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Jeunesse

L'histoire (presque) vraie de Cedar B. Hartley ... , Martine Murray

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 22 Juillet 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Océanie, Mijade

L’histoire (presque) vraie de Cedar B. Hartley qui voulait vivre une vie peu ordinaire, trad. de l’anglais (Australie) Agnès de Ryckel, juin 2012, 235 p. 9 € . Ecrivain(s): Martine Murray Edition: Mijade

Avec cette histoire (presque) vraie, les éditions Mijade nous proposent un vrai bonheur de lecture, un objet littéraire d’un genre indéterminé mais totalement addictif. La jeune Cedar nous y raconte un pan mouvementé de sa vie d’adolescente dans un récit enlevé, ponctué de dessins naïfs à l’encre noire. Alors qu’elle rêve que quelque chose lui arrive enfin, elle se voit confrontée à toute une série d’événements qui vont l’amener à se découvrir, se dépasser et à agir sur sa destinée.

« Je me suis regardée dans le miroir pour voir de quoi j’avais l’air, et le visage de Cedar B. Hartley m’a rendu mon regard. Ce n’était pas vraiment le reflet d’une Lana Monroe, ni d’une fille célèbre ou très savante… juste un grand sourire plein d’espoir et une auréole rousse de cheveux bouclés ».

Cedar n’est pas une star, pas même l’une de ces filles sur lesquelles les garçons se retournent. Par contre, elle a une sacrée personnalité mais, ça, elle ne le sait pas encore. Parmi ses signes distinctifs : se met les doigts dans le nez pour revenir sur terre, décode les roucoulements des pigeons, participe au championnat de position de chauve-souris, adore Barnaby, son frère fugueur philosophe – il lui a appris que lorsqu’on est vraiment amoureux, on aime les trois parties de la personne : esprit, âme et corps.

La mystérieuse histoire de Tom Coeurvaillant, Ian Beck

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Mijade

La mystérieuse histoire de Tom Cœurvaillant, aventurier en herbe, trad. anglais Nathalie Nédélec-Courtès, juin 2012, 279 p. 11 € . Ecrivain(s): Ian Beck Edition: Mijade

 

Une quête, une grenouille et un corbeau qui parlent, une jeune fille à la chevelure interminable, un haricot magique, une oie qui pond des œufs en or, des châteaux, une pantoufle en verre de farfadet, des dangers en pagaille, un sommeil de cent ans… Il s’agit d’un conte, me direz-vous. Presque. Il s’agit du royaume des Contes et de la façon dont ces derniers s’écrivent. Figurez-vous qu’avant de lire vos contes préférés, des personnages se sont vu remettre des missives concernant leurs rôles par le très strict Bureau des Contes. Le conte s’écrit donc à mesure que ses protagonistes le vivent puis le racontent. Parmi ces derniers se distingue la famille Cœurvaillant, une célèbre et digne famille d’aventuriers. Le père, aujourd’hui disparu, ainsi que six de ses fils ont pris part à de nombreuses aventures, devenues des contes illustres. Tom le benjamin de la famille attend avec impatience de fêter ses 12 ans et de pouvoir, à son tour, faire ses preuves. Or, les six frères chargés en même temps d’une quête différente, ne reviennent pas pour cet anniversaire. Il revient à Tom de partir à leur recherche et d’élucider le mystère de leur disparition.

Contes d'ailleurs et d'autre part, Pierre Gripari

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset

Contes d’ailleurs et d’autre part, Illustrations de Guillaume Long, 2012. 190 p. 9 € . Ecrivain(s): Pierre Gripari Edition: Grasset

 

Publiés une première fois en 1990, voici la réédition de huit contes d’ailleurs et d’autre part, à la sauce Gripari, huit bijoux de drôlerie fantastique, inspirés des folklores russes, français, italien et d’Afrique du Nord. Un véritable régal, avec ce verbe franc, truculent et tellement poétique de Pierre Gripari, s’adressant à ses lectrices et lecteurs d’une façon si familière, qu’elles et ils pourraient croire qu’il est assis tout près d’elles et eux. Le conteur de la Rue Broca est véritablement talentueux, c’est évident, mais outre son imagination pétulante, il est doté également d’une grande liberté de pensée. Ils nous emmènent donc ici dans un monde peuplé comme il se doit de magie, d’amour et de courage. Dans Mademoiselle Scarabée, on comprend que l’apparence importe peu, mais qu’il importe de trouver bonne boulette à son pied quand on veut se marier. « Quand un cheval trottine et crottine, quand une vache lâche sa bouse en marchant, je fais une petite boule de la chose en question, puis je la pousse à reculons jusqu’à ma maison ! » Dans Madame-la-Terre-Est-Basse, les objets ont une âme, ils parlent, ils bougent, ils peuvent être tristes mais savent aussi se venger.

Catfish, Maurice Pommier

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 23 Juin 2012. , dans Jeunesse, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Catfish, mars 2012, 86 p. 20 € . Ecrivain(s): Maurice Pommier Edition: Gallimard Jeunesse

 

Récit à la mémoire de César Chelor, esclave affranchi et l’un des premiers fabricants d’outils américains, Catfish apporte un regard profondément humain sur l’histoire de l’esclavage : « une histoire de combats, de liberté et de courage ». Le lecteur suit au fil de son parcours Scipio Catfish, depuis son arrivée sur la propriété de la famille Purlin jusqu’à son affranchissement bien des années plus tard. Le riche dessin de Maurice Pommier alterne pages illustrées avec précision voire réalisme et enluminures revisitées encadrant le texte, accentuant l’impression d’un va-et-vient entre conte et récit historique. Les cartes du destin côtoient les images documentaires, on frôle la bande-dessinée pour découvrir une planche symbolique et poétique. Le lecteur se fait surprendre page après page. L’ensemble est sensible, précieux et savant.

L’histoire du garçon se déroule entre étapes prévisibles et coups de théâtre. Le seul bémol réside dans un ton parfois trop didactique comme si l’émotion palpable risquait de déferler et d’emporter le conte. Pris sous l’aile de Vieux George, puis du maître tonnelier, Scipio grandit, évolue, trace les premières pistes de son chemin vers la liberté. Il ne parle pas, ne se dévoile pas. Il a appris comment s’adapter et éviter les brimades. Car les tortionnaires ne manquent pas et l’absurde règne.