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Jeunesse

La mystérieuse histoire de Tom Coeurvaillant, Ian Beck

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Mijade

La mystérieuse histoire de Tom Cœurvaillant, aventurier en herbe, trad. anglais Nathalie Nédélec-Courtès, juin 2012, 279 p. 11 € . Ecrivain(s): Ian Beck Edition: Mijade

 

Une quête, une grenouille et un corbeau qui parlent, une jeune fille à la chevelure interminable, un haricot magique, une oie qui pond des œufs en or, des châteaux, une pantoufle en verre de farfadet, des dangers en pagaille, un sommeil de cent ans… Il s’agit d’un conte, me direz-vous. Presque. Il s’agit du royaume des Contes et de la façon dont ces derniers s’écrivent. Figurez-vous qu’avant de lire vos contes préférés, des personnages se sont vu remettre des missives concernant leurs rôles par le très strict Bureau des Contes. Le conte s’écrit donc à mesure que ses protagonistes le vivent puis le racontent. Parmi ces derniers se distingue la famille Cœurvaillant, une célèbre et digne famille d’aventuriers. Le père, aujourd’hui disparu, ainsi que six de ses fils ont pris part à de nombreuses aventures, devenues des contes illustres. Tom le benjamin de la famille attend avec impatience de fêter ses 12 ans et de pouvoir, à son tour, faire ses preuves. Or, les six frères chargés en même temps d’une quête différente, ne reviennent pas pour cet anniversaire. Il revient à Tom de partir à leur recherche et d’élucider le mystère de leur disparition.

Contes d'ailleurs et d'autre part, Pierre Gripari

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset

Contes d’ailleurs et d’autre part, Illustrations de Guillaume Long, 2012. 190 p. 9 € . Ecrivain(s): Pierre Gripari Edition: Grasset

 

Publiés une première fois en 1990, voici la réédition de huit contes d’ailleurs et d’autre part, à la sauce Gripari, huit bijoux de drôlerie fantastique, inspirés des folklores russes, français, italien et d’Afrique du Nord. Un véritable régal, avec ce verbe franc, truculent et tellement poétique de Pierre Gripari, s’adressant à ses lectrices et lecteurs d’une façon si familière, qu’elles et ils pourraient croire qu’il est assis tout près d’elles et eux. Le conteur de la Rue Broca est véritablement talentueux, c’est évident, mais outre son imagination pétulante, il est doté également d’une grande liberté de pensée. Ils nous emmènent donc ici dans un monde peuplé comme il se doit de magie, d’amour et de courage. Dans Mademoiselle Scarabée, on comprend que l’apparence importe peu, mais qu’il importe de trouver bonne boulette à son pied quand on veut se marier. « Quand un cheval trottine et crottine, quand une vache lâche sa bouse en marchant, je fais une petite boule de la chose en question, puis je la pousse à reculons jusqu’à ma maison ! » Dans Madame-la-Terre-Est-Basse, les objets ont une âme, ils parlent, ils bougent, ils peuvent être tristes mais savent aussi se venger.

Catfish, Maurice Pommier

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 23 Juin 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Catfish, mars 2012, 86 p. 20 € . Ecrivain(s): Maurice Pommier Edition: Gallimard Jeunesse

 

Récit à la mémoire de César Chelor, esclave affranchi et l’un des premiers fabricants d’outils américains, Catfish apporte un regard profondément humain sur l’histoire de l’esclavage : « une histoire de combats, de liberté et de courage ». Le lecteur suit au fil de son parcours Scipio Catfish, depuis son arrivée sur la propriété de la famille Purlin jusqu’à son affranchissement bien des années plus tard. Le riche dessin de Maurice Pommier alterne pages illustrées avec précision voire réalisme et enluminures revisitées encadrant le texte, accentuant l’impression d’un va-et-vient entre conte et récit historique. Les cartes du destin côtoient les images documentaires, on frôle la bande-dessinée pour découvrir une planche symbolique et poétique. Le lecteur se fait surprendre page après page. L’ensemble est sensible, précieux et savant.

L’histoire du garçon se déroule entre étapes prévisibles et coups de théâtre. Le seul bémol réside dans un ton parfois trop didactique comme si l’émotion palpable risquait de déferler et d’emporter le conte. Pris sous l’aile de Vieux George, puis du maître tonnelier, Scipio grandit, évolue, trace les premières pistes de son chemin vers la liberté. Il ne parle pas, ne se dévoile pas. Il a appris comment s’adapter et éviter les brimades. Car les tortionnaires ne manquent pas et l’absurde règne.

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness, Siobhan Dowd, Jim Kay

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 07 Juin 2012. , dans Jeunesse, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Gallimard Jeunesse

Quelques minutes après minuit, illustré par Jim Kay, traduit de l’anglais par Bruno Krebs, mars 2012, 224 p. 18 € . Ecrivain(s): Patrick Ness, Siobhan Dowd Edition: Gallimard Jeunesse

Voici un bel ouvrage : de sa sublime couverture à rabats au grain du papier, du texte haletant et profond de Patrick Ness aux illustrations crépusculaires de Jim Kay, tout est travaillé avec art et talent, préparé avec minutie et mesure. Et il n’en fallait pas moins pour accompagner cette histoire de deuil initiée par la disparue Siobhan Dowd. « Les histoires chassent et griffent et mordent ». « Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ? »

Conor a treize ans, aucun ami, un père parti pour une nouvelle vie aux Etats-Unis, une grand-mère acariâtre, mais surtout une mère qui lutte contre un cancer tenace. Au début du traitement correspond le surgissement d’un cauchemar récurrent qui le hante sans répit. Puis, une nuit, à minuit sept, surgit un monstre qui veut lui parler. L’arbre revient, nuit après nuit, fidèle au rendez-vous. Cet if gigantesque au sourire diabolique laisse des traces de son passage : un tapis de baies ou d’aiguilles, un surgeon en plein milieu d’un parquet… La noirceur et la précision des illustrations, les effets variés obtenus par le lavis, les fourches et les ramifications qui se confondent avec le texte, font de cet ouvrage une variation de roman graphique quasi gothique où cauchemar et réalité s’interpénètrent et échangent leurs attributs.

Galilée, la tête dans les étoiles, Thierry Delahaye

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juin 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion

Galilée, la tête dans les étoiles, Flammarion jeunesse, mars 2012, 192 p. 5 € . Ecrivain(s): Thierry Delahaye Edition: Flammarion

 

Galilée, la tête dans les étoiles propose une plongée dans la Renaissance, foisonnante et trouble, et une entrée accessible dans les théories d’un des plus grands savants de notre civilisation. Cette courte biographie romancée retiendra l’attention des jeunes amateurs d’histoire comme de sciences, et assurément celles de leurs pédagogues. On en vient presque à regretter la densité du volume tant l’on souhaiterait en apprendre plus sur l’homme comme sur le savant.

Galilée naît à Pise en 1564. Aux effluves des jardins et des cuisines, aux échanges du commerce paternel, au bord de l’Arno ou dans la campagne toscane, s’éveille un esprit observateur, curieux de tout et plein d’esprit pratique. Face au témoignage de ses sens et aux premières esquisses de sa raison, le garçon découvre que bon nombre de préceptes enseignés au monastère apportent des réponses lacunaires, voire contradictoires. Où est Dieu dans ce ciel empli de soleil ou d’étoiles ? Très tôt, c’est son indépendance de pensée qui le caractérise : Galilée aime faire des expériences, mettre en doute la parole de ses maîtres, la confronter comme ses idées, à la logique mathématique. On renonce à le faire prêtre pour le faire entrer en médecine ; mais il choisira son chemin, celui des sciences : astronomie, géométrie…