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La Garçonnière, Hélène Grémillon

le 19.03.15 dans La Une CED, Les Chroniques

La Garçonnière, Hélène Grémillon

 

J’ai découvert Hélène Grémillon avec ce roman, qui est en fait son second. Comme souvent lorsque je choisis un livre, je tente d’imaginer à travers le titre et la couverture de quoi il peut s’agir. Or, si l’on s’en fie au Robert, une garçonnière est soit une fille aux allures de garçon, soit un petit appartement de célibataire servant de lieu de rendez-vous amoureux.

Je pense donc entrer dans une histoire d’amour, d’autant que la couverture représente une femme dans les bras d’un homme, sans doute dansant le tango. Surprise ! Rien de tout cela ! En réalité, nous sommes face à une enquête policière, loin du polar traditionnel…

En l’espèce, une femme est retrouvée morte, défenestrée. De suite, tous les soupçons se portent sur le mari, Vittorio Puig, psychanalyste de son état. Seulement, si tout l’accuse, une de ses patientes, Eva Maria, ne peut se résigner à l’accepter. Elle va donc mener elle-même l’enquête pour prouver son innocence.

Tout au long des quelques 300 pages, l’auteur nous entraîne dans l’histoire trouble de l’Argentine et explore les dégâts psychologiques causés par la dictature. Le lecteur, complètement ensorcelé par le cours des événements, passe tour à tour de l’étonnement à la curiosité, de la tristesse à la colère, de l’amour à la haine.

Comme dans Le Confident, les émotions sont énormes et totalement bouleversantes. Nous sommes complètement pris dans le tourbillon des sentiments et telle une vague qui nous surprend et nous laisse amorphe sur la plage, l’écrivaine poitevine crée en nous un déferlement dont on ne ressort pas indemne. D’ailleurs, l’étonnement sera de mise jusqu’au bout puisque même la solution de l’énigme sera aux antipodes de ce que le lecteur peut imaginer…

Alors, me direz-vous, quid de la garçonnière et de son sens réel ? Et bien là encore, il faudra vous accrocher car non seulement la réponse n’arrivera qu’à la fin du récit, mais en plus, il vous retournera totalement !

Pour terminer cet article, je citerai la maison d’édition qui dans sa quatrième de couverture définit si bien ce texte : « Une danse étourdissante des sentiments pour un livre à suspense, impossible à lâcher ».

 

Pauline Fouillet

 

La Garçonnière, Hélène Grémillon, éd. Folio, janvier 2015, 393 pages, 7,50 €

 

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