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Polars

L'heure des gentlemen, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Le Masque (Lattès)

L’heure des gentlemen, (The Gentlemen’s Hour, 2009), trad. de l’anglais (USA) par Frank Reichert, Mai 2012, 379 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Le Masque (Lattès)

 

Après La patrouille de l’aube, on retrouve ici Boone Daniels, le détective privé surfeur.

Alors que son amie Sunny est partie surfer aux quatre coins du monde et qu’il peine à passer le pas avec l’attirante avocat Petra Hall, Boone se cherche et s’aperçoit qu’il se rapproche de plus en plus de l’âge où il va devoir surfer avec les anciens de « l’heure des gentlemen ». Surtout que ses amis de la « patrouille de l’aube » vont sans doute peu apprécier le fait qu’il enquête pour le compte de la défense de Corey Blasingame, accusé d’avoir tué Kelly Kuhio, une légende locale du surf. Parallèlement, Boone accepte d’enquêter sur une affaire d’adultère pour l’un des surfeurs de l’heure des gentlemen. On s’en doute, les deux intrigues vont se télescoper, sur fond de guerres de territoires. Territoires de surf, mais aussi territoires contrôlés par les cartels mexicains de la drogue.

Le fond de ce nouveau roman de Don Winslow, malgré ces intrigues multiples, c’est pourtant avant tout la crise de la quarantaine qui touche son héros.

Le Diable chuchotait, Miyabe Miyuki

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 31 Mai 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Japon, Philippe Picquier

Le diable chuchotait. Trad. Japon par Myriam Dartois-Ako. Avril 2012. 371 p. 19,80 € . Ecrivain(s): Miyabe Miyuki Edition: Philippe Picquier

Ce livre est étonnamment attachant.

Commençons par attachant. Le héros, Mamoru Kusaka, le personnage qui mène la délicate enquête, est un jeune garçon de 16 ans ! La vie ne l’a pas épargné – déjà – et sa malice, son obstination, sa gentillesse composent un personnage sympathique et peu commun. L’histoire est surprenante et la solution de l’énigme plus encore. L’écriture enfin, légère, fluide, nerveuse, offre une lecture agréable et captivante de bout en bout.

Etonnamment maintenant. Le début du livre, très violent et sombre, nous laisse augurer une lecture tendue dans un univers glauque. On s’attend à un thriller sanglant. Qu’on en juge :

« Le lecteur ne sait pas non plus que les membres de l’identité judiciaire ont ramassé à la main le cerveau de Fumie Katö éparpillé sur le sol et l’ont rangé dans un sac en plastique »

« … la tête de la jeune femme, retrouvée en dernier, était tombée dans un bruit humide de l’attelage entre les première et deuxième voitures quand le train avait fait lentement marche arrière, ce que le lecteur ignore également. Il ne sait pas non plus qu’à ce moment les yeux d’Atsuko Mita étaient grand ouverts, tout noirs. »

Cible mouvante, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 29 Mai 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Cible mouvante, (The Moving Target, 1949), trad. USA par Jacques Mailhos, Gallmeister, coll. Totem, Mai 2012, 278 p. 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

L’avantage des nouvelles traductions, généralement augmentées, comme c’est le cas ici, après les coupes impitoyables qui ont pu avoir lieu lors des premières publications en France (on pense bien entendu à Hammet, Chandler ou Thompson, pour ne citer que quelques auteurs parmi les plus illustres), c’est qu’elles permettent de porter un nouveau regard sur les auteurs, mais aussi, pour ceux qui n’avaient pas encore eu l’occasion de les lire, de tout simplement les découvrir.

Les éditions Gallmeister, donc, ont décidé de rééditer dans leur collection de poche (Totem), et dans une nouvelle traduction menée par Jacques Mailhos, l’ensemble des romans de Ross Macdonald mettant en scène le détective Lew Archer et publiés entre 1949 et 1976. Et ça commence donc avec Cible mouvante, premier roman de la série.

Engagé par Elaine Sampson pour retrouver son mari, Ralph Sampson, magnat texan du pétrole installé en Californie du Sud, Archer met les pieds dans un véritable panier de crabes qui ne laisse pas de l’interroger. D’abord parce que Sampson est coutumier des éclipses de quelques jours et qu’il n’a disparu que depuis 24 heures. Ensuite parce que les membres de la famille Sampson semblent entretenir des liens troubles.

La douceur de la vie, Paulus Hochgatterer

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 22 Mai 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Quidam Editeur

La douceur de la vie. Trad. Allemand (Autriche) Françoise Kenk. mars 2012. 287 p. 22 € . Ecrivain(s): Paulus Hochgatterer Edition: Quidam Editeur

 

Le titre français est une sorte de parfaite antiphrase. C’est un polar sombre venu d’un pays dont les symptômes ne le sont pas moins. L’Autriche d’aujourd’hui.

Il faut dire d’entrée que le décor, une petite ville autrichienne quasi rurale, est le cadre idéal pour une plongée inquiétante dans les maux qui ravagent la société autrichienne (seulement autrichienne ?) et ses citoyens : la haine de l’autre, la xénophobie, l’individualisme. Ils font une toile de fond permanente à l’enquête sur un meurtre que se partagent un flic débonnaire, Ludwig Kovacs, et un psychiatre pour adolescents, pessimiste mais plein d’humour, Raffael Horn (« double » de l’auteur, psychologue pour enfants ?).

« Les crânes rasés avaient commencé par boire du champagne à la bouteille, puis ils avaient levé et laissé retomber les chaises. Pour finir, avec des restes de bougie rouge, ils avaient écrit sur le mur « les étrangers dehors », en chantant en chœur Ils tremblent, les os pourris. Quant à un vieil homme qui avait dit n’avoir que trop entendu ce chant dans sa vie, ils lui avaient cassé le nez avec un moulin à poivre. »

Profession balance, Christopher Goffard

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 12 Mai 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

Profession balance (Snitch Jacket, 2007), trad. USA par Jean Pêcheux, Ed. Rivages/Noir, Avril 2012, 384 pages, 10,65 € . Ecrivain(s): Christopher Goffard Edition: Rivages/noir

« C’est mon unique talent : écouter puis archiver ce que j’entends grâce à des trucs mnémotechniques que j’ai appris dans des revues (parce que quand des gars discutent de choure, on n’a pas trop intérêt à être vu en train de prendre des notes). Dans ma tête, il y a une immense baraque de planteur sudiste, elle compte au moins 10000 pièces, dans lesquelles j’entrepose tout ce que je ramasse : les surnoms des mecs du milieu, leurs complices, leurs piaules, les rues où ils se croisent, leurs modèles de bagnoles, leurs copines, leurs maquereaux. Le Fabuleux Palais de Mémoire de Benny Bunt, je l’appelle, et au fin fond ces chambres, il y a tout un merdier : des recettes de cocktails ratés, des limericks boiteux, des mots incompréhensibles issus de calendriers vieux de quinze ans, des données concernant des as de la batte morts et enterrés depuis longtemps, les trucs qui branchaient (et débranchaient) les playmates des années quatre-vingt. Parfois, je préfèrerais évacuer tout ça pour faire de la place à de meilleurs locataires. Une mémoire pareille, c’est peut-être classé assez bas dans la liste des dons qu’un homme peut recevoir, mais ça me rend redoutable au Trivial Pursuit, surtout que j’ai mémorisé depuis longtemps toutes les cartes de la pioche. Et puis ça aide à payer les factures.

Je suis une balance ».