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Polars

Une femme seule, Marie Vindy

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 14 Avril 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Fayard

Une femme seule. 400 p. 19 €. Fayard Noir, mars 2012 . Ecrivain(s): Marie Vindy Edition: Fayard

Marianne Gil, écrivain, vit seule dans une grande propriété en Haute-Marne. C’est là qu’un matin de janvier, Joël, le vétérinaire qui s’occupe de ses chevaux lorsqu’elle est absente, découvre le cadavre d’une jeune fille.

Chargé de l’enquête, le capitaine de gendarmerie Francis Humbert, va devoir se pencher sur les zones d’ombre du passé de Marianne, cette femme seule, à la beauté troublante, qui semble expier dans l’isolement, l’écriture et l’alcool, un secret bien difficile à porter.


Pas de suspense haletant ni de scènes d’actions fracassantes dans ce roman. Juste une enquête sur un fait divers glauque menée avec minutie, une rencontre entre deux êtres esseulés et le fardeau des convenances qui voudrait écraser ceux qui ne veulent pas s’y plier. Car, plus que la recherche d’un coupable – que l’on suit par ailleurs avec intérêt même si nos soupçons ne peuvent que se tourner assez vite vers l’un des protagonistes – ce qui compte dans ce livre de Marie Vindy, c’est la mise en place d’une atmosphère pesante, dans un lieu qui nous apparaît gris et froid et singulièrement dénué de chaleur humaine.

Les Anges de New York, Roger Jon Ellory

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Vendredi, 23 Mars 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Sonatine

Les Anges de New York (The Saints of New York), traduit de l’américain par Fabrice Pointeau, 22,30 € . Ecrivain(s): Roger Jon Ellory Edition: Sonatine

Frank Parrish écoute Tom Waits, Gil Scott Heron, et cite volontiers Jackson Browne. Il aime aussi Bukowski et « connait son Cormac McCarthy ». Des artistes qui composent assez bien le personnage.

« La picole ne nous définit pas, ma petite dame, elle ne fait qu’accroître la richesse déjà considérable de nos vies ».

Frank Parrish est immédiatement attachant par son arrogance et sa fragilité. Il aime boire, ce qui a provoqué pas mal de déboires dans son couple et dans sa vie. Mais il aime son boulot et ses enfants, même s’il merde pas mal dans les deux cas. Malgré tout, ça compense pas mal.

Autoportrait du flic en pochtron finissant :


« Eh bien, c’est très simple. J’ai l’air d’un loser agressif, déglingué, alcoolique, avec une vingtaine d’années de carrière au compteur… et vous pouvez ajouter à ce mélange explosif mon dangereux manque d’estime de soi et mon goût pour les femmes faciles et le whiskey hors de prix, et vous vous retrouvez avec quelqu’un à qui vous ne voulez pas vous frotter. Et comme j’ai dit, même si ce n’est qu’une apparence, je crois que vous allez découvrir que c’est exactement qui je suis ».

Peur Express, Jo Witek

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 11 Mars 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Actes Sud Junior

Peur Express. Février 2012. 323 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Jo Witek Edition: Actes Sud Junior

Un bon thriller, c’est déjà quelque chose, ça vous cloue, ça vous colle la frousse, ça vous donne des sueurs froides et vous dévorez les pages comme un addict s’envoie sa dose. Mais un bon thriller qui se termine et se métamorphose en autre chose, c’est inédit, ça vous secoue les méninges après avoir joué avec vos sensations primitives, ça vous emporte au-delà de vos attentes.

Peur Express joue au lecteur ce sacré bon tour et on en redemande. Le thriller pour commencer : un roman choral dans un train où se font entendre successivement une conductrice de TGV, un contrôleur et six passagers adolescents qui ne se connaissent pas. Le pénible voyage ferroviaire une veille de Noel tourne au cauchemar lorsque le train se trouve bloqué sur un pont. Dans la première rame privée d’eau, de chauffage et de lumière, on risque l’émeute. Mais cela n’est rien en comparaison des phénomènes qui s’abattent sur nos protagonistes : un concentré de paranormal à glacer le sang. Fantôme d’un bourreau cru disparu, hallucinations faisant surgir un visage d’outre-tombe, un serial-killer ou un vampire séducteur se livrant à des rites sataniques, résurgence d’un ancien nazi toujours en quête d’une victime juive…

« C’était fou ce qui s’était passé cette nuit et les voyageurs de la rame 2 avaient bien du mal à croire à toutes ces histoires de la rame 1. Pourtant, certains d’entre eux durent admettre que quelque chose ne tournait pas rond quand ils entendirent une femme hurler. »

Le poids des mensonges, Patricia McDonald

Ecrit par Valérie Debieux , le Dimanche, 04 Mars 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Albin Michel

Le poids des mensonges. Mars 2012. Trad anglais (USA) par Nicole Hibert. 336 p. 19,90 € . Ecrivain(s): Patricia McDonald Edition: Albin Michel

Hartwell, petite ville située dans le Sud du New Jersey. Années 2010. Le prologue : deux orphelins, un frère et une sœur. Le premier, James, seize ans. Exclu de lycée, accro aux médicaments délivrés sur ordonnance, condamné à suivre une thérapie sur ordre du juge aux affaires familiales, sous le coup d’un retrait du permis de conduire. La seconde, Caitlin, vingt-huit ans. Son métier, « directrice du service de recrutement des étudiants issus de minorités », elle s’attache à «repérer des jeunes sans moyens financiers et les encourager à réaliser leur rêve : étudier à Brunswick University. Tutrice de son cadet depuis la mort récente de leurs parents, elle a reçu, en héritage, leur cottage et leurs soucis. « Si seulement James remontait la pente, elle n’aurait peut-être pas l’impression de mener un combat perdu d’avance. Malheureusement, la plupart du temps, il était déprimé et ne lui adressait pas la parole. Elle vivait avec un fantôme qui hantait silencieusement la maison, errant de pièce en pièce ».


Un soir, à son retour chez elle, Caitlin découvre, avec surprise, le véhicule de son père à l’extérieur du garage. L’angoisse. Son frère est au salon, dans l’obscurité. Bref interrogatoire. « Je l’ai juste… déplacé ». Et pourtant.

Millenium 2. La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Stieg Larsson

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 28 Février 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Actes Sud, Babel (Actes Sud)

Millénium 2, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, (Flickan som lekte med elden, 2006), traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, Babel Noir, 796 p. 10 € . Ecrivain(s): Stieg Larsson Edition: Babel (Actes Sud)


Millénium, épisode 2. Le travail est prémâché pour l’auteur qui s’attaque à une suite. Le terrain est familier. On connaît déjà les personnages, on n’a pas besoin de perdre son temps en présentations, on peut tout de suite plonger dans l’action. Force est de constater que Millénium 2 n’y parvient pas. Il faut s’avaler près de deux cents pages avant que l’intrigue démarre, et alors elle le fait au rythme d’un tracteur diesel rouillé qui n’a pas servi depuis des décennies.

Le livre souffre d’un gros problème de rythme. Les personnages se multiplient et chacun analyse la situation, mais en ne faisant quasiment que répéter ce que le précédent a dit. Ça tourne en rond. Les pages défilent et rien de nouveau n’apparaît. Le livre fait 800 pages, il n’en aurait pas mérité plus de 400. A croire que l’auteur tire à la ligne.

Millénium 2 est beaucoup plus faible que le premier opus, à tel point qu’il pourrait presque faire passer son aîné pour un chef d’œuvre. Ce qui est pourtant loin d’être le cas.