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Polars

Voodoo Land, Nick Stone

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 06 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Folio (Gallimard)

Voodoo Land (King Of Swords, 2007), traduit de l’anglais par Samuel Todd, février 2013, 672 p. 8,60 € . Ecrivain(s): Nick Stone Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Après Tonton Clarinette, Nick Stone a décidé d’écrire un prequel des aventures de son détective, Max Mingus. On le retrouve donc à Miami en 1981, alors qu’il est encore flic, avec son coéquipier Joe Liston. Là, les deux amis se trouvent confrontés à des morts étonnantes liées à un culte vaudou et à un énigmatique chef de gang haïtien, Salomon Boukman, que l’on a d’ailleurs aussi eu l’occasion de croiser dans le premier roman de Nick Stone.

Mingus et Liston se lancent donc à sa poursuite dans une ville gangrénée par la violence et la corruption. Écartelé entre son désir de rendre la justice, ses instincts violents et autodestructeurs qu’il peine à réprimer et sa fidélité à celui qui l’a pour ainsi dire modelé, son chef, le tyrannique Eldon Burns, Max Mingus s’enfonce dans une enquête trouble, faite de chausse-trappes et de faux-semblants, dans laquelle il finira peut-être enfin par trouver une forme de rédemption.

Une balade dans la nuit, Georges Pelecanos

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 02 Mars 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Une balade dans la nuit (The Cut, 2011), trad. (USA) Elsa Maggion, Calmann-Lévy, Robert Pépin présente, février 2013, 269 p. 19,90 € . Ecrivain(s): George Pelecanos Edition: Calmann-Lévy

 

Spero Lucas, ancien marine reconverti dans l’investigation privée, est contacté par Anwan Hawkins, trafiquant de marijuana qui, depuis sa prison, voit sa nouvelle filière d’approvisionnement court-circuitée et ses colis disparaître.

Comme souvent chez Pelecanos, l’intrigue tient en quelques mots. Essentiellement parce qu’elle n’est que prétexte à raconter non pas une histoire, mais une ville, Washington, toujours, et un personnage. C’est ce qui a fait le charme très particulier de cet auteur mais aussi, plus récemment, sa faiblesse, avec une grande tendance dans ses derniers romans à se montrer répétitif et à verser dans un sentimentalisme un peu artificiel et lassant.

C’est donc avec une certaine appréhension que l’on abordait ce nouveau roman, en même temps qu’avec l’espoir de retrouver le Pelecanos qui nous avait emballé avec les enquêtes de Nick Stefanos, de Dereck Strange, de Terry Quinn ou la vie de Dimitri Karras.

Et vous trouvez ça drôle ? Donald Westlake

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 16 Février 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Et vous trouvez ça drôle ? (What’s so funny ? 2007), traduit de l’anglais (USA) Pierre Bondil, 30 janvier 2013, 368 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Donald Westlake Edition: Rivages/Thriller

 

Donald Westlake est vivant. Encore un peu, en tout cas, puisque ses derniers romans à ne pas encore avoir été traduits depuis son décès le 31 décembre 2008 nous parviennent peu à peu en version française. Ainsi en est-il donc de Et vous trouvez ça drôle ?, avant-dernier volet des aventures de John Archibald Dortmunder, héros inventé par Westlake en 1971 et qui a participé de manière active à la notoriété de son créateur et a eu droit à plusieurs transpositions cinématographiques avec, pour l’incarner, des acteurs aussi divers (et plus ou moins bien choisis) que Robert Redford, George C. Scott, Christopher Lambert ou Martin Lawrence.

Dortmunder, c’est le génie du crime poursuivi par la poisse. Le type qui peut, pour mettre la main sur une émeraude, se trouver obligé de braquer successivement – et toujours avec succès – un musée, un poste de police et un asile psychiatrique. C’est le cerveau capable de voler une banque entière plutôt que son coffre si cela lui semble plus facile. Mais, invariablement, lui et ses acolytes se trouvent confrontés au grain de sable – généralement un personnage encore plus dénué de scrupules qu’eux – qui vient gripper toute leur belle mécanique et les fait rentrer bredouille.

Liquidations à la grecque, Petros Markaris

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Seuil

Liquidation à la grecque, 2012, trad. du grec Michel Volkovitch, 327 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Petros Markaris Edition: Seuil

 

Grandeurs et limites de Robin des Bois

 

C’est à la Grèce de la tourmente, de l’angoisse et du lendemain incertain, retentissement de la crise économique, que s’intéresse Liquidations à la grecque, dernier roman de Pétros Márkaris, et bien sûr au crime, au sens large, puisqu’il s’agit d’un roman policier.

En suivant l’enquête du commissaire Charitos, meurtre après meurtre, le narrateur nous plonge dans la Grèce actuelle et dans le système financier. Le commissaire mène son investigation dans une Athènes rythmée par les embouteillages, causés par les grèves et l’agitation sociale. La tension des masses se faufile, de passage en passage, au cours des déplacements de Charitos. Une poignée d’hommes, riches et puissants, demande à la majorité de se serrer la ceinture, de trimer plus. Dans l’angoisse, parfois le désespoir, cette majorité dans un premier temps calcule ses centimes, recourt à la débrouille, réinvente la solidarité pour ne pas sombrer. Sauver l’immeuble en feu, dans le brouillard de la fumée, c’est ce qu’exige le pyromane. A la violence souterraine, silencieuse, aux allures légales, répond la violence lisible, sur soi ou pour contester par la lutte.

L'étrange destin de Katherine Carr, Thomas H. Cook

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 29 Janvier 2013. , dans Polars, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

L’étrange destin de Katherine Carr (The Fate of Katherine Carr, 2009), traduit (USA) Philippe Loubat-Delranc janvier 2013, 296 p., 19,80 € . Ecrivain(s): Thomas H. Cook Edition: Seuil

Thomas H. Cook est un habitué des intrigues retorses aux constructions complexes qui font émerger les non-dits, les cadavres bien rangés dans les placards, la difficulté et parfois l’hypocrisie qui régentent les relations familiales et en particulier la complexité des rapports père-fils.

L’étrange destin de Katherine Carr ne déroge pas à la règle mais Cook y pousse bien plus loin les traits qui caractérisent son œuvre.

Quelque part, sur un bateau, George Gates, journaliste pour une feuille locale d’une petite ville provinciale, raconte à un homme dont on ne saura rien d’autre que le nom l’histoire de sa vie après la mort de son fils enlevé puis assassiné et dont on a repêché le corps en décomposition dans une rivière. Il raconte comment, après cette perte insoutenable, il a ressassé pendant des années chaque minute de la journée fatale. Et les vieux souvenirs. Il raconte aussi comment un ancien policier lui a parlé de la disparition, vingt ans plus tôt, de Katherine Carr, une poétesse et romancière qui a laissé derrière elle un étrange manuscrit qui pourrait aussi bien être une fiction que le récit des mois précédant le jour où elle s’est volatilisée. Il raconte enfin comment, pour Alice, une enfant passionnée d’énigmes policières et sur le point de mourir de la progeria, il s’est lancé sur les traces de Katherine Carr.