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Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour, Cécile Guivarch

Ecrit par Matthieu Gosztola 17.01.14 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour, L’Arbre à paroles, 91 pages, 7,50 €

Ecrivain(s): Cécile Guivarch

Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour, Cécile Guivarch

 

Est-il possible de faire en sorte que l’écriture soit lien, se révèle telle, jusqu’au plus profond de son eau moirée ?

Certes, le lecteur et l’auteur sont en étreinte, le temps de la lecture, l’imaginaire venant s’improviser lit sur la scène du présent.

Mais est-il possible de faire en sorte que l’écriture soit un fil tissé entre les générations, qui retire celles disparues de leur immobilité sans souffle et les fait être en danse avec celles prenant à bras le corps le présent ; et les fait être en danse au mépris de la mort, de cette certitude qu’elle jette au monde et qui a goût d’une poussière que nos souvenirs – parfois – rendent bleue ?

Est-il possible de relever le corps mort de ses ancêtres en écrivant sur eux, en parlant d’eux, en soufflant avec sa bouche leurs mots disparus, en se laissant traverser par l’ombre rehaussée d’or de leur disparition ?

Est-il possible de parler à ceux qui ne sont plus, à ceux que le silence a pris par la main pour les emporter dans l’absence ?

Est-il possible de faire parler cette absence aux autres muette, mais de la faire parler de telle façon que ce soient ces disparus qui l’entendent, jusqu’au plus lointain de leur retrait ?

Ce pari, Cécile Guivarch le tient, avec Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour, faisant plus que rendre hommage à « la grande famille de [s]a mère », à « l’Espagne, là-bas » ; faisant plus que nous présenter ses ancêtres, par leurs prénoms (avec ses poèmes et le silence contenu dans ses poèmes), les faisant entrer, pas après pas, dans la chambre empoussiérée de nos vies ; leur adressant des mots d’amour qui les réveillent. Les réveillent doucement de leur torpeur, de leur absence, de leur mort.

« ne rien dire

seulement des mots d’amour

des poèmes où l’on sait le silence

entre chaque vers »

 

Matthieu Gosztola

 


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A propos de l'écrivain

Cécile Guivarch

 

Franco-espagnole, Cécile Guivarch est née en 1976 près de Rouen et vit aujourd’hui à Nantes. Elle anime le site de poésie contemporaine Terre à ciel : http://www.terreaciel.net/

Publications :

Terre à ciels, éditions Les carnets du dessert de lune, 2006

Planche en bois, éditions Contre-allées, 2007

Coups portés, publie.net, 2009

Te visite le monde, éditions Les carnets du dessert de lune, 2009

La petite qu’ils disaient, éditions Contre-allées, 2011

Le cri des mères, éditions La Porte, 2012

 

A propos du rédacteur

Matthieu Gosztola

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Rédacteur

Membre du comité de rédaction

 

Docteur en littérature française, Matthieu Gosztola a obtenu en 2007 le Prix des découvreurs. Une vingtaine d’ouvrages parus, parmi lesquels Débris de tuer, Rwanda, 1994 (Atelier de l’agneau), Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin (Éditions de l’Atlantique), Matière à respirer (Création et Recherche). Ces ouvrages sont des recueils de poèmes, des ensembles d’aphorismes, des proses, des essais. Par ailleurs, il a publié des articles et critiques dans les revues et sites Internet suivants : Acta fabula, CCP (Cahier Critique de Poésie), Europe, Histoires Littéraires, L’Étoile-Absinthe, La Cause littéraire, La Licorne, La Main millénaire, La Vie littéraire, Les Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française, Poezibao, Recours au poème, remue.net, Terre à Ciel, Tutti magazine.

Pianiste de formation, photographe de l’infime, universitaire, spécialiste de la fin-de-siècle, il participe à des colloques internationaux et donne des lectures de poèmes en France et à l’étranger.

Site Internet : http://www.matthieugosztola.com