Livres

Identification

Polars

Les plumes du dinosaure, Sissel-Jo Gazan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 09 Juillet 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Le Serpent à plumes

Les Plumes du dinosaure, traduit du danois par Max Stadler et Magali Girault, 2011, 526 p. 26 €. . Ecrivain(s): Sissel-Jo Gazan Edition: Le Serpent à plumes


Les amateurs de polars vont devoir s’intéresser aux dinosaures cet été. De quelle nouvelle lubie s’agit-il ? Ni plus ni moins de vous faire découvrir un excellent roman venu du froid où se mêlent trames scientifiques et meurtres à l’Université. Mais comble du comble, il vous sera demandé d’envisager l’idée que les oiseaux sont les descendants directs de ces mêmes dinosaures.

C’est en effet la querelle qui oppose les scientifiques sur le lien exact qui unit les oiseaux et les dinosaures à plumes dont les fossiles font l’objet de nombreuses découvertes récentes, qui constitue le cœur de l’intrigue. Anna Bella, jeune chercheuse sous la direction du professeur Lars Helland, cherche à contrer le chercheur canadien Clive Freeman farouchement opposé au rapprochement entre les espèces à plumes. Lorsque Helland est retrouvé mort, le corps rempli de milliers d’œufs de cestode ou ténia du proc, la panique s’installe. Anna Bella devra jongler entre révélations familiales, vie de famille, fin de son mémoire et interrogatoires serrés menés par le commissaire Søren Marhauge. Lorsqu’un inconnu assiège son domicile et répond sur le portable de son ami Johannes assassiné à son tour, elle se met à mener l’enquête.

Rosa, Jonathan Rabb

, le Jeudi, 07 Juillet 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, 10/18

Rosa, Trad. De l’anglais (USA) par Eric Moreau. Grands détectives, 567 p., 9,40 € . Ecrivain(s): Jonathan Rabb Edition: 10/18


La collection « Grands détectives » investit, comme on sait, lieux et époques les plus divers, parfois les plus originaux. Cette fois, c’est l’Allemagne d’après la Grande Guerre, le Berlin de 1919, quelques semaines après la Révolution spartakiste, quelques jours après le meurtre de Rosa Luxemburg, qui avec Karl Liebknecht la fomenta et en fut la théoricienne (on profitera de l’occasion pour aller (re)lire ses écrits).

Rosa Luxemburg donc, dont la disparition du cadavre puis sa réapparition plusieurs mois après, qui souleva bien des mystères, constitue la trame de l’intrigue, où se mêlent aussi tueur en série (inévitable) et complot d’extrême-droite (inévitable aussi).

L’époque est rendue avec un souci de réalisme, voire de pédagogie, l’action très détaillée, les personnages crédibles ; tandis que l’atmosphère est assez captivante, avec quelque chose d’un film expressionniste, entre ombres et lumières, nuits, réverbères et blancheurs hivernales, quelque chose qui, plus avant, pourrait rappeler M. le Maudit.

Psychose, Robert Bloch

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 19 Juin 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Moisson Rouge

Psychose. Robert Bloch. Nouvelle traduction de l’américain Emmanuel Pailler. Mai 2011. 188 p. 15 € . Ecrivain(s): Robert Bloch Edition: Moisson Rouge

 

On doit imaginer d'abord l’étrangeté absolue de l’entreprise d’une lecture qui consiste à retrouver un univers, des personnages, une histoire non seulement connus mais installés dans nos mémoires depuis des décennies ! Par le livre de Bloch déjà, écrit en 1959 et traduit une première fois en français en 1960. Et surtout par le chef-d’œuvre cinématographique d’Alfred Hitchcock en 1960.

Et pourtant, il se trouve que cette lecture est un formidable moment de découverte.

D’abord par la préface de Stéphane Bourgoin, qui éclaire les sources de la fiction : L’affaire Ed Gein, fermier du Wisconsin, Serial killer de femmes chez qui la police trouvera un véritable musée des horreurs, du dépeçage au cannibalisme. Point de départ de « Psychose » certes mais aussi de milliers de livres et scenarii (Le silence des agneaux et le Dahlia Noir entre autres …)

Ensuite par l’étonnant personnage central, le célèbre Norman Bates, auquel il nous est bien difficile de ne pas prêter le physique félin et filiforme d’Anthony Perkins. Il est chauve, gras, petit, laid ! On ne peut plus antipathique, à mille lieues du charme vénéneux et ambigu de notre Anthony.

L'Enfant allemand, Camilla Läckberg

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 28 Mai 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Actes Noirs (Actes Sud)

L’Enfant allemand, traduit du suédois par Lena Grumbach, 2011, 456 p., 23€ . Ecrivain(s): Camilla Läckberg Edition: Actes Noirs (Actes Sud)


Une nouvelle figure est en passe de détrôner les Miss Marple et autres Kay Scarpetta de la littérature policière. La Suède a désormais son détective en jupons, une héroïne dont le succès a largement dépassé ses frontières. Il s’agit de l’écrivain Erica Falck qui enquête sur des faits criminels et les met en récit.
Qui est cette détective venue du froid ? En réalité, le lecteur serait bien embarrassé pour définir ses particularités, ses manies ou son apparence. Et c’est bien là que réside l’une des réussites de cette série : Erica Falck est une jeune femme bien de son temps aux prises avec des préoccupations de jeune mère, entre garde des enfants et partage des tâches domestiques, préoccupations dans lesquelles bien des lectrices se reconnaîtront. Elle est entourée par une famille chaleureuse dont on suit les joies et les déboires en parallèle à son enquête. Elle est épaulée par un compagnon policier, détail avantageux qui permet de croiser les informations récoltées et de dépeindre les savoureuses figures d’un commissariat mis en émoi par chaque nouvelle affaire. Läckberg apporte à chacun de ses personnages une attention égale, les faisant évoluer d’un volume à l’autre, les dépeignant avec des détails qui sonnent justes, pleins d’humour et qui manquent à bien des récits policiers.

L'honorable société, Dominique Manotti, DOA

, le Dimanche, 15 Mai 2011. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Série Noire (Gallimard)

L’honorable société, 329 p., 18 euros . Ecrivain(s): Dominique Manotti, DOA Edition: Série Noire (Gallimard)

Dominique Manotti œuvre dans le roman noir social où elle instruit, avec réalisme, avec acuité, avec, s’il en est, une manière de mélancolie, l’envers de l’histoire contemporaine : le trafic d’armes (Nos fantastiques années fric), la corruption et le football (kop), la politique sécuritaire (Bien connu des services de police)…
DOA s’impose tant dans le thriller à l’américaine (Citoyens clandestins), auquel toutefois il sait donner un supplément d’âme, que dans le polar (Le serpent aux milles coupures) violent et un rien fajardien.
L’honorable société est leur rencontre.
Sur fond d’écoterrorisme, d’élection présidentielle (où, en effet, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est fortuite…) et autour de l’industrie nucléaire, sont dévoilés de certains dessous : les collusions entre la politique et la finance, d’interlopes services de police et autres barbouzeries, les arrangements entre partis supposément opposés, l’abandon du bien public au profit d’entreprises privées… Soit, donc, la généalogie du pouvoir et des logiques de domination qui, sinon par des complots, passent, disons, par des manipulations et un sens de l’intérêt bien compris.