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Comment écrire un livre qui fait du bien ?, Denis Montebello

Ecrit par Sylvie Zobda 23.08.18 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques

Comment écrire un livre qui fait du bien ?, Le temps qu’il fait, mars 2018, 117 pages, 15,00 €

Ecrivain(s): Denis Montebello

Comment écrire un livre qui fait du bien ?, Denis Montebello

 

« C’est le deuxième copain qui se pend à un arbre que j’ai élagué » est une des phrases qu’aime collecter Denis Montebello. Troublante et mystérieuse, elle suscite l’envie d’écrire. « Ils sont comme ça, les écrivains. Il ne faut rien dire devant eux, rien laisser traîner : ils s’en emparent aussitôt ». Cette bribe de conversation, entendue sur un quai de gare est à l’opposé d’une vision positive et optimiste de la vie. Pas ce genre qui vous illumine la journée, vous sauve de la crise de nerfs, vous redonne le sourire. Pourtant Denis Montebello l’utilise. Son narrateur la met en titre de son livre qui sera son feel-good book. Son essence résidera dans une vision d’une vie en rose gommée de tous les aspects déplaisants. Le titre sera tout un roman.

C’est avec un humour décapant qu’il nous livre ses réflexions sur l’écriture et l’écrivain en évoquant l’histoire d’un auteur en quête de reconnaissance et de succès.

Avec Comment écrire un livre qui fait du bien, ni recette, ni réponse. Mais un amusement du narrateur creusant les couches stratigraphiques de sa pensée. Denis Montebello, formé aux lettres classiques, revêt les habits de l’aède façon Don Quichotte. Son écriture se fait au fur et à mesure des cueillettes. Homme paléolithique et non néolithique. Ce n’est pas le champ organisé qui l’intéresse mais plus ce qu’offre la nature la plus sauvage. Il aime voyager sans but, chevalier errant, voyageur dans l’ivresse du temps. Son œil veille, prêt pour une rencontre. Loin de l’hortus, de l’ager, la silva est son terrain de jeu. Terrain de jeu aussi, car son enfance forestière est évoquée.

Il s’amuse. Il nous perd dans des anecdotes. Il nous amuse. Et c’est tout un livre qui chemine vers le bien-être. « …j’ai de belles histoires à raconter. Elles vous feront trouver belle la route. Elles la rendront émouvante ou drôle, comme vous voudrez, et surtout plus légère ». Moments jouissifs du livre, l’amour des mots façonne la densité de son écrit.

Sous un masque antique souriant, il nous livre aussi ses doutes : « Le lecteur aussi, il peut en avoir marre un jour de vous regarder cueillir vos petites fleurs ou ramasser vos tessons ». « Je glande sur Facebook sans rencontrer personne. Que des gens occupés d’eux-mêmes, qui s’abîment dans la contemplation de leur néant ». « Je n’ai pas de mal avec le siècle, mais j’écris. Je nourris mon blog. Un blog que personne ne lit. Où personne ne va ».

Car, si être écrivain était facile et enviable à tout point de vue, sa vie ressemblerait sûrement à un feel-good book.

 

Sylvie Zobda

 


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A propos de l'écrivain

Denis Montebello

 

Né en 1951 à Epinal, Denis Montebello vit à La Rochelle. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres parus pour la plupart chez Fayard, aux éditions en ligne publie.net et au Temps qu’il fait (Bleu cerise, 1995, Fouaces et autres viandes célestes, 2004, Couteau suisse, 2005, Le diable, l’assaisonnement, 2007, Tous les deux comme trois frères, 2012, Aller au menu, 2015, La maison de la gaieté, 2017). Auteur de récits et de romans, il procède en archéologue du présent. Mais le poète qu’il est, cherche aussi la preuve par l’étymologie.

 

A propos du rédacteur

Sylvie Zobda

 

Sylvie Zobda, née en 1973, vit et travaille à Fontenay-Le-Comte en Vendée. Depuis plus de 20 ans, elle enseigne l’histoire-géographie et l’éducation socio-culturelle dans un lycée agricole. Son blog littéraire https://sylvie-zobda.comvient de naître.