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Polars

Noyade en eau douce, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 29 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Noyade en eau douce, (The Drowning Pool, 1950), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, Mai 2012, Gallmeister, coll. Totem, 278 p. 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

 

Deuxième épisode des aventures de Lew Archer qui paraissent dans une nouvelle traduction chez Gallmeister, Noyade en eau douce entraîne une nouvelle fois ce détective dur à cuire mais qui cherche à tout prix à éviter la bagarre dans la bonne société de Californie du Sud. Contacté par Maude Slocum, femme adultère d’un riche héritier dont la mère veille jalousement sur la fortune en même temps qu’elle repousse les offres des compagnies pétrolières qui ont trouvé un gisement sur sa propriété, Lew Archer doit initialement mettre la main sur un corbeau. Très vite, avec la mort de la vieille Madame Slocum, retrouvée noyée dans la piscine, c’est après un meurtrier qu’il va se mettre à courir.

Nul doute que dans ce deuxième volet, Ross Macdonald commence déjà à prendre son rythme de croisière. Lew Archer gagne en épaisseur en même temps qu’il apparaît encore plus cynique et incisif, et l’intrigue se complexifie encore. Macdonald multiplie les fausses pistes et surtout les faux-semblants, laissant son lecteur errer aux côtés d’Archer d’un suspect à une éventuelle victime, tous n’étant pas forcément ce qu’ils paraissent être et tout le monde ayant au fond quelque chose à se reprocher.

Connivence avec l'ennemi, Elmore Leonard

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 28 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Connivence avec l’ennemi (Comfort to the Enemy, 2009), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Leray, juin 2012, 240 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Elmore Leonard Edition: Rivages/Thriller

Troisième volet de la série de romans consacrés au marshal Carlos Webster publié en France après Le Kid de l’Oklahoma et Hitler’s Day, Connivence avec l’ennemi apparaît comme un livre un peu à part. D’abord parce qu’il a été publié aux États-Unis entre les deux romans cités ci-avant. Ensuite parce qu’il est initialement paru sous forme de feuilleton dans le New York Times. Ceci explique ce qui peut apparaître comme des incongruités aux lecteurs fidèles de Leonard : des chapitres (qui apparaissent comme des nouvelles) qui reprennent presque mot pour mot certains passages du Kid de l’Oklahoma pour poser les personnages de Carl Webster et de son père qui contrastent avec l’absence de références à l’intrigue de Hitler’s Day, si ce n’est la présence de Jürgen Shrenk, que Carl poursuit justement dans ce roman.

Shrenk, donc, fait normalement son apparition dans Connivence avec l’ennemi, même si le lecteur français a déjà eu l’occasion de le croiser. L’intrigue, ici, tiendrait sur un timbre poste : nous sommes en 1944 et, dans le bled paumé de l’Oklahoma où demeure et travaille Webster, se trouve un camp de prisonniers allemands. L’un d’entre eux a été exécuté par un groupe qui chercherait à organiser une évasion massive, et Carlos Webster entend se servir de Jürgen Shrenk, qui a la fâcheuse habitude de faire le mur du camp pour aller retrouver la belle Shemane, pour les confondre.

La muraille de lave, Arnaldur Indridason

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 21 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Métailié

La muraille de lave. Métailié noir. Mai 2012. 319 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

La maîtrise d’Indridason dans ce genre qu’il a beaucoup contribué à élever au rang d’art absolu – le roman noir venu du Nord – est époustouflante. On le sait depuis des années. Le point d’orgue de cette virtuosité a sûrement été le « Betty » d’octobre 2011. Le maître islandais nous y prenait par la main, dans un blues familier qui nous berçait de certitudes, avant de nous piéger en plein milieu du gué dans un jeu de miroir où on ne trouvait plus soudain nos repères. (Recension de "Betty" par Léon-Marc Levy)

Dans ce nouvel opus, Indridason remet ça. Sur des registres très différents bien sûr.

Erlendur, son héros triste et débonnaire est parti. En « vacances » sur les lieux de son enfance, voyage entouré de mystère. En son absence, son collègue, Sigurdur Oli, se retrouve en charge d’une affaire explosive, mêlant le destin d’un homme brisé par les viols incestueux qu’il a subis dans son enfance, le meurtre de la femme d’un couple échangiste qui tentait de faire chanter une de leurs rencontres, la mort mystérieuse d’un homme d’affaires emporté par le rêve « mondialiste » et doré de l’Islande nouvelle. Et maître Indridason nous épate ! Les trois intrigues s’entrecroisent dans une construction parfaite, haletante, noire comme l’hiver. Comme ce jour sombre où un homme a disparu sur la « Svörtuloft », falaise de lave au pied de laquelle la mer s’écrase en des tourbillons effrayants. La muraille de lave.

Le pouce de l'assassin, Lawrence Block

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 04 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Le pouce de l’assassin (Hit List, 2000), trad. de l’anglais (USA) par Vincent Delezoide, Mars 2012, 384 p. 20,50 € . Ecrivain(s): Lawrence Block Edition: Calmann-Lévy

 

Le précédent roman mettant en scène Keller le tueur à gages philatéliste, Keller en cavale, laissait à penser que, peut-être, cette courte série (trois romans jusqu’alors) allait prendre fin. C’était sans compter sur l’imagination de Lawrence Block et son attachement palpable à son étonnant héros.

Revoilà donc Keller, toujours aussi précautionneux dans son travail et fou de timbres. On aurait bien du mal à vraiment résumer l’intrigue tant la succession de missions, comme à chaque fois, fait prendre au roman la forme d’un quasi recueil de nouvelles. Lawrence Block laisse cependant un fil ténu – la recherche de ce qui pourrait bien être un autre tueur à gages essayant d’éliminer la concurrence – censé mener Keller et son employeuse, Dot, du début à la fin du livre.

Cela commence plutôt bien avec une mission où tout se passe matériellement pour le mieux mais où, inexplicablement nerveux, Keller ne cesse de cogiter. Cela tombe bien, ce sont justement les réflexions de Keller, cette manière de tout envisager selon une logique tellement poussée à l’extrême qu’elle en devient totalement farfelue qui fait que l’on se plaît à lire ses aventures.

L'heure des gentlemen, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Le Masque (Lattès)

L’heure des gentlemen, (The Gentlemen’s Hour, 2009), trad. de l’anglais (USA) par Frank Reichert, Mai 2012, 379 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Le Masque (Lattès)

 

Après La patrouille de l’aube, on retrouve ici Boone Daniels, le détective privé surfeur.

Alors que son amie Sunny est partie surfer aux quatre coins du monde et qu’il peine à passer le pas avec l’attirante avocat Petra Hall, Boone se cherche et s’aperçoit qu’il se rapproche de plus en plus de l’âge où il va devoir surfer avec les anciens de « l’heure des gentlemen ». Surtout que ses amis de la « patrouille de l’aube » vont sans doute peu apprécier le fait qu’il enquête pour le compte de la défense de Corey Blasingame, accusé d’avoir tué Kelly Kuhio, une légende locale du surf. Parallèlement, Boone accepte d’enquêter sur une affaire d’adultère pour l’un des surfeurs de l’heure des gentlemen. On s’en doute, les deux intrigues vont se télescoper, sur fond de guerres de territoires. Territoires de surf, mais aussi territoires contrôlés par les cartels mexicains de la drogue.

Le fond de ce nouveau roman de Don Winslow, malgré ces intrigues multiples, c’est pourtant avant tout la crise de la quarantaine qui touche son héros.