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L'assassin qui est en moi, Jim Thompson

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 24 Novembre 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

L’assassin qui est en moi, The Killer Inside Me, 1952, trad. de l’anglais (USA) Jean-Paul Gratias, Ed. Rivages/Noir, octobre 2012, 271 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Jim Thompson Edition: Rivages/noir

 

Comme elle l’a déjà fait en révisant les traductions de certains romans de Donald Westlake ou comme l’ont aussi fait récemment les éditions Gallmeister avec Ross Macdonald, les éditions Rivages se lancent aujourd’hui dans de nouvelles traductions des romans de Jim Thompson initialement parus, dans des versions tronquées et qui ont bien mal vieilli, à la Série Noire.

De fait, auteur majeur dans l’histoire du roman noir, Thompson méritait bien des traductions à la hauteur de son talent. Et c’est justement avec ce qui constitue un de ses meilleurs romans – et l’un des plus connus – que Rivages se lance dans ce projet.

Lou Ford, adjoint du shérif de Central City, petite ville du Texas, dissimule sous son apparence polie et serviable un monstre. Un tueur qu’il a réussi à maintenir sous un vernis de normalité mais que l’arrivée dans la ville d’une séduisante prostituée, Joyce Lakeland, va faire ressurgir. Et quand l’assassin qu’il porte en lui commence à s’exprimer, les cadavres s’accumulent autour de Lou Ford malgré tous les efforts qu’il peut déployer pour cacher sa véritable nature.

Cool, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 16 Novembre 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

Cool (Kings of Cool), traduit de l’anglais (USA) par Freddy Michalski, septembre 2012, 379 pages, 21 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Seuil

 

Après le succès, doublé d’une adaptation cinématographique réalisée par Oliver Stone, de Savages, paru en France en 2011, Don Winslow reprend les mêmes personnages et recommence. Certes, la fin de Savages laissait peu de place à une suite éventuelle. Et, donc, Winslow de nous livrer non pas une suite mais ce que, selon un néologisme barbare tiré du mot anglais prequel, on appelle désormais un préquelle, c’est-à-dire un épisode prenant place avant la première aventure.

Pour le lecteur, cela ressemble à s’y méprendre à un coup marketing. Le premier roman mettant en scène le trio de jeunes californiens lancés dans le business du cannabis haut-de-gamme a été un succès ? Réutilisons-les !

C’est dire si l’on a pris ce livre avec des pincettes. Parce que ce n’est pas parce qu’on a aimé Savages (même si, avec le recul, il est indéniable qu’il avait un côté tape-à-l’œil qui dissimulait ses défauts) que l’on va aveuglément apprécier ce nouvel opus, surtout après la déception qu’a été il y a seulement quelques mois la sortie d’un autre roman de Winslow, L’heure des gentlemen.

Munitions, Ken Bruen

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 21 Octobre 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire, Série Noire (Gallimard)

Munitions, Ken Bruen, (Ammunition, 2007), Strad. de l’anglais (Irlande) par Daniel Lemoine, 13 octobre 2012, 240 p. 20 € . Ecrivain(s): Ken Bruen Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Septième volume de la série de romans consacrés aux flics londoniens Roberts et Brant, Munitions met Brant, le membre du duo répondant le mieux à la définition du psychopathe, aux prises avec un esprit criminel qui a décidé de l’éliminer. Et ce n’est pas une balle dans le buffet qui va rendre Brant de meilleure humeur.

Ken Bruen continue donc de s’en donner à cœur joie avec ses antihéros aussi patibulaires qu’hilarants et, surtout, ne cesse d’étoffer la galerie de portraits qui évoluent autour d’eux ; certains de ses personnages annexes prenant même peu à peu le relais d’un duo qui, sans cela, tournerait franchement en rond. Ce sont ici Nash, le flic homo et intègre lié par une incompréhensible amitié à Brant, et Falls, disciple féminin du même Brant qui se trouvent aux avant-postes. Le premier, assisté d’un flic américain modèle Dirty Harry venu traquer les terroristes en Grande-Bretagne, court après le commanditaire du meurtre raté de Brant dont peu de monde semble se soucier.

Collusion, Stuart Neville

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 09 Octobre 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire, Rivages/Thriller

Collusion, Trad. anglais par Fabienne Duvigneau, septembre 2012, 375 p. 22 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/Thriller

 

Avec les fantômes de Belfast, Stuart Neville nous avait plongés au cœur des ténèbres. Des ténèbres de la haine, de la violence, de la rancune, de la guerre civile irlandaise. Collusion mettant de nouveau en scène le fascinant personnage de Gerry Fegan, on pouvait s’attendre à un deuxième voyage plus sombre que la nuit. Or, par-delà la noirceur, ou plus exactement transcendant la noirceur, ce deuxième roman, cette « suite », frappe surtout par sa tonalité et son style baroques. Baroque, au sens où on peut employer ce qualificatif pour les westerns italiens, ceux de Sergio Leone par exemple.

Le Bon, la Brute, le Truand. Trois termes qui s’appliquent presque parfaitement aux trois personnages – tous masculins – qui émergent de cette nouvelle excursion dans l’Irlande des haines récentes.

Jack Lennon, le père éperdu et paumé qui n’a d’autre obsession que de retrouver sa petite fille Ellen dont il est privé et qui court les pires dangers. Gerry Fegan bien sûr – en personnage secondaire ce qui constitue une surprise – enfoncé jusqu‘à la folie dans la culpabilité et la quête de rédemption. Et « le Voyageur », tueur fou, grand nettoyeur presque robotisé, chargé de liquider, entre autres, les deux êtres que justement les deux précédents veulent à tout prix protéger.

C'est dans la boîte, Frédéric Ernotte

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

C’est dans la boîte, Editions Avant-propos, 252 p. 18,95 € . Ecrivain(s): Frédéric Ernotte

Un « policier », bien noir, et belge – il y a de l’humour, comme seuls ces gens-là savent le cuisiner. Un livre mené tambour battant, sans vous laisser le temps de reprendre souffle ; il fait froid, il fait noir, et le cadavre mène la danse – macabre, évidemment. Vous voulez autre chose : une construction aux petits oignons, en abîme, en labyrinthe ; des retournements de situation digne de la cour des presque très grands. Du frisson, comme s’il en pleuvait. Il en pleut ! Bref, jouissif. Le polar qu’on ouvre et qu’on ne ferme pas avant la fin ; l’aristocratie du genre, avec ce je ne sais quoi qui ne se prend pas au sérieux, ce qui fait, en sus, plaisir.

L’époque est bien la nôtre, banale, ambiance speedée de trentenaires : « Je suis dans la fleur de l’âge. 35 ans et une santé de fer ! Une santé à faire des mélanges d’alcool plus fourbes les uns que les autres. Soyez rassurés, je reste droit comme un « I ». Je vous l’accorde, un « i » écrit en italique, la plupart du temps ».

Nous sommes dans le délicat et délicieux milieu de policiers – brigade criminelle, qui n’en mènent pas large – ça nous change des représentations habituelles des super héros – car un psychopathe leur abat, et avec quelle raffinement ! leurs collègues. Un sinistre et réjouissant pour nous, jeu de dominos infernaux. On les entendrait presque tomber dans un cliquetis de film d’horreur :