viande propre » (Cf. Le M. du 2/01, p.22). Pour moi, j’observe qu’aucun apparatchik de droite, de gauche ou du centre, n’a jamais tenu le couteau égorgeur de bovins et de porcs ; qu’il laisse cela aux sous-hommes qu’il méprise mais fait semblant de traiter avec tous les égards en l’autorisant à voter pour lui. C’est cela, l’égalité en démocratie !

Pour moi, je viens de noter ceci dans Pensées au passage « “Progrès !” Un mot que les “progressistes” eux-mêmes n’osent plus prononcer ». Le progrès est dans l’automatisation de la chaîne d’abattage, non dans l’âme des hommes. Non dans leur conscience soumise à la loi du profit.

 

#. De Pascal Bruckner (le M, du 3/02), qui ayant découvert ce que nous découvrions il y a dix ans, a le mérite de l’analyser et de le théoriser : « … la notion équivoque d’islamophobie… un outil rhétorique qui sert à faire taire toute critique de l’islam ». L’islam ayant été décrété religion des opprimés « l’absout de toute critique ». Or qui tue partout dans le monde, et sur notre territoire, sinon les islamistes fous furieux ? Sont-ils d’avance excusés ? Couverts par la loi du silence, avec ces impuissants dépôts de fleurs sur les lieux de leurs crimes ? Ce victimariat mécanique fait que le juif devient « le parangon du colonialisme » face à « la douleur palestinienne ». « Aveuglement volontaire ! »

Je me permets de rappeler ma demande formulée dans l’une de ces dernières chroniques : « A partir de combien d’assassinats de non-musulmans ou de non assez musulmans, perpétrés sur le sol français, le sol syrien, le sol irakien… exigera-t-on de moi que je devienne un islamophile déclaré et enthousiaste ? Ou dois-je me taire à jamais ? La parole reste à la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris.

 

#. M. Fillon, candidat de la droite aux prochaines présidentielles, est livré à la justice populaire à travers la presse enragée à le couler en haute mer comme un vulgaire cuirassé, à le tirer comme lapin en rase campagne. Cependant, il n’a rien d’une pucelle, ayant rémunéré sa femme, la tendre Pénélope, et ses enfants, on ne peut plus légalement, sur les deniers de la nation, mais dans des proportions qui révulsent le petit peuple de France dressé au chômage de masse, à la schlague des salaires misérables, aux insolubles difficultés dentaires et alimentaires… La faute familiale, c’est la cupidité (*), celle qui réussit et engrange. Aucun reliquat de cette richesse n’a servi, semble-t-il, à quelque soutien à une association, à une œuvre d’utilité sociale, ce qui eût pu sauver la face. Tout pour nous ! On comprend que ce soit insupportable au peuple, envieux par nature et assoiffé d’égalité insatisfaite. On a conscience aussi que ces sommes, comparées aux émoluments des grands patrons d’industrie, des chefs d’entreprises et autres banquiers et PDG, sont de misérables monnaies d’appoint. Ils doivent en rire ces richissimes milliardaires. Dans la PME Fillon & Co, il n’y a que des gagne-petit. Le coupable demande son pardon – n’est-il pas catholique ! –, se maintient en campagne, la France grogne, le veau d’or trône sur l’autel du monde. Tout va très bien, Madame la marquise !

Le 8/02

(*) Le mot n’est jamais prononcé, trop pertinent sans doute ! Ou traducteur d’une convoitise partagée mais non avouée… On lui préfère « avarice, amour de l’argent… etc. » Molière et Harpagon, la comédie en somme.

 

#. Ai transmis à La Cause littéraire un bref hommage à Charles Baudelaire qui m’était demandé. J’y confesse mon égale admiration pour sa prose et pour ses poèmes, ceux-ci un peu apprêtés à mon goût, au sens où un tissu est traité par un apprêt, un léger empesage. J’y parle de mon admiration pour les proses du Spleen de Paris, et notamment pour les brefs récits où le poète décrit les « pauvres ». Le plus connu est sans doute cet « Assommons les pauvres » qui s’achève ou presque sur cette saynète : « Battu comme plâtre, à demi exterminé, l’humilié se redresse et dans ses yeux se lève un regard de haine qui me parut de “bon augure”. Le malheureux a recouvré “l’orgueil et la vie”, il casse quatre dents à son agresseur, enfin il se révolte ! Ce que souhaitait de tout son cœur Georges Darien, dans son pamphlet La belle France ! »

Le 13/02

 

#. Jeu de cartes. Dans notre main : le roi de pique François Fillon, empêtré dans les révélations sur les emplois relatifs de son épouse, de ses enfants, subventionnés très généreusement par l’argent public… la cupidité familiale en somme. Les valets à bonnets à pompon : M. Hamon, qui veut « faire battre le cœur des français » et les envoûter par son idéal du vivez plus en gagnant moins et en ne travaillant pas ; M. Macron dont le programme consiste à déclencher la machine à rêver d’un monde meilleur et d’une France sans culture française ; M. Mélenchon, qui joue de son hologramme pour nous amuser de la nouvelle ubiquité des illusions nationales ; Mme Marine Le Pen, enfin, qui veut nous rendre la souveraineté française, objet des peurs et désirs du peuple, et qu’on essaie de nous faire voir en marionnette mussolino-hitlérienne. Je ne sais… Je serais bien tenté de voter blanc, pour que compte soit tenu de mes insolubles dilemmes. Et tout cela dans le moins-disant sur le rétablissement de notre agriculture en ruine, de nos industries détruites, de la compétitivité de ce pays, du chômage croissant quoi qu’on en dise…

Le 14/02

 

#. Sur Kamel Daoud, un article qui ne mange pas de pain dans Le M de ce 15/02. Les obsessions de l’écrivain pamphlétaire : « l’islamisme, le régime fossilisé de l’Algérie, l’identité, la langue, les relations avec la France ». À peu de chose près, les miennes. Ajoutons-y « le rapport malade (des islamistes) à la femme et à la vie ». On ne reprend pas, bien sûr, les analyses détaillées de K. Daoud, mais on n’en dit rien non plus de tranchant. Il a la vérité, qui n’est en rien concordante avec les pensées officielles d’Alger et de Paris. Des deux côtés, un rapport malade et stérilisant à la colonisation. La prudence est de mise. Un brin de lâcheté aussi. Par bonheur, K. Daoud écrit encore régulièrement dans La Cause littéraire, je m’en réjouis

Le 15/02

 

#. En campagne, marchons ! Marchons ! Le candidat au trône présidentiel, M. Macron, bien qu’il nous promette un programme pour les semaines à venir, fait figure de soufflet retombé. Il finira emporté par une bourrasque élyséenne. Ce petit maître des élégances bancaires vient de déclarer, à Alger, que « notre colonisation de cette contrée ne fut rien d’autre qu’un crime contre l’humanité ». Mille pardons : en 1830, un million d’habitants sur le territoire dit algérien qu’ont abandonné les Ottomans, et, en 1960, de onze à douze millions d’habitants. Comme génocide et crime contre l’humanité, on peut faire mieux. Des boucliers se sont levés : contre l’impropriété de la définition, contre cette évidence qu’une guerre, même coloniale, peut faire un grand nombre de victimes sans être pour autant un « crime contre l’humanité ». Le journaliste algérien qui dirigeait l’entretien buvait du petit lait. Il évita de rappeler à notre maladroit démagogue que les actuels Algériens d’origine arabe menèrent contre les Berbères, précédents occupants du territoire, une sauvage guerre coloniale qui fut assez proche, elle, d’une guerre d’extermination. Ailleurs, le même a prétendu qu’il n’existe aucune « culture française », mais seulement « de la culture en France » : ici, la banque a parlé, et avec elle la grande cité globalisée et livrée à l’ignorance et à la marchandise.

Une fois de plus, un politicien morveux m’aura rendu fier d’être français. J’ai aussi imaginé que nos jeunes d’origine maghrébine peuplant nos banlieues, du fond de leur ignorance, trouveraient là, eux aussi, d’excellentes raisons d’aimer la France. Merci M. Macron.

 

#. Aulnay-sous-Bois. Des policiers français, lors d’un contrôle d’identité, n’ont pu s’empêcher – sans doute par pure maladresse – d’enfoncer une sorte de matraque dans l’anus d’un jeune homme noir de 22 ans. La victime est déchirée sur plusieurs centimètres, les chirurgiens s’affairent autour d’elle. L’affaire fait plus que du bruit, elle répugne et scandalise. On ignore encore (une enquête est en cours) ce qui a conduit ces agents de la paix à mener leur guerre personnelle. On ne sait à quelle déontologie ils étaient tenus de se soumettre, ni quels ciels de violence envahirent leurs têtes (1), cela à l’heure où la police française fait front à d’insupportables violences exercées contre elle. Fait et circonstances lamentables. Terribles, quelles qu’en soient les causes immédiates. Pour de vrai cette fois, j’ai honte d’être français !

Ces faits sont redoutables : ils dévoilent l’impréparation morale de jeunes policiers souvent engagés dans la précipitation par souci électoraliste, formés à la hâte, souvent épuisés et exaspérés ; du côté des jeunes gens auto-victimisés (*) des banlieues et d’ailleurs, ils « autorisent » tous les débordements qui rendent la police parfois incontrôlable à son tour. Violence et contre-violence, c’est toujours violence. Cela porte un nom, la chienlit. Les gouvernements précédents y ont puissamment contribué, le socialisme « aux affaires » y a ajouté sa pierre, qui pèse d’un bon poids.

(*) L’ordre matériel n’est pas le seul à compter, c’est évident, mais je songe à cette « révolte » de jeunes gens qui méprisent l’école et sont donc analphabètes, se livrent aux commerces de la drogue sous prétexte qu’ils ne trouvent pas un travail qu’ils ne cherchent d’ailleurs pas quand le pays tout entier compte plus de six millions de chômeurs, et s’estiment lésés alors que leur familles bénéficient de toutes les aides et subventions de la république, avec des logements au moins décents (qu’ils détériorent à plaisir), parfois même confortables, avec les soins hospitaliers, qui ne souffrent d’aucune famine, sont protégés par des jurisprudences favorables, ne subissent d’autres atteintes que celles endurées par tous leurs compatriotes, dans lesquels beaucoup d’entre eux ne voient d’ailleurs pas des compatriotes.

Le 20/02

 

#. Séparation des pouvoirs ? Complotisme ? N’ayant aucune sympathie pour aucun des partis politiques de ce pays, qu’on me permette néanmoins de trouver curieux ce fait que Le Canard enchaîné reçoive régulièrement des informations concernant la mauvaise tenue des finances de M. François Fillon et de sa famille, et qu’il en aille de même pour Mme Le Pen et sa comptabilité bruxelloise… Certains documents sont gardés au ministère des finances, à Bercy, et d’autres sont entre les mains des juges, autrement dit garantis par le secret des enquêtes en cours. La droite est seule visée, bien entendu : est-ce un pur hasard qu’il en soit ainsi et durant cette période préélectorale ? D’où proviennent les documents dont la presse se repaît chaque jour ? Comment se fait-il que sur les partis dits de gauche fonctionnant selon les mêmes normes, coutumes et habitudes, on ne découvre rien qui prête à questionnement, à examen ? Sont-ils les seuls vertueux ? D’où vient l’argent qui aura permis à certains membres du parti socialiste de réaliser des affaires immobilières sur le patrimoine des Français – je pense en particulier à la vente quasiment dissimulée, durant ce quinquennat, de certains bâtiments de La Salpêtrière (*) – et de se faire sans aucun doute de rondelettes pelotes dont on ne nous parle jamais ? Le Monde est un des principaux relais de ces nouvelles de la pourriture républicaine, qu’il alimente au prétexte d’« informer sans s’acharner », tout en s’acharnant ! Certains de ses lecteurs s’en plaignent. Le quotidien joue les pères vertu en publiant quelques-uns de leurs courriers. À propos de ses « sources », M. Nouchi s’en tire par de la littérature (le 24/01, p.19), citant Karel Capek… : « La vérité, ça doit passer en contrebande, il faut la diffuser par bribes… que les gens s’y habituent », et August Strindberg : « … la vérité est toujours effrontée ». C’est simple et facile comme un tour de passe-passe. Durant quoi les partisans du « tous pourris » croissent et embellissent dans toutes les couches de notre société. Le Monde y joue fort bien sa partie. Beaucoup pensent à une sorte de complot. Ont-ils tort ?

Le 26/02

(*) au prétexte de créer du logement social, en vérité pour rebâtir des logements de luxe et de bon rapport.

 

#. Miettes d’après-table et fils de haricots.

§. L’artiste Michel Nedjar déclare : « Je ne crée pas, j’exhume des cadavres » (M magazine, le 16/02). Délicieuse voie de l’art nécrophilique. Ces productions sont des figurines, sortes d’informes bouloches barbouillées de sang, de boue et de matières indécises, suggérant l’excrémentiel. « Art brut », dit-on, inspiré entre autres par les charniers de la 2de Guerre mondiale. Pour moi, hommage trouble et malodorant, esthétisation de l’insoutenable, manifestation malsaine d’un narcissisme esthétique névrosé, qui « charrie » – en effet – un parfum de mort. Mon admiration pour l’art contemporain, on le devine, ne cesse de grandir.

§. Mme Angot. Elle n’a jamais valu que par le clou sur lequel elle tape sans arrêt depuis des années, celui de l’inceste. Elle en a fait commerce dans divers ouvrages, elle continue au théâtre. Les pages que lui consacre Le M des 26 et 27/02 ne permettent pas de penser le contraire.

 

Affaires religieuses (A.R. 2) :

(Voir la rubrique Affaires religieuses 1, in Carnets d’un Fou XLVIII, janvier 2017)

Kevin Baby-Lon a tenu une conférence de presse, ce 4 février, en la mairie du XIIIe, sur la place d’Italie, conférence au cours de laquelle il a mis en garde les lecteurs de la Sainte Bible et du Livre de la Genèse (in Le Pentateuque, Les cinq Étuis, ou Torah) contre une lecture simpliste du 1er verset du récit de la Création. Les deux croyants, le passant curieux, les deux représentants du journal La Croix présents ce matin-là, apprirent qu’on ne pouvait lire le verset « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (2), sans immédiatement le faire suivre des questions suivantes : « Qui est ce “Dieu” ? D’où vient-il ? Qui l’a rencontré ? Qui a transcrit ses paroles ? À ce sujet certains prétendent que ce serait Moïse, d’autres en doutent… Pourquoi ? Et enfin, pourquoi le ciel et non l’océan, auquel cas les hommes seraient des poissons ? Pourquoi la terre et non la lune, auquel cas les hommes seraient des sélénites ? ». Le soir même, le Vatican élevait les plus vives protestations contre « le mauvais berger », et le grand mufti de Jérusalem qualifiait Kevin Baby-Lon de faux prophète et d’esprit voltairien attardé.

 

Mehmet de Saint-Ouen, ce vendredi matin 10 février, au bar du Galion Ivre, devant de nombreux témoins, aurait tenu les propos suivants : « J’exige qu’on lise désormais, en les rapprochant, les versets 7 et 15 de la Sourate II, La Vache. À savoir, au sujet des incrédules Dieu a mis un sceau / sur leurs cœurs et sur leurs oreilles ; / un voile est sur leurs yeux et un terrible châtiment les attend. C’est Dieu qui se moque d’eux / et qui les fait persister dans leur révolte. / Ils perdent la tête » (3). Il aurait ajouté quelques commentaires personnels, tels que : « Ah, la vache ! Sans être adepte de Descartes, il me semble que la logique a quitté la tête d’Allah notre Dieu. Comment, en effet, promettre le châtiment à celui que l’on maintient dans son condamnable péché, que l’on rend sourd et aveugle, et à qui l’on fait perdre la tête ? Incohérence ou sadisme, n’est-ce pas vouloir une chose et son contraire ? J’appelle les croyants à s’interroger avant, pendant et après la prière ».

La mosquée de Saint-Ouen eut vent des propos sacrilèges de Mehmet, l’imâm du lieu prononça une fatwa contre Descartes, contre Mehmet et sa boisson préférée, le kir à la liqueur de cerise, contre cette terre de mécréants laïcisés. Un attroupement hostile se forma devant Le Galion Ivre et Mehmet dut s’enfuir sous les menaces des croyants, ses partisans étant trop peu nombreux à le soutenir.

 

A Rigolade House

-17- La consommation de bons vins, d’alcools de qualité, l’évocation d’excellents restaurants d’accès facile, apaisent d’ordinaire les nervosités humaines. C’était le principal souvenir que gardaient les membres du club de la précédente soirée qui avait clos les aventures et mésaventures de l’été et de l’automne. On en tira la leçon sans qu’il y eût lieu d’en débattre davantage. Les tables se couvrirent de coupes et de verres. Le silence s’étant fait tout naturellement après les premières libations, le professeur Purgon déploya un ensemble impressionnant de notes sur la table dite des conférences et entama sa causerie concernant l’usage de la violence par l’homme, depuis les temps immémoriaux jusqu’au nôtre.

On s’arrêta longtemps sur cette première violence venue non pas de l’homme, mais de son créateur : ce piège de l’arbre de la science du bien et du mal tendu à nos premiers parents reste un scandale majeur, proprement incompréhensible à tout esprit éduqué dans les lycées de France, sur les bancs de ses universités, comme sur ceux de ses jardins publics et de ses rues, voire sur les tabourets des bars des bistrots du pays. On est tous des enfants nés sous les porches des cathédrales, baptisés à l’eau bénite ou au beaujolais nouveau, remplis de la logique d’un Descartes que l’on croit avoir lu, disciples de Voltaire et d’Auguste Comte sans le savoir, amis de La Fontaine et de Monsieur de La Palice. Tout cela est naturel et va de soi. C’est une nation qui a la foi en ses certitudes, ce qui n’est pas entièrement négligeable. La logique, personne ne sait ce que c’est ni à quoi cela peut servir. Les arguments les plus divers furent échangés, dont on jugera par quelques exemples.

Le comte du Trottoir-d’En-Face prétendit que Dieu n’avait piégé personne, qu’il laissait à l’homme son libre-arbitre, sa liberté par conséquent… Le Grand Robot, après avoir souligné le caractère fabuleux de tous les récits mythologiques, tenta d’expliquer que Dieu, pour être Dieu, selon saint Anselme, ne peut mentir et donc souffrir d’une seule imperfection. Le Vengeur mosqué, sentencieux, déclara que selon lui-même, Alexandre Vialatte et La Kaaba, « seul Allah est grand », et que cette discussion n’avait donc pas lieu d’être. Il s’enturbanna et se rendormit. La baronne de Krick-en-Krock fit valoir sa longue expérience de la vie, des hommes et d’un Dieu qu’elle avait toujours prié en vain, pour affirmer que celui de la Bible, étant omniscient, voyant le dedans et le dehors, le dessus et le dessous des choses, ne pouvait ignorer, dans sa parfaite misogynie, que la pauvre Ève succomberait à la tentation de connaître le fin mot de la création, car il avait lui-même fait la femme curieuse et entreprenante. La violence était donc d’origine divine et intentionnelle. « Dieu est un grand pervers », proclama-t-elle. Cali-de-Montfort-L’Amaury, très émue, affirma que plus de 100.000 hommes lui étaient passés sur le corps et qu’elle avait dû souffrir mille outrages avant de comprendre le destin qui se présentait à elle.

L’expulsion du Paradis terrestre où personne, d’ailleurs, n’avait demandé à résider, fut jugé une ignominie, un châtiment aussi cruel qu’immérité. On en vint bientôt au conflit qui opposa les deux frères Caïn et Abel. Ce fut l’émeute, on fut à deux doigts de renverser les tables. On ne vint à bout des raisons de la jalousie de Caïn ni de la naïveté coupable de son frère. Il fallut lever la séance. Le baron des Cours-d’Immeubles, avant la dispersion générale, fit savoir qu’il annoncerait bientôt la composition de son gouvernement.

XLIX, février, 17 (à suivre)

 

Définitions-éclairs :

Raison : Aristote ayant défini l’homme comme un animal raisonnable, l’heureux bénéficiaire s’empressa d’oublier qu’il restait un animal. Dans la foulée, le philosophe le qualifia de « zoôn politikon » : dès lors sa déraison ne connut plus de bornes. Lieux communs : « L’âge de raison », jamais constaté. « Faire un mariage de raison », vouloir forcer le destin. « Il faut raison garder. Perdre la raison », comment croire raisonnablement garder ou perdre ce qu’on n’a jamais possédé ?

Réalisme : En littérature, le réalisme consiste à exprimer la kyrielle des malheurs dont l’homme est accablé sans jamais laisser entendre qu’il en est le premier responsable.

Rebelle : Généralement insatisfait de lui-même et de la société, il se propose de détruire la seconde cause de son insatisfaction plutôt que la première.

Redressement : Depuis la disparition de la chevalerie errante, seul le fisc redresse les torts.

Réel : Il se fait de plus en plus vaporeux et délétère, ce qu’a observé Cioran : « Le réel me donne de l’asthme ».

Religions : Ensemble de pratiques rituelles fondées sur des prémisses invérifiables et destinées à rassurer les personnes inquiètes pour leur avenir par la perspective de célestes récompenses. Leurs adeptes sont d’autant plus enclins à un prosélytisme musclé, voire mortifère, que leurs certitudes reposent sur l’inconnaissable. Catholique, on y espère le céleste ennui du Paradis. Musulmane, pour les hommes, on y espère ne plus s’ennuyer une seconde en compagnie de houris virginales déchaînées ; pour les femmes, rien ne changera, elles resteront bouclées à la maison sous leur linceul et feront le ménage au grand lupanar d’Allah. Hébraïque, mère étonnée des deux précédentes, elle a l’avantage, dit-on, de ne prétendre convertir personne et pour désavantage de n’avoir pas daigné annoncer à ses adeptes ce qui les attend dans l’au-delà. Du sport, son paradis est la victoire ; son fondement doctrinal, l’esprit de clocher, qui peut s’étendre au nationalisme le plus épais.

Référendum : Appel à la vox populi pour trancher une question complexe présentée dans ses termes les plus schématiques. Si le peuple ne répond pas aux attentes des politiciens, ils déclarent les volontés du peuple nulles et non avenues. S’ils craignent l’avis populaire, ils procèdent par décrets. Les deux méthodes sont dites démocratiques.

Réflexion : Plutôt dans les vitrines commerçantes, les rétroviseurs, etc. Elle est peu appréciée : Socrate l’estimait si peu à la portée de ses contemporains qu’il s’ingéniait à accoucher leurs esprits de ses propres idées. Sa femme, Xanthippe, personne sérieuse, l’en récompensait par des bordées d’injures et les coups d’un solide balai de genêt. Xénophon en témoigne.

République : Chose publique si l’on en croit l’étymologie. En réalité, le public y délègue ses pouvoirs supposés à des spécialistes qui, en revanche, l’autorisent à regarder les inepties de la télévision. Selon Ambrose Bierce, « Il y a autant d’espèces de républiques qu’il y a de degrés entre le despotisme d’où elles viennent et l’anarchie où elles conduisent ».

Ressemblance : Détestable habitude. « À tout hasard, je préfère ne ressembler à personne », Witold Gombrowicz.

Réussir : Beaucoup se tuent pour y parvenir que les survivants s’étonnent de voir morts. Une caractéristique de la réussite est généralement la médiocrité des ambitions qui l’ont suscitée.

Rêver : Activité de moindre risque de nocivité qui, selon la théorie freudienne, s’accompagne d’un « abaissement du niveau mental », ce qui ne laisse pas d’étonner tant ce niveau est peu élevé à l’état de veille.

Révolution : Organisation administrative, policière et militaire de la révolte qui l’a précédée. Engagé, le processus produit d’abord la soumission au nouvel état des choses, puis un état d’insupportable lassitude qui engendrera une nouvelle révolution. Certains voient le progrès s’installer entre chaque période.

Roman : Entreprise littéraire désespérée entre l’écrit de l’insignifiance accessible au lecteur contemporain et celui de la recherche d’un sens inaccessible à l’auteur comme à son lecteur. En raison de cette difficulté, certains ont prédit sa fin.

Romancier : À Paris, le romancier est soit américain, soit romancière. Il est prévu que cette situation dure jusqu’en 2040, où il deviendra soit chinois, soit romancière. Qu’on me téléphone sous terre la bonne nouvelle.

Ruban : Euphémisme pour « légion d’honneur ». Le porter fait d’un homme comme les autres un paquet cadeau.

Ruer : Distribuer de vaines ruades. Activité d’écrivain. « Ruer dans les brancards » : si vous êtes debout entre les brancards, la manœuvre est vouée à l’échec. Si vous êtes allongé entre les brancards, aussi.

Ruine : « Alors s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse » (Alfred de Musset). Nous ne pouvons plus connaître cet âge d’or, la jeunesse elle-même étant tombée en ruines. Ne désespérons pas cependant ! Lucain, dans La Pharsale, observa que « les ruines mêmes [avaient] péri » (Etiam periere ruinæ).

Rustre : D’une fière rusticité. Grossier. Il s’agit de l’homme de la rue, de mon voisin, de qui ne salue personne, ne remercie d’aucune attention, ne sait plus vivre en société. De moi aussi, parfois, à la fin.

 

Rappelons au lecteur que ces chroniques ont été écrites un mois, parfois un mois et demi, avant qu’il ne les lise, d’où une possible impression de « relecture des évènements » !

 

Fin du Carnet XLIX, février 2017

 

Michel Host

 

(1) Cette violence prête à se libérer à la première occasion, F. Garcia Lorca la décrivait ainsi dans son Romance de la guardia civil española : « Pasan, si quieren pasar, / y ocultan en la cabeza / una vaga astronomía / de pistolas inconcretas ». Pas de littérature ici, mais le simple souvenir de ce fait que le poète mourut assassiné par les gardes civils, et, dit-on, dans des circonstances plus violentes encore, que rappelle Aulnay-sous-Bois.

(2) Bibles de Lemaître de Sacy et de Jérusalem

(3) Le Coran, Traduit par Denise Masson, in Folio classique

 

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A propos du rédacteur

Michel Host

 

(photo Martine Simon)


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Rédacteur. Président d'honneur du magazine.


Michel HOST, agrégé d’espagnol, professeur heureux dans une autre vie, poète, nouvelliste, romancier et traducteur à ses heures.

Enfance difficile, voire complexe, mais n’en a fait ni tout un plat littéraire, ni n’a encore assassiné personne.

Aime les dames, la vitesse, le rugby, les araignées, les chats. A fondé l’Ordre du Mistigri.


Derniers ouvrages parus :


Poème d’Hiroshima, Éd. Rhubarbe, 2005

Figuration de l’Amante, Poème, Éd. de l’Atlantique, 2010

Les Jardins d’Atalante, Poème, Éd. Rhubarbe, 2014

La Ville aux hommes, Poèmes, Éd. Encres vives, 2015

Mémoires du Serpent, roman, Éd. Hermann, 2010

Une vraie jeune fille, nouvelles, Éd. Weyrich, 2015

L’Arbre et le Béton (en collaboration avec Margo Ohayon), Dialogue, Éd.  Rhubarbe, 2016

 

Traductions :

 

Aristophane, Lysistrata ou la grève du sexe (2e éd.-2010),

Aristophane, Ploutos. (Aux éd. Les Mille & Une nuits)

Trente poèmes d’amour de la tradition mozarabe andalouse (XIIe

& XIIIe siècles)- 1ère traduction en français – à L’Escampette (2010)

Jorge Manrique, Stances pour le mort de son père (bilingue)- Éd.

De l’Atlantique (2011)

Federico García Lorca, Romances gitanes (Romancero gitano)  – Éd. Alcyone –

bilingue, 2e éd -  2016

Luis de Góngora, Les 167 Sonnets authentifiés, bilingue, Éd. B. Dumerchez, 2002

Luis de Góngora, La Fable de Polyphème et Galatée, Éd. de l’Escampette, 2005.

En préparation :

Lucien de Samosate, Philosophes à l’encan  /  L. de Góngora, Choix de poèmes  /  Une suite aux Attentions de l’enfance