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Janvier noir, Alan Parks / L’Enfant de février, Alan Parks (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou 22.09.20 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Rivages/noir, Polars

Edition: Rivages/noir

Janvier noir, Alan Parks / L’Enfant de février, Alan Parks (par Jean-Jacques Bretou)

 

Janvier noir, Alan Parks, Rivages Noir, février 2020, trad. Olivier Deparis, 523 pages, 10 €

L’Enfant de février, Alan Parks, Rivages Noir, février 2020, trad. Olivier Deparis, 416 pages, 23 €

 

Alan Parks qui publie ici son premier roman policier vient rejoindre ses brillants camarades que sont William McIlvanney, Ian Rankin, Peter May, Gordon Ferris, pour n’en citer que quelques-uns. Est-ce l’urbanisme écossais, les paysages, la pluie ou le whisky qui donne cette saveur si particulière au tartan noir ? Pour notre nouveau venu, après l’avoir lu, on peut penser qu’en plus du reste, une canette d’Irn Bru lui donne son goût incomparable. L’Irn Bru appelé jadis Iron brew est l’autre boisson nationale d’Écosse après le whisky. Cette petite bouteille de breuvage orange s’exporte partout dans le monde excepté dans le complexe de golf de Turnberry, propriété de Donald Trump où ce dernier l’a fait interdire. Revenons à nos moutons.

Alan Parks a prévu que tous les livres de cette série se dérouleraient en 1973 et qu’il y en aurait douze comme les mois de l’année. Ainsi le premier commence le premier janvier 1973 et le deuxième se passe en février.

Au début de Janvier noir, l’inspecteur Harry McCoy, le héros de Parks se trouve dans la vieille prison victorienne de Barlinnie à Glasgow où ont été détenus les prisonniers les plus dangereux et les plus connus d’Écosse. Il est accompagné de Tommy Mullen, l’un des gardiens de l’établissement, où l’on est en train de réfléchir aux nouvelles conditions d’incarcération. Il vient rendre visite à Howie Nairn, un détenu, qui l’a fait appeler. Ce dernier l’accueille en regardant The Magic RoundaboutLe Manège enchanté, film d’animation franco-britannique pour les enfants (souvenirs…). Nairn veut confier un secret à McCoy : en ville une certaine Lorna va se faire tuer. Elle est serveuse au Malmaison ou au Whitehall. Aidé du commissaire Murray et accompagné de son adjoint Wattie, McCoy va tenter de débusquer le mystérieux tueur. Mais trop tard, ce dernier âgé de dix-huit ans va abattre Lorna et se donner la mort. McCoy et son auxiliaire vont se mettre, dans une Glasgow plus sombre que jamais et enneigée, à la recherche du commanditaire de ces meurtres et croiser sur leur chemin le monde des trafiquants de stupéfiants, des drogués, des prostituées, mais aussi des gens très aisés comme les membres de la famille Dunlop ou un ancien copain de McCoy, Stevie Cooper.

Dans L’Enfant de février, les mêmes enquêteurs que dans Janvier noir ont fort à faire après avoir découvert le corps affreusement mutilé d’un ancien joueur de football professionnel sur le toit d’un immeuble. Celui-ci porte inscrit sur le torse les mots Bye-bye et a reçu une balle dans la tête. C’était le prétendant d’Elaine Scobie, la fille d’un baron de la drogue. Avec quelques coups de main de Cooper, plus psychopathe que jamais, McCoy et son équipe vont croiser des personnages hauts en couleur, tels que Lomax, avocat, Kelly Connolly, garde du corps, ou le docteur Abrahams, fan de la lobotomie, et quelques cadavres de plus.

Les romans policiers d’Alan Parks sont de très bonne facture mais restent classiques. On n’échappe pas à quelques clichés tels que ceux du flic ayant eu une enfance difficile, noyant sa peine dans le whisky ou la Tennent’s, cherchant le repos entre les bras trop maigres d’une prostituée junky et vouant une amitié sans faille à l’un de ses ex-condisciples de l’orphelinat trop cruel. L’ensemble se tient bien néanmoins, nous permet de nous reposer de nombre de polars mal ficelés ou mal écrits et nous offre d’excellents moments de lecture.

 

Jean-Jacques Bretou

 

Alan Parks est né près de Glasgow où il a fait ses études. Après avoir travaillé dans l’univers de la musique à Londres, il se tourne vers l’écriture. Influencé par William McIlvanney, il a prévu de raconter la ville de Glasgow dans les années 1970 à travers une série dont le héros est l’inspecteur Harry McCoy.

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A propos du rédacteur

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Rédacteur

Jean-Jacques BRETOU est traducteur.