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Des gens comme eux, Samira Sedira (par Jean-François Mézil)

Ecrit par Jean-François Mézil 04.02.20 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Le Rouergue

Des gens comme eux, 2020, 140 pages, 16,50 €

Ecrivain(s): Samira Sedira Edition: Le Rouergue

Des gens comme eux, Samira Sedira (par Jean-François Mézil)

 

On peut se demander comment un tel livre a été publié en l’état.

Il aurait en effet mérité, à mon sens, d’être retravaillé.

Les dimanches n’ont pas que leurs peintres, ils ont aussi leurs écrivains. Les uns ne font que des croûtes ; d’autres manifestent un certain talent, et c’est sans doute le cas de Samira Sedira. Encore faut-il travailler sa technique. (Ce n’est pas qu’en lisant qu’on apprend à écrire, c’est aussi en écrivant, ou plutôt en réécrivant.)

Je reste convaincu qu’un vrai travail de corrections (sous la houlette de l’éditeur dont ce devrait être le rôle), de reprises de phrases, de coups de rabot, de chasse aux lieux communs, aux mots utilisés à contresens, de suppression de points d’exclamation intempestifs, etc. aurait bénéficié à ce roman et lui aurait fait gravir une marche indispensable pour le sortir du marigot des livres médiocres, sans valeur littéraire, dans lequel il patauge tristement.

Quelques formules heureuses se trouvent noyées dans un fatras de choses convenues.

Le montage, avec force flash-back (les scènes du procès entrecoupées de retour en arrière sur ce qu’il s’est passé), fonctionne assez bien, même si la raison du carnage (cinq personnes tuées) ne m’a pas convaincu.

Mais c’est surtout la surabondance de texte, le fait de tout dire, de nous mâcher et remâcher force détails à nous en étouffer qui m’a paru insupportable. Aucune liberté n’est laissée au lecteur. Aucun espace, aucun blanc, n’interagit avec les mots. Dans ces conditions, rien ne nous permet de nous impliquer et d’exercer notre imagination, ni de nous approprier les personnages. Moi qui suis convaincu que le meilleur de l’écriture se situe souvent entre les mots, entre les phrases, j’ai beaucoup souffert, et ce livre (assez court pourtant : 140 pages), m’a paru tristement long.

 

VL1

 

NB : Vous verrez souvent apparaître une cotation de Valeur Littéraire des livres critiqués. Il ne s’agit en aucun cas d’une notation de qualité ou d’intérêt du livre mais de l’évaluation de sa position au regard de l’histoire de la littérature.

Cette cotation est attribuée par le rédacteur / la rédactrice de la critique ou par le comité de rédaction.

Notre cotation :

VL1 : faible Valeur Littéraire

VL2 : modeste VL

VL3 : assez haute VL

VL4 : haute VL

VL5 : très haute VL

VL6 : Classiques éternels (anciens ou actuels)


« Samira Sedira mène une double carrière de comédienne et d’écrivaine. Son premier roman, L’Odeur des planches (2013), a été interprêté au théâtre par Sandrine Bonnaire. En 2019, elle a reçu le prix Exbrayat des lycéens pour La Faute à Saddam (2018). »

[source : les éditions du Rouergue, quatrième de couverture]


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A propos de l'écrivain

Samira Sedira

 

Samira Sedira née en Algérie en 1964 ; comédienne, ayant expérimenté le chômage et le métier de femme de ménage (L’odeur des planches, au Rouergue, a été joué au théâtre par Sandrine Bonnaire).

 

A propos du rédacteur

Jean-François Mézil

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Jean-François Mézil est né à Cannes. Il vit et écrit à Lautrec. Il a publié, à ce jour, trois romans.