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Carnets d’un fou, XLIV Septembre 2016, par Michel Host

Ecrit par Michel Host le 31.10.16 dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Carnets d’un fou, XLIV Septembre 2016, par Michel Host

« L’homme / lentement/ a fait l’homme // Puis / l’homme a fait / l’argent // Puis l’argent / a fait / de l’homme / un jeu // Puis l’argent / a fait / de l’argent / sans homme »

Werner Lambersy, Rubis sur l’ongle, p.76

 

« Il existe une sorte d’homme toujours en avance sur ses excréments »

 

René Char, Fureur et mystère Feuillets d’Hypnos# Vous n’allez pas vous plaindre. Je vous les ai choisis insoupçonnables nos poètes, et même on ne peut plus admis pour le second, l’Héraclite de notre temps, le temps des retours après des rêves de plages et d’îles merveilleuses quoique vues mille fois sur les affiches, les écrans, les cartes postales. Et puis quoi, c’est bien le grand Sigmund qui compara l’argent à de la crotte ! Allez, l’univers tourne rond, la terre est bleue comme une orange, un autre poète l’a certifié au siècle dernier. Que voulez-vous encore ?

Le 2/IX

Rentrée. Le vacancier, ayant oublié qu’il fut il y a peu un « estivant », émigre en sens inverse de sa brève évasion. Il encombre les autoroutes, ses enfants geignent dans le fond de la voiture tout en respirant les particules fines. Ils capturent des « Pokémons » dans les smartphones… Vous savez ce qu’est un Pokémon ? Pas moi. Je me doute bien que ça ne sert à rien qu’à rendre l’humain moins intelligent qu’il ne l’est. C’est à considérer, car il était déjà au plus bas. Parfois, le père émerveillé oublie de freiner. Toute la famille s’écrase sur la voiture qui précède. Pompiers. Samu. Police des urgences. Le sang coule. Enfin, c’est la vie n’est-ce pas ?

Le 3/IX

 

Gaboneries. C’était prévu. Les deux prétendants à la présidence se déclarent élus. On n’a pas le décompte des votes. M. Jean-Marc Ayrault, notre ministre des affaires étrangères, passait dans les environs. Lui est venu un doute : il réclame « que les résultats des élections soient fournis pour chaque bureau de vote ». Le président gabonais sortant s’y oppose, invoquant le respect de la souveraineté de son pays. La police charge les opposants. Il y a trois ou cinq morts à Libreville (pour le moment). Ont-ils vraiment besoin de colonisateurs français pour établir la chienlit sur leur propre terre ? Rappelons que le colonisateur français est à l’origine de tous les scandales et malheurs africains, soixante-dix ans bientôt après la décolonisation. On le soupçonne même, par sa lubricité bien connue, d’avoir entraîné Ève dans le péché, provoquant l’expulsion du genre humain du paradis terrestre, soit le malheur général sur terre.

Le 4/IX

 

Nouvelles brèves :

§. Nos politiciens professionnels sont en campagne. Ils s’invectivent à qui mieux mieux, s’envoient des piques aussi finaudes que leurs esprits sans esprit le leur permettent. Un nid de scolopendres et de vipères cornues. Répugnant.

§. Le parti dit socialiste français : le radeau de La Méduse.

§. Rentrée scolaire. Élèves et professeurs sont avertis. Ils peuvent être mitraillés, kamikazés à tout instant. Le ministre de l’intérieur a lancé le cri d’alerte. Il y aura des gardiens de l’ordre itinérants devant les établissements. Nous allons vivre avec ça ! La nouvelle normalité. L’islam de France est à nouveau muet. On ne sait s’il est stupide ou stupéfait.

§. Nous attendons, après le recul de Daesh sur le front syrien, quelque sept-cents djihadistes dits « français ». Ah, les malheureux, dans quel atroce pays vont-ils rentrer ? Auront-ils des bombes dans leurs poches ! De nouvelles idées de meurtre ? Il faut bien s’amuser. Et dire qu’il va falloir loger tout ce petit monde ! Le rebrancher sur la sécurité sociale, les allocations, les aides à l’emploi, leur offrir des soutiens psychologiques car ils seront fort déprimés… Qu’Allah nous vienne en aide !

§. L’écrivain Michel Butor est décédé il y a peu. Je ne le lisais guère. Mais si, j’oubliais, son essai sur le roman. Lu sa chronique nécrologique dans Le Monde. La pelletée de gravier. Une carrière. Beau ! Beau !

§. C’était il y a huit jours environ : appris que depuis 25 ans existent les Scouts musulmans. Ils font leur possible pour participer aux grands rassemblements scouts, aux jamboree, etc. Il y a même des jeunes filles. Elles sont libres de porter ou de ne pas porter le voile. On hisse et salue le drapeau tricolore chaque matin.

§. L’émission religieuse « Talmudique » de Marc-Alain Ouaknine, par Roger-Pol Droit (l’invité), m’informe de ce que Dieu, qui est universelle transcendance, occupant tout l’espace et le temps, aurait accepté un « retrait » de son auguste personne afin que l’homme pût développer les sciences, la philosophie, ses pensées, ses technologies, bref se faire sa place au soleil. Cela aurait nom « le tsimt-soum », hérité de la kabbale. On ne sait ni quand ni où la décision fut prise. Ni quel traité, ou accord la ratifia.

Le 9/IX

 

Avant de rentrer à Paris :

§. Deux sœurs afghanes, mariées à des Iraniens ont été contraintes d’émigrer à Istanbul (Le M. du 14/IX). En Iran, un mari peut déclarer : « Ma femme est ma chaussure. J’en fais ce que je veux ». Une fille peut y être mariée à 13 ans, et la question de son consentement ne se pose même pas. L’une des sœurs, Farzaneh, déclare : « Lorsque je ne réussissais pas le riz, mon beau-père me frappait. Mon mari, lui, n’avait pas besoin de prétexte pour me rouer de coups ». Et ceci encore : « Devant mes enfants, il m’a aspergée de l’essence qu’il avait retirée de sa moto. Ensuite, il a fixé un fil en métal au plafond et a tenté de me pendre avec » [Il ne renoncera] que « sur les supplications de ses fils de ne pas “tuer maman” », Rapporté par Ghazal Golshiri, envoyée spéciale à Istanbul.

Hommes délicieux dont les égards pour leurs propres femmes font mon émerveillement. Esprits formatés par le Coran et Allah le Miséricordieux. Nos islamolâtres de France ne peuvent affirmer que ce ne sont là que calomnies islamophobes, leur quotidien de prédilection leur mettant les faits sous les yeux. Constatons, ne jugeons ni ne préjugeons. Ne stigmatisons pas. Grand Dieu, non.

§. L’Yonne républicaine de ce 15 septembre. Première page : « Nouvelle saison de chasse en vue ». Un chasseur est photographié, arme sur l’épaule, contemplant l’horizon, la main en visière. Il cherche, je crois, le lièvre ou le lapin qui aura survécu aux pesticides et autres poisons généreusement répandus par les agriculteurs locaux. Peut-être en est-il un lui-même. Pour moi, qui viens de passer trois mois sous les cieux bourguignons, bien qu’observateur des espaces naturels, je n’y ai aperçu que du gibier dit « gros », des chevreuils et des faons notamment, lesquels survivent dans les bois, mais aucun lapin, aucune perdrix. Et bien sûr, pas un seul renard.

§. Paris. Y revenir fut assez facile, le dimanche matin. Autoroute dégagée. Retrouvés les hauts murs, la tour, les journaux…

Le M du 20/IX m’apprend que la Belgique permet désormais l’euthanasie de mineurs atteints de maladies incurables qui engendrent des douleurs insupportables et non maîtrisables. Il y faut l’intervention d’une Commission, le consentement des parents ou du tuteur, et « l’assurance que l’enfant a compris le sens de la mort ». C’est la première fois et pour un jeune homme de 15 ans.

Cette tragédie me paraît inévitable. Elle ressortit à une fatalité antique. Il serait certainement préférable que l’on mît l’accent sur les nouveaux traitements contre la douleur : ce que réclament certains médecins. La société n’y semble pas intéressée. Souffrir, mourir, c’est très difficile à regarder, à penser… Qu’ils disparaissent loin de notre vue. Quant à être certain que « l’enfant a compris le sens de la mort »… on peut penser qu’il n’y a aucune certitude à cela. L’homme en bonne santé et libre de toute souffrance physique peut-il comprendre le sens de la mort ? L’incrédule, non. Le croyant, lui, évite d’y penser en se forgeant quelque conte mythologique anesthésiant. Alors un enfant ? Un jeune homme, une jeune fille accablés de souffrances ? Eh bien, les hommes décideront à leur place – comment faire sinon ? – et Dieu, comme toujours, sera absent.

 

§. L’autre monde, le nôtre. Celui de nos profiteurs du système politique, les petites mains et larbins du pouvoir, ce petit peuple cravaté, habillé chez Cardin pour les dames, et qui s’en est cru pendant cinq ans, pensant aujourd’hui que l’heure n’est plus à penser bien ou mal, les « rats » en somme, doivent quitter les soutes : « Hémorragie dans les ministères et à l’Élysée » titre Le M (p.6), ajoutant ce bref commentaire « Sur les cent derniers jours, 57 membres de cabinet ont quitté leurs fonctions, soit deux fois plus qu’en 2011 ». On a sans doute, en tant que « collaborateurs » des ministres, mis quelques billets dans nos poches, prévu des plates-formes de sauvetage en haute mer (une dame de l’Élysée vient de se placer, boniche de la république, chez les assureurs d’Axa). Beaucoup vont retrouver la haute fonction publique où leur présence, en toute logique, n’a manqué à rien ni à personne. On a la légion d’honneur pour certains, mais on n’a pas d’honneur. On s’est servi à pleines mains du caviar et du foie gras offerts par le peuple français qui, lui, achète ses cancers et ses thromboses à bas prix dans les supermarchés. Alternance de toujours, dira-t-on. Certes, mais en nombre ! Les rats ne s’y trompent pas, le radeau va couler, le désastre électoral est annoncé. Le peuple ne s’y trompe pas non plus qui, d’un œil torve et désolé, les regarde filer sous les portes. Ce désastre de la gauche affligerait si l’on avait pu croire qu’il existait une gauche.

Tous pourris ? Non, pas vraiment. Tous garnis et rhabillés pour l’hiver.

Le 20/IX

 

Derniers échos du mois :

§. Le Silence. Ce fut le sujet de l’émission d’Alain Finkielkraut, Répliques, samedi dernier il me semble. Le silence est un bien nécessaire. J’en parle à mon aise, moi qui ne fais, la nuit, qu’écouter la radio, ne supportant pas mon propre silence, autrement dit le vacarme qui se produit dans ma boîte crânienne. Beaucoup à dire à ces sujets.

Parmi les bruits qui entraînent la folie, le sentiment d’impuissance face à leur agression, on cita peut-être ces cris de la rue parisienne qui, au matin, incommodaient tant Marcel Proust, mais je n’en suis plus certain. En revanche, il est sûr qu’on oublia de mentionner ces aristocrates rendus dans leurs châteaux et demeures de campagne, faisant battre les grenouilles chaque nuit aux rustres du lieu autour des étangs et des mares. Cela se comprend fort bien car il n’est pas aisé de caresser les seins de Marie-Amélie lorsque cent batraciens coassent sous vos fenêtres, et impossible aussi de l’entendre gémir de plaisir sous vos assauts enfiévrés.

§. Il est question d’ouvrir les pelouses du parc de Daumesnil aux naturistes-nudistes parisiens, et peut-être aussi les berges de la Seine. C’est le projet des écologistes de la mairie de Paris. Il y aurait urgence, laisse-t-on entendre. Les enfants doivent s’instruire, nous avons six millions de chômeurs et l’industrie française est au ras du sol. Mesdames, messieurs… bravo, amusons-nous, et en scène !

§. Dans les hôpitaux, médecins et personnels urgentistes sont insultés quotidiennement et pris à partie. Récemment, dans le 92 (un de ces départements numériques du nord de Paris… Lequel ? Je ne sais), un médecin a eu les poignets cassés par un jeune athlète impatient. Des musulmans – désolé, c’est ainsi – s’attaquent aux gynécologues masculins qui veulent examiner leurs femmes. Leur religion s’y opposerait, dit-on. Ils n’ont pas compris qu’un regard médical porté sur l’organe éventuellement malade ne peut être érotisé sans que le diagnostic soit faussé. Ceux-là (qui ne sont pas tous les musulmans j’imagine) ne comprennent rien à rien. Que peuvent-ils comprendre d’ailleurs ? Les livres saints, les religions, selon moi (et quelques autres), obscurcissent les esprits. Mais quoi, vais-je stigmatiser maintenant ? Il ferait beau voir !

Le 29/IX

 

Retour à Rigolade-House

On l’aura appris en lisant les précédents Carnets, l’expédition dans les campagnes des membres de Rigolade-House fut à deux doigts de se terminer tragiquement. Mme D., le matin du départ, accoudée au balcon de sa chambre d’hôtel vit un camion s’arrêter devant elle, le conducteur filant se procurer deux cartouches de cigarettes au bar-tabac situé non loin de là. Tout le temps de l’achat, le camion laissa entrevoir entre les lattes de ses bas-flancs les moutons entassés. On entendait monter leurs bêlements désespérés, impuissants. On les avait arrachés à leur bergerie au petit matin, ils étaient en route pour l’abattoir et le devinaient. Mme D. s’écroula sur le tapis, évanouie ou à demi-morte, on ne savait, il fallut appeler un médecin qui diagnostiqua un grave choc psychique et préconisa, outre des calmants en cachets, qu’elle voyageât allongée sur la banquette, au fond de l’autocar. Le traumatisme fut général, chacun avait en mémoire les épouvantables images des abattoirs diffusées par les réseaux de défense des animaux. On y avait vu des poussins broyés vivants, des porcs gazés, des agneaux écartelés, des bovins accrochés sur des chaînes, égorgés et découpés encore en vie… Tout cela frappa les esprits et le soir-même, au restaurant de Fontainebleau où deux tables avaient été réservées, on tenta de refaire les forces et le moral des membres de l’expédition. Certains grignotèrent du bout des dents, quelques-uns dévorèrent des côtelettes à point ou saignantes. Le professeur Purgon prêcha que si l’homme restait un loup pour l’homme, ce qui restait abondamment illustré par les affaires de l’Orient « compliqué », proche et lointain, il ne voyait aucune bonne raison pour qu’il ne le restât point pour le poulet, le lapin, le bœuf, la chèvre et le mouton… Lui-même s’attaqua à belles dents à une demie côte de bœuf. Comme la comtesse de Gris-Manoir le lui reprochait avec aigreur, il s’excusa prétextant son proche duel pour lequel il devait avoir l’énergie suffisante à affronter son redoutable adversaire. Cela parut une faible échappatoire et un déguisement misérable pour sa gourmandise. Le lundi matin, lorsque l’on retrouva Rigolade-House, on constata que les locaux avaient été visités par des cambrioleurs, la réserve d’alcools pillée et divers objets emportés ou détériorés. Il en est ainsi des entreprises – allusion à l’excursion campagnarde – qui commencées sous les meilleurs auspices, se terminent dans la grisaille et la mélancolie. « Le vent disperse les nuages… Proverbe bosniaque ! » tenta de philosopher le professeur. Pauvre homme ! – gronda la comtesse, qui n’était pas pour la remise des péchés.

 

Les définitions-éclairs

Magicien : Mon percepteur qui fait disparaître les fruits de mon travail, les changeant en subventions versées à ceux qui se préservent de tout travail.

Main : Organe préhensible attaché à l’extrémité du bras de l’homme, guidé ou non par le cerveau, lui permet de s’emparer de ce qui ne lui appartient pas. Fermée, elle devient un poing, premier et/ou dernier argument lors d’une discussion.

Maître : Un œil, qu’il soit ou non dans la tombe. Son esclave en revendique parfois la propriété, l’appelant « mon maître ». Dans les deux sens, cela stupéfiait Voltaire.

Mal : Joubert déclarait « Le mal est le fumier du bien », quand il pouvait constater chaque jour que le mal est le fumier du mal. Chamfort, lui, ne s’y trompait pas : « A – Je lui ferais du mal volontiers. B – Mais il ne vous en a jamais fait. A – Il faut bien que quelqu’un commence » (Petits dialogues philosophiques)

Maladie : N’en négliger aucune, même la plus bénigne : « Atchoum ! Et déjà cela sent le caveau de famille », Werner Lambersy

Malfaiteur : Victime de la société, régulièrement honoré de la clémence des juges et de la compassion de tous ceux qu’il n’a pas eu encore l’occasion de faire bénéficier de ses compétences.

Mammon : Ambrose Bierce l’a parfaitement défini et localisé : « Dieu de la principale religion du monde. Son plus grand temple se trouve dans la cité sainte de New York ».

Maniaque : On s’épargnera le moitié de l’inconvénient en se voulant maniaco-oppressif plutôt que maniaco-dépressif.

Manteau : Longue pelisse qui, autrefois, servait à découvrir des photos de dames nues à des collégiens. Son usage tend à disparaître, les collégiens s’étant fort blasés de cette forme d’art.

Mari : Son nom s’y prêtant, il a toujours fait rire. Ne pas le plaindre, il y a mis du sien.

Mariage : On n’en a rien dit d’incontestable, sauf Rabelais : « Cocuage est naturellement des apanages du mariage ».

Martyre : Le martyre é cosa mentale, comme disent les Italiens, dont les ancêtres livraient aux lions les premiers chrétiens, lesquels allaient au supplice en rendant grâce à Dieu.

Massacre : L’homme s’illustre dans cette spécialité. Pourcentage d’échecs infiniment bas. Ne pas désespérer de l’homme.

Médiocrité : Se reconnaît en ce qu’elle ne doute pas de son excellence. « Les médiocres sont tout de suite soulevés et portés par les médiocrités environnantes qui s’honorent en eux » (Anatole France).

Mémoire : En avoir aide à vivre. Ne pas en avoir également.

Ménage : Enfer à deux délibérément accepté. À trois les choses s’améliorent rarement.

Mère : Origine du pire. Mère célibataire : elle n’a pas cru utile de s’encombrer de son complice, ou d’elle celui-ci.

Missionnaires : Délices de Papous.

Miroir : Permet à qui s’y contemple de passer sans transition du narcissisme au masochisme, et vice-versa.

Moi : Réponse de Paul Valéry à Pascal : « Le moi est haïssable… mais il s’agit de celui des autres ».

Monde : Devient trop petit pour l’homme qui, furieux de ne pas le dominer par son intelligence, le détruit par sa bêtise.

Le Monde : Quotidien français dit « du soir », niche confortable de la bonne conscience chic et conformiste et de son expression d’essence psittaciste. Une bourgeoisie boboïsée se disant de gauche s’y refait chaque jour sa toilette morale.

Monstre : Qui ne partage pas mon point de vue ou refuse d’accéder à mes désirs.

Morale : On ne sait sur quoi la fonder, prétexte suffisant à ne plus en enseigner aucune. On la dit parfois républicaine, comme on désignait il y a peu encore la femme publique, au service du plus offrant.

Mort : Le mort est un bienheureux qui, c’est dommage pour lui, ignore tout de son état. Ce qu’a bien compris Jules Renard : « Sauf complications il va mourir ».

La mort : « Je suis sur la route des fantômes » écrivait Louis-Ferdinand Céline, route qui mène au cimetière que, selon Alexandre Vialatte, les titis parisiens appelaient « Le Jardin d’Acclimatation ».

Mots : On les trouve rangés par ordre alphabétique dans les dictionnaires et dans un désordre insensé dans la plupart des romans.

« Dire son mot » : Montrer qu’on ne se suffit pas de celui des autres.

« Mot pour rire » : Affligeant le plus souvent.

Mythologie : Religion passée de mode. Comme elles le sont toutes, on tente aujourd’hui d’ériger en mythes refaits à neuf les footballeurs et les athlètes. Les cérémonies se résument aux hurlements animaux des croyants dans les tribunes des stades.

 

Fin du Carnet XLIV, septembre 2016

 

Michel Host

 


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A propos du rédacteur

Michel Host

 

(photo Martine Simon)


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Rédacteur. Président d'honneur du magazine.


Michel HOST, agrégé d’espagnol, professeur heureux dans une autre vie, poète, nouvelliste, romancier et traducteur à ses heures.

Enfance difficile, voire complexe, mais n’en a fait ni tout un plat littéraire, ni n’a encore assassiné personne.

Aime les dames, la vitesse, le rugby, les araignées, les chats. A fondé l’Ordre du Mistigri.


Derniers ouvrages parus :


Poème d’Hiroshima, Éd. Rhubarbe, 2005

Figuration de l’Amante, Poème, Éd. de l’Atlantique, 2010

Les Jardins d’Atalante, Poème, Éd. Rhubarbe, 2014

La Ville aux hommes, Poèmes, Éd. Encres vives, 2015

Mémoires du Serpent, roman, Éd. Hermann, 2010

Une vraie jeune fille, nouvelles, Éd. Weyrich, 2015

L’Arbre et le Béton (en collaboration avec Margo Ohayon), Dialogue, Éd.  Rhubarbe, 2016

 

Traductions :

 

Aristophane, Lysistrata ou la grève du sexe (2e éd.-2010),

Aristophane, Ploutos. (Aux éd. Les Mille & Une nuits)

Trente poèmes d’amour de la tradition mozarabe andalouse (XIIe

& XIIIe siècles)- 1ère traduction en français – à L’Escampette (2010)

Jorge Manrique, Stances pour le mort de son père (bilingue)- Éd.

De l’Atlantique (2011)

Federico García Lorca, Romances gitanes (Romancero gitano)  – Éd. Alcyone –

bilingue, 2e éd -  2016

Luis de Góngora, Les 167 Sonnets authentifiés, bilingue, Éd. B. Dumerchez, 2002

Luis de Góngora, La Fable de Polyphème et Galatée, Éd. de l’Escampette, 2005.

En préparation :

Lucien de Samosate, Philosophes à l’encan  /  L. de Góngora, Choix de poèmes  /  Une suite aux Attentions de l’enfance