Identification

La rentrée littéraire

Voyage à Bayonne, Gaëlle Bantegnie

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 28 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallimard

Voyage à Bayonne, Gallimard/L’Arbalète, 170 pages, 30 août 2012, 15,90 € . Ecrivain(s): Gaëlle Bantegnie Edition: Gallimard

Été 1998. L’équipe de France de football, match après match, se dirige vers une victoire historique. Emmanuelle et Boris, jeunes profs mariés depuis deux ans, ne vont s’apercevoir de rien, ni de l’euphorie ambiante qui dure des semaines pourtant, ni même, plus ordinairement, du beau temps qu’il fait. Un peu comme deux êtres sourds et aveugles au stade de France lors de cette fameuse finale.

Certes, il y a eu, juste avant, en avril, à l’occasion d’un voyage scolaire à Paris, la « coucherie » de Boris avec une collègue prof de lettres. Il l’a avoué lui-même d’ailleurs quelques semaines après, n’en pouvant plus d’avoir mauvaise conscience. A la décharge de Boris, il faut le dire, c’est Emmanuelle elle-même qui, avant le mariage, a proposé à son futur époux ce qu’elle a appelé le « principe d’afidélité ».

« Ils étaient convenus alors, en buvant des verres de saké avec des filles nues tout au fond, qu’ils s’autoriseraient à se tromper à l’occasion et que donc ça ne s’appellerait plus tromper ».

« Elle y adhérait parce que cette règle lui semblait aller dans le sens de l’Histoire et qu’elle se persuadait que leur couple concourrait ainsi au progrès universel des mœurs, jugeant qu’il n’y avait rien de plus réactionnaire que la notion d’adultère et rien de plus archaïque que la jalousie afférente ».

Tais-toi et meurs, Alain Mabanckou

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 26 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Afrique, Roman

Tais-toi et meurs, Editions de La Branche, 13 septembre 2012, 221 pages, 15 € . Ecrivain(s): Alain Mabanckou

 

C’est depuis sa cellule de Fresnes que Julien Makambo, alias José Montfort, écrit son histoire : celle d’un jeune Africain monté à la capitale muni de faux papiers et obligé de trouver un moyen de subsistance. Bienvenue parmi les Tontons flingueurs de Château-Rouge et de Montreuil : un monde de gangsters sapeurs, fait de voleurs et de faussaires, de filles perruquées aux formes alléchantes, de grands-pères dangereux et cruels veillant au grain au fond d’un troquet kabyle ou d’un restaurant africain qui ne paye pas de mine.

« Dans notre langue du Congo-Brazzaville, le lingala, Makambo signifie “les ennuis”. J’ignore ce qui avait piqué mes parents pour m’attribuer un tel nom qui n’est d’ailleurs pas celui de mon défunt père, encore moins celui d’un proche de la famille. Je suis maintenant convaincu que le nom qu’on porte a une incidence sur notre destin. Si ce vendredi 13 je ne m’étais pas rendu au restaurant L’Ambassade avec Pedro pour rencontrer celui qu’il qualifiait alors de “type très important” venu de Brazzaville, je ne serais peut-être pas en détention provisoire depuis un an et demi dans cette cellule de Fresnes. Mais voilà, lorsqu’on s’appelle Makambo les choses ne sont pas aussi simples ».

L'écriture de Christine Angot (A propos d'"une semaine de vacances")

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 26 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

L’écriture de Christine Angot : une instance mémorielle devenue tout entière écriture (Une semaine de vacances, Flammarion, 100 p., 14 €, et L’Inceste, Stock, 1999, 216 p.)

 

Angot est tenaillée dans ce court roman par un souci constant de dire le plus précisément possible la façon dont les événements évoqués dans L’Inceste (« […] la sodomisation, la voiture, le sucer dans la voiture, lui manger des clémentines sur la queue, tendue, le voir aux toilettes […] le jour où on n’est pas allés à Carcassonne ») sont advenus, la mettant à mort en tant qu’être, la réifiant totalement, elle devenue seul objet de désir, cassé, entièrement cassé entre les mains de celui qui cherche – du moins dit chercher – à ne pas lui faire mal physiquement et qui en la réduisant entièrement à un seul objet de désir, à un seul objet qu’il veut entièrement dédié à son plaisir, la tue. Lui, son père.

« Elle lui dit qu’elle adore le voir mais qu’elle ne peut pas s’empêcher d’avoir un peu peur, pour son avenir ».

Nina Volkovitch : La lignée, Carole Trébor

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 22 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Nina Volkovitch : La Lignée, septembre 2012, 220 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Carole Trébor Edition: Gulf Stream Editeur

 

Un livre capte son lecteur dès le premier coup d’œil. Des tranches dorées, une couverture intrigante où le regard vert d’une jeune fille vous fixe, des matriochkas sur fond rouge, or et turquoise. Cet ouvrage à la beauté d’icône s’intitule Nina Volkovitch. Il s’agit d’une nouvelle série historique et fantastique pour adolescents qui nous plonge dans la Russie des années 40. Le cadre s’avère original, ancré de façon solide et efficace ; l’intrigue s’impose peu à peu, distillant questionnements et mystères. L’étrange perce insensiblement dans ce récit réaliste, faille subtile dans un tableau des Ambulants.

Moscou, hiver 1948. Après avoir souffert les affres de la guerre et des privations en tous genres, Nina voit sa mère arrêtée sous ses yeux. Son crime : propagande antisoviétique ; avoir continué à défendre et à exposer des œuvres et des artistes occidentaux, jugés dangereux pour le régime en place.

« Qu’est-ce que je vais devenir, moi, fille de deux ennemis du peuple, moi, qui ai quinze ans et la taille d’un enfant de neuf-dix ans ? Moi qui ai arrêté de grandir depuis l’hiver 1941… Moi qui adorais ma mère plus que tout dans ce monde. Moi qui sui seule ».

Le jardin du mendiant, Michael Christie

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 20 Septembre 2012. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Albin Michel, Canada anglophone

Le jardin du mendiant (The Beggar’s Garden), trad. de l’anglais (Canada) par Nathalie Bru, 6 septembre 2012, 312 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Michael Christie Edition: Albin Michel

Numéro d’urgence

Une vieille dame ne cesse d’appeler les urgences dans l’espoir que le secouriste pour lequel elle a eu un coup de cœur vienne à nouveau à son chevet. Mais le nouvel envoyé n’étant pas celui qu’elle espérait, elle menace de se suicider… en retenant sa respiration.

 

Rebut

En regardant à la télé un reportage sur les SDF, Earl reconnaît son petit-fils Kyle. Il décide de le retrouver. Mais quand il le voit, il ne peut se décider à l’aborder et décide de le suivre…

 

Goodbye porkpie hat

Un accro au crack dialogue avec le fantôme de Robert Oppenheimer, l’inventeur de la bombe atomique.