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Dit de lieux-à-mieux-dire (9), Dit de lieux-dits (10), Post-Dictum, par Clément G. Second

Ecrit par Clément G. Second 09.01.17 dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Dit de lieux-à-mieux-dire (9), Dit de lieux-dits (10), Post-Dictum, par Clément G. Second

 

Dit de lieux-à-mieux-dire (9)

 

Voici l’après-midi, la redescente, le retour. Que la mélancolie nous laisse non amers ! S’il est un temps pour les envols, que celui-ci, pour la posée dans la leçon salée-saumâtre des choses, soit. Au lieu de se griser de lieux trop chers, qu’il y ait lieu de remercier les rêves en accueillant pour legs leur semaison. Voici que revenir au monde intermédiaire vibrant de mille feux et frappé de lourdeurs fait incliner le front devant la somme de l’existant. Fait rassembler l’éventail des topos, les enchanteurs et les médiocres, les disgraciés aussi, dans un regard d’attachement.

Pour l’envers de ces lieux, pour leur poids d’ombre s’ils en souffrent, un persistant sourire ! Qui n’en a pas connu ? Emblèmes de l’ennui, conjuration d’impasses, entrelacs d’usure, places juxtaposées, dédales de froideur à transir l’énergie de partance, ô repoussoirs vers le Beau impossible à bannir !

CHARLEROI des tout premiers tourments d’Arthur, BOURG-ACHARD et son vieux peintre approché par trop tardif hasard, YVETOT des Ernaux, PÉZENAS où Boby…, HARFLEUR-BEAULIEU en asphyxie, DRANCY qui se souvient mais a des trous dans la mémoire, MOUROUX et  CLAYE-SOUILLY encombrés d’avatars, ÉTAINHUS ou BETON-BAZOCHES pour passer sans y revenir !

Tous les songés qui suivent, et d’autres, trépignent BRISSET-DAMPOINT de les rejoindre, tirés du bleu-gris de ce jour, ARDAIGNE rêvant qu’un amour opérant les suscite et les pousse vers eux.

Il faudrait cette promesse LE MARENTEUIL avant de les lancer sus aux tristesses à rebrousse-pentes. Mettre beaucoup du sien dans l’intervalle, avec patience, tous les moyens DENGERET–FEUX–MONGEdu bord contre le doute insinué VERLIGES comme une lame.

Car l’âme ÉTRINVAL on y mettra, VRUPPERT–LES–BORNES amis, amis de l’âme ! CRUSSELLE

D’une âme même MOYANT–COURT lamentable, car l’âme-en-table écrit et, TROCESNE ce faisant, voit loin déjà.

 

 

Dit de lieux-dits (10)

 

Ah, tous ces Lieux, si quelque Dieu les lit, DESTELLE qu’il les lie et délie !

Acquiescer au réel n’autorise-t-il pas, en retour alerte, à le franchir d’un peu d’espièglerie…

Ciel dégagé.

TALLINS

Les toponymes jouent, s’entretiennent, s’ouvrent de leurs teneurs, se croisent et se répandent, VASCŒUIL taisant et donnant à entendre. D’un côté et de l’autre, d’où leur faveur nous exempte d’accablements, LIEULANDRE une fois résignés CRIEST-LES-DUYNS nos mutismes et digressions.

Compagnons de voyage. SALÉ Chacun, chemin de qui les nomme.

Immobiles-mouvants.

Des noms qui sont des SURDONGE arbres. Nous nous y abritons et ils nous élèvent. Bruissent des vents du sens jamais captifs de leurs syllabes. VINCENNES

Qui dit un de ces noms les cite tous, parents qu’ils sont. Qui les citerait tous n’en énoncerait qu’un, l’unique, le même qui MINERVE tourne un jour ou l’autre vers tel ou tel de nous son œil de poésie.

Il y a ceux des cartes MEYE-SAINT-AUBIN et des plans, ceux que notre tête génère, ceux dont la platitude de nos  heures frôle pourtant l’assentiment tacite, la pensive indulgence. Ceux aussi seulement SURVENNANCE murmurés car ils nous sont très chers et sûrs, comme un lointain réputé perdu qui ressuscite aux bribes de mémoire. MONTFERMEIL

Ceux convoqués en contre-bas de crêtes, déjà un peu penchés vers l’échancrure littorale.

Ceux qui sont mots SÉFROU d’enfants non encore étouffés sous de sages cuirasses…

Les noms de lieux vers lesquels LES ILLERS s’est laissée aller cette encre sont-ils trop différents de tâtons gauchement écoliers BRÉHAT qu’il aurait fallu retracer d’une plume introuvable, MÉZENDES entre Gauloise opulente et râpeux Sergent-Major, SALAMANQUE avec quelques barbes tentées par l’Ouest et l’Est, plus un brin de roseau mâchonné pour calame ?

Si oui, pardon, Enfance, pour ces temps estompés…

… Mais il faut en finir à présent, et ce n’est pas facile. Cesser plutôt, LA NAPOULE n’ayant pourtant OUACTINE-SUR-MER de cesse que de poursuivre – les Fabuleux diserts en veilleuse gardés, séparément des consacrés et en paix avec eux, FEZ dans le cahier écrit des durables alliances.

 

Post-dictum


Lieu-tenant de ces habitables

Inédits dont l’encre a voulu

Egrener, songeuse des tables,

Un choix libre et sans non élus,

X, y, z non moins nommables,

Derechef ici je ressasse,

Inutile et priant sans bruit,

Tous Lieux où mon âme pourchasse

Son toponyme qui la fuit.

 

Clément G. Second

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A propos du rédacteur

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Rédacteur


Clément G. Second

 

Écrit depuis 1959 : poèmes (sortes de haïkus qu’il nomme Brefs, sonnets, formes  libres), nouvelles, notes sur la pratique de l’écrit principalement.  Plusieurs recueils dont un, Porteur Silence,  paraîtra en 2017 aux Éditions Unicité de François Mocaër,  et deux autres en cours.

Collabore à des revues depuis fin 2013 pour  l’ouverture et le partage. Poèmes et autres textes dans AccentLibre, Le Capital des MotsLa Cause Littéraire, 17 secondes, Harfang, Lichen, N47, Paysages écrits, Terre à Ciel, et d’ici quelque temps dans Décharge et Verso.

Plusieurs réalisations de pair avec la photographe Agnès Delrieu (revues, blog L’Œil & L’Encre http://agnesdelrieu.wix.com/loeiletlencre)

Fréquente littérature, arts,  philosophie et spiritualité.

Se sent proche de toute écriture qui « donne à lire et à deviner » (Sagesse chinoise), dans laquelle « une seule chose compte, celle qui ne peut être expliquée » (Georges Braque), et qui relève du constat d’Albert Camus : « L’expression commence où la pensée finit ».

 

a1944@hotmail.fr