Identification

A l'amitié

Ecrit par Zoe Tisset 05.03.13 dans La Une CED, Ecriture

A l'amitié

 

Liens invisibles à la force d’un âge où rien n’est encore révolu.

Tout est soupçon, rien n’est fait, rien n’est dit, seules quelques lignes de vie sont écrites. Silhouettes sveltes rebelles et engourdies, faussement confiantes, marchant vers le ciel et la terre sans se détourner sur le bitume grinçant de la ville.

Ici on est presque amoureux tous les jours ou jamais.

Peu importe, l’éclat suffit même s’il est dans l’ombre.

On se parle à voix basse du « qui », celui qu’on est mais qui n’existe pas vraiment. On oublie d’être, tellement ici et maintenant.

Que d’inquiétudes entrebâillées qui s’épuisent à se raconter captées par le faisceau de l’ami.

On avance sans se soucier du passé mais soutenu par l’aplomb de la vie et de la jeunesse.

L’indicible angoisse est furtive vite conjurée par les projets et les confidences murmurées.

Mais au détour d’une phrase, d’un mot, d’une rupture, d’une naissance, d’une mort ou d’un regard on découvre soudain que l’on n’est plus dedans, mais à côté.

Silence du corps et de la voix, solitude emprunte à la fois de nostalgie et de bien-être.

On est plus près de soi, moins dispendieux, plus attentive au mouvement imperceptible du vent qui burine les visages et transfigure les corps. L’ami d’hier, on lui parle en silence. L’ami d’aujourd’hui, il faut lui raconter. Le récit s’est distendu de la vie.

Et pourtant la main va écrire, dessiner, la voix va chanter et les jambes vont encore danser. On part à la découverte d’un dedans épais qui va s’alléger au fil d’un coup de pinceau et d’une nouvelle complicité.

L’ombre de la vie s’est installée en nous, il n’y a plus qu’à transmettre cette nouvelle lumière.

 

Zoé Tisset


  • Vu : 1773

Réseaux Sociaux

A propos du rédacteur

Zoe Tisset

Rédactrice régulière.