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Géants, toute l’histoire du basket-ball, Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

Ecrit par Jean Durry 30.04.16 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Histoire

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Chroniques Editions, août 2015, 304 pages, 39 €

Ecrivain(s): Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

 

En mai 2012, Chroniques Editions avaient signé un coup de maître avec la publication de Jours de Fête, ouvrage de référence sur l’histoire du Tour de France cycliste, signé de Françoise et Serge Laget – meneur de jeu –, Philippe Cazaban – déjà –, Gilles Montgermon. Dans cette même collection, après « XV L’incroyable Aventure du Rugby », « Jours de Foot » et précédant « Skateboard, de la rue à la rampe », voici donc « Géants, toute l’histoire du basket-ball ». C’est une nouvelle réussite d’une série novatrice, étayée sur une maquette grand format (32,5x24cm) imbriquant de manière spectaculaire une rare iconographie et des textes souvent originaux. En cinq chapitres, déroulant une chronologie de 125 années, de l’invention du jeu par James Naismith à l’automne 1891 jusqu’à nos jours, nous est proposé le parcours qui a conduit au Sport récemment popularisé par les exploits de Michael Jordan devenu star planétaire, et pour l’hexagone de Tony Parker emmenant l’équipe tricolore aux plus beaux succès.

Ces 300 pages vigoureuses s’inscrivent résolument dans le sillage de Gérard Bosc, auquel revient le double mérite d’avoir lancé en 1999 « Une histoire du Basket Français » en 3 tomes, ainsi que de s’être évertué à réunir les objets et documents du « Musée du Basket », éléments constitutifs pour l’essentiel des 600 images et quelques, inséparables du récit qu’elles animent et vivifient.

Le point de départ est connu : la conception, au seuil du rude hiver 1891-92 au Nord-Est des Etats-Unis, pour les étudiants du Collège de Springfield (YMCA, Young Men’s Christian Association), d’une distraction dans le gymnase, autour d’un gros ballon qu’on n’aura le droit de manier qu’avec les mains, « sans contact » entre les protagonistes, ballon à projeter à l’intérieur d’un « but » horizontal et de dimension modeste placé en hauteur à environ 3 mètres du sol, soit en l’occurrence un panier – « basket » – à pêches, cercle que l’on prolongera bientôt par un filet ouvert pour ne pas avoir à rechercher à chaque réussite la balle au moyen d’une échelle afin que la partie puisse reprendre. En France, la première démonstration aura lieu dès le 27 décembre 1893 au 14 rue de Trévise (Union Chrétienne de Jeunes Gens), et la salle – classée « monument historique » depuis 1994 – existe encore avec sa galerie circulaire surplombant le terrain ; comme a survécu la bannière aux fils d’or heureusement sauvegardée d’un match en ce lieu de mai 1894. Le basket va s’enraciner durant les années 19/20, en particulier dans les patronages catholiques et laïques, « sport de curés et d’instituteurs ». Puis il s’organise : Fédération Française (FFBB) – qui se détache définitivement de la F.F. d’Athlétisme en 1932 –, avec un championnat dont la finale se déroule souvent aux Arènes de Lutèce ; intronisation olympique lors des J.O. de Berlin 1936 en présence de Naismith lui-même qui assiste au succès, en plein air, des USA sur son pays natal le Canada, score 19 points à 8. Après la guerre, de 1948 à 1992, le basket va inévitablement se professionnaliser, en France sous la joviale et ferme impulsion de Robert Busnel ; aux Etats-Unis – les tournées des « Harlem Globetrotters » en donnant chez nous une première approche – avec l’irrésistible ascension de La National Basketball Association, fondée en 1946 (Basketball Association of America) puis fusionnée en 1949 avec la National Basketball League et prenant alors son label définitif de N.B.A. Les USA règnent sans partage jusqu’en 1968 sur le palmarès olympique, avant leur défaite aux J.O. de Munich 1972 par 51 points pour l’Union Soviétique à 50, sur un panier de Sergueï Belov à l’ultime seconde, fin de partie extrêmement discutée dans laquelle joua un rôle majeur le Britannique d’origine Renato William Jones, Secrétaire général et rouage essentiel de la Fédération Internationale (1932). Les temps modernes du Basket s’ouvrent fin juillet-début août 1992, lorsque le Comité International Olympique et la F.I.B.A. s’accordent à ce que les professionnels de la N.B.A. soient admis aux J.O. de Barcelone. Cette « Dream Team » – Magic Johnson, Charles Barkley, Larry Bird, Patrick Ewing, M. Jordan, Mallone, Mullin, et leur cinq coéquipiers – qui marque plus de 117 points par rencontre et relègue en finale la Croatie à 32 points, a donné à ce sport une nouvelle aura. Ce modèle scintillant inspira joueurs et téléspectateurs du monde entier, où les Français font très honorable figure. L’ouvrage, très complet, fait sa belle place au basket féminin, et son illustration foisonnante met pleinement en valeur à tous les niveaux, y compris le plus local, le contexte social et culturel du « Basket ».

 

Jean Durry

 


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A propos de l'écrivain

Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

 

Ces auteurs sont tout deux passionnés et historiens de sports.

 

 

 

A propos du rédacteur

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Rédacteur

Ardent défenseur de la langue française, Jean Durry a rejoint avec un vif plaisir l’équipe de « La Cause Littéraire ». Fils de Marie-Jeanne Durry, créatrice en 1945 du « Bulletin Critique », et lui-même président (2001-2013) des « Amis du Bulletin Critique du Livre en Français », il a fait du « Sport, culture vécue » son propre fil conducteur. Ecrivain – grand prix « Sport et littérature » 1992 -, historien et analyste du sport et de l’olympisme, fondateur du Musée National du Sport qu’il a dirigé près de 4 décennies (1963-2001), conférencier international, chroniqueur (presse, radio, télévision), président de la Fédération International du cinéma et de la vidéo sportifs (1987-1991), il a été le concepteur de quelque 200 expositions en France et hors de France.