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Polars

Angle mort, Ingrid Astier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 21 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Série Noire (Gallimard)

Angle mort, Ingrid Astier, janvier 2013, 510 pages . Ecrivain(s): Ingrid Astier Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Un « policier » ? Encore un ? enquête, sang, cris, sandwichs et interrogatoires… bagnoles qui démarrent au feu rouge, dans un boucan d’enfer, à coups de gyrophares, bleu, bien sûr… un « série noire », de plus, qu’on va lire, tranquille, en terrain balisé, au coin d’une cheminée, comme le veut la saison.

Oui, si l’on veut.

Sauf, que là, on est vraiment dans autre chose.

Dès la première page – pas forcément fréquent – le ton, l’ambiance, quelque chose à la fois de lapidaire et de dense ; tout pour nous embarquer. J’oubliais aussi l’écriture, là, déjà ! « je viens de Barcelone et j’ai déménagé autant de fois que le nombre de coups dans le chargeur d’un Beretta 92 ; quinze ».

L'échappée, Jim Thompson

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 19 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

L’échappée (The Getaway, 1958), trad. de l’anglais (USA) par Pierre Bondil, octobre 2012, 240 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Jim Thompson Edition: Rivages/noir

 

Tout juste sorti de prison, Doc McCoy, braqueur alliant intelligence, bagout et une singulière absence de pitié à l’égard de quiconque se mettrait en travers de son chemin, organise avec sa femme, Carol, le hold-up d’une banque dans une petite ville du sud des États-Unis. Rudy, le complice qu’ils se sont adjoint n’entend pas partager le magot. Doc et Carol non plus. Et, de fait, Rudy va devoir rester sur le carreau et Doc et Carol se lancer dans une folle échappée qui va distendre les liens entre eux et créer un profond climat de suspicion et de paranoïa au sein du couple.

Avec cette seconde – après L’assassin qui est en moi – nouvelle traduction intégrale d’un livre de Jim Thompson, les éditions Rivages ont choisi de s’attaquer à un roman sans doute moins connu de l’auteur malgré ses adaptations au cinéma (Guet-Apens, de Sam Peckinpah, avec Steve McQueen et Ali MacGraw, et son remake des années 1990 avec Alec Baldwin et Kim Basinger). Mais nul doute que cette Échappée, pour méconnue qu’elle soit, méritait amplement cette nouvelle édition.

Carole, je vais te tuer ! Franck Linol

Ecrit par Olivier Bleuez , le Lundi, 14 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Carole, je vais te tuer !, Geste Editions, Collection Le geste noir, novembre 2012, 271 p. . Ecrivain(s): Franck Linol

 

Dans ce livre, tout tient dans l’histoire. Disons-le tout de suite : il ne faut pas chercher une écriture originale, ni une ambition littéraire dans l’exploration des sentiments humains ou une recherche de la compréhension du monde, un saisissement du monde dans lequel nous baignons. Non pas que l’auteur en soit incapable. D’ailleurs nous sommes heureusement incapables de répondre à cette question car dès les premières pages, nous embarquons clairement dans un roman de genre. Ce livre est à classer exactement dans la catégorie « romans policiers ».

À la première page du livre, nous savons déjà qu’Alex (le personnage principal) a décidé de tuer sa femme Carole, plus précisément qu’il va la tuer à la place de se donner la mort… Sans aller trop loin dans les détails de l’histoire, détails qui font l’intérêt exclusif du livre, on comprend vite que Carole a changé radicalement du jour au lendemain et qu’elle a mis fin à leur couple en jetant à la figure d’Alex tout ce qu’elle a dû jouer comme comédie pendant leur histoire d’amour. C’est peut-être la seule facette du livre qui aurait pu amener un peu d’originalité : le creusement de cette rupture, son absence de rationalité. Quelques phrases mises dans la bouche de Carole sont intéressantes (même si elles laissent sur notre faim !). Comme cette lettre qu’Alex trouve un matin alors que Carole est déjà partie travailler :

Toi, Zoran Drvenkar

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 12 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Sonatine

Toi, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, octobre 2012, 567 p. 22 € . Ecrivain(s): Zoran Drvenkar Edition: Sonatine

 

Un serial-killer insaisissable, cinq adolescentes aux prises avec des mafieux pas commodes, une fuite vers la Norvège, des scènes de bagarre tarantinesques, des meurtres en pagaille et de la drogue comme Mac Guffin. Voilà déjà réunis les ingrédients d’un bon thriller, tout à fait dans les règles de l’art. Un parmi d’autres, vous direz-vous. Certes, mais voilà un thriller de choix, un roman très noir pour les amateurs de grande littérature. Toi a du style, de l’élégance et surtout une composition des plus incroyables.

Zoran Drvenkar installe son lecteur dans le récit palpitant fait par le Voyageur, de ses premiers crimes ; un premier niveau de lecture déjà prenant, bien vite mis de côté pour confronter le lecteur à une série de personnages adolescents hauts en couleur. Un groupe de filles vraiment bien vu où se dévoile chaque personnalité dans un chapitre dédié, deux garçons liés d’amitié et au monde du crime de différente façon.

41, Rogelio Guedea

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 07 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

41, Editions Ombres Noires, octobre 2012, traduit de l’espagnol (Mexique) par Florence Olivier, 224 p. 18,90 € . Ecrivain(s): Rogelio Guedea

 

 

Le corps de Ramiro Hernández Montes, frère d’un candidat au poste de gouverneur de l’État de Colima soutenu entre autres par les chefs de la police, est retrouvé dans le coffre d’une voiture, tué d’une balle de calibre 41 tirée dans l’oreille. Un modus operandi qui correspond à plusieurs meurtres commis dans la région et dont les victimes sont toutes des homosexuels. Les quatre policiers chargés de cette enquête sensible ne se font pas d’illusions : il convient d’étouffer l’affaire. Parallèlement à cette enquête, on suit les tribulations du Japonais, gamin livré à lui-même et initié par un adulte, le Métallo, au sexe et à la drogue en participant à des parties fines organisées dans la haute société de Colima.

En s’attaquant à ce genre de sujet glauque, Rogelio Guedea n’a choisi ni l’originalité ni la facilité. C’est que le thème de la corruption et des dérives sexuelles est rebattu et qu’il convient dès lors de vraiment l’aborder avec finesse pour offrir au lecteur une œuvre qui se démarque.