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Polars

On the brinks, Sam Millar

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Seuil

On the Brinks, traduit de l’anglais (Irlande) Patrick Raynal, mars 2013, 360 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Sam Millar Edition: Seuil

 

« On était vendredi soir. J’aurais dû être au Star à boire une bonne pinte au son d’un orchestre épouvantable massacrant d’épouvantables imitations de Fleetwood Mac. Au lieu de ça, j’avais les couilles à l’air, le cul serti de chevrotines de goudron, et les balloches d’une méchante couleur magenta.

Et j’avais même pas encore atteint le Bloc. Putain, ça allait être un très long voyage dans la nuit ».

Récit autobiographique, On the Brinks, tient aussi, par les incroyables rebondissements de la vie de Sam Millar, du roman noir et du roman d’aventures. Membre de l’IRA participant durant ses années de détention à Long Kesh à la Blanket puis à la Dirty Protests, Millar rejoint les États-Unis après sa libération et sera à l’origine de l’un des plus gros braquages de l’histoire du pays : sept millions de dollars dérobés dans un dépôt de la Brinks à Rochester.

Tout cela, Millar le raconte avec détachement, humour et une bonne dose d’autodérision. Passant rapidement sur son enfance à Belfast, il divise son livre en deux grandes parties correspondant aux deux grandes aventures de sa vie.

Un jambon calibre 45, Carlos Salem

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 28 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Un jambon calibre 45, trad. espagnol (Argentine) Claude Bleton, Février 2013, 341 p. 22 € . Ecrivain(s): Carlos Salem Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Nicolas Sotanovsky, argentin exilé à Madrid, a la surprise, à son réveil, de se trouver nez à nez avec l’immense Serrano et son calibre 45. Il apprend alors qu’il a une semaine pour retrouver Noelia, propriétaire de l’appartement dans lequel il vient de s’installer et qu’il n’a jamais vu, sans quoi il aura le malheur de goûter au 45 de Serrano. Le voilà donc parti pour une errance à travers un Madrid caniculaire aux côtés de la belle Nina et avec pour chaperon ce gros jambon calibre 45 qui ne les quitte pas d’une semelle. L’occasion de croiser un détective désespéré, un chat de gouttières philosophe, des chauffeurs de taxis adeptes de tangas et quelques tueurs.

Comme de coutume chez Salem, l’intrigue débridée et dénuée de toute crédibilité est prétexte à une réflexion de fond sur l’identité. Dans Aller simple, premier roman de l’auteur, Octavio Rincón se voyait changer (très intimement) après la mort de sa femme et rencontrait même un hypothétique Carlos Gardel errant dans le désert marocain ; dans Nager sans se mouiller, Juanito Pérez Pérez, propulsé dans un camp naturiste, avait bien du mal à dissimuler sa double vie et sa double identité ; dans Je reste roi d’Espagne, enfin, Txema, détective spécialiste du déguisement, partait avec le roi d’Espagne à la recherche de l’enfant que ce dernier avait été.

Cuba Libre, Nick Stone

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 15 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Série Noire (Gallimard)

Cuba Libre (Voodoo Eyes, 2011), traduit de l’anglais (GB) par Samuel Todd, Février 2013, 504 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Nick Stone Edition: Série Noire (Gallimard)

 

 

Après Haïti au début des années 2000 dans Tonton Clarinette, puis le Miami du début des années 80 dans Voodoo Land, Nick Stone nous invite à suivre de nouveau son privé torturé, Max Mingus. Cette fois, ce sera à Cuba en 2008, à la veille de l’élection de Barack Obama.

Alors qu’il a fini par se résoudre, pour survivre, à traiter des affaires sur lesquelles son amour propre lui interdisait jusqu’alors de se pencher – divorces et adultères – Max Mingus apprend que son ancien mentor, le flic pourri Eldon Burns, s’est fait abattre. Son meilleur ami, Joe Liston, suit peu de temps après. Tout indique que Vanetta Brown, activiste noire des années 1960, recherchée pour meurtre et réfugiée à Cuba, serait derrière ces deux meurtres. Contraint par un agent fédéral avide de vengeance, Mingus se retrouve bien vite à la Havane, sur les traces de l’invisible Vanetta Brown.

Voodoo Land, Nick Stone

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 06 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Folio (Gallimard)

Voodoo Land (King Of Swords, 2007), traduit de l’anglais par Samuel Todd, février 2013, 672 p. 8,60 € . Ecrivain(s): Nick Stone Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Après Tonton Clarinette, Nick Stone a décidé d’écrire un prequel des aventures de son détective, Max Mingus. On le retrouve donc à Miami en 1981, alors qu’il est encore flic, avec son coéquipier Joe Liston. Là, les deux amis se trouvent confrontés à des morts étonnantes liées à un culte vaudou et à un énigmatique chef de gang haïtien, Salomon Boukman, que l’on a d’ailleurs aussi eu l’occasion de croiser dans le premier roman de Nick Stone.

Mingus et Liston se lancent donc à sa poursuite dans une ville gangrénée par la violence et la corruption. Écartelé entre son désir de rendre la justice, ses instincts violents et autodestructeurs qu’il peine à réprimer et sa fidélité à celui qui l’a pour ainsi dire modelé, son chef, le tyrannique Eldon Burns, Max Mingus s’enfonce dans une enquête trouble, faite de chausse-trappes et de faux-semblants, dans laquelle il finira peut-être enfin par trouver une forme de rédemption.

Une balade dans la nuit, Georges Pelecanos

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 02 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Une balade dans la nuit (The Cut, 2011), trad. (USA) Elsa Maggion, Calmann-Lévy, Robert Pépin présente, février 2013, 269 p. 19,90 € . Ecrivain(s): George Pelecanos Edition: Calmann-Lévy

 

Spero Lucas, ancien marine reconverti dans l’investigation privée, est contacté par Anwan Hawkins, trafiquant de marijuana qui, depuis sa prison, voit sa nouvelle filière d’approvisionnement court-circuitée et ses colis disparaître.

Comme souvent chez Pelecanos, l’intrigue tient en quelques mots. Essentiellement parce qu’elle n’est que prétexte à raconter non pas une histoire, mais une ville, Washington, toujours, et un personnage. C’est ce qui a fait le charme très particulier de cet auteur mais aussi, plus récemment, sa faiblesse, avec une grande tendance dans ses derniers romans à se montrer répétitif et à verser dans un sentimentalisme un peu artificiel et lassant.

C’est donc avec une certaine appréhension que l’on abordait ce nouveau roman, en même temps qu’avec l’espoir de retrouver le Pelecanos qui nous avait emballé avec les enquêtes de Nick Stefanos, de Dereck Strange, de Terry Quinn ou la vie de Dimitri Karras.